Critikat

Parallax — L’Enlèvement, mémoire d’une nation

par Matthieu Combe

Après s’être intéressé au fascisme, aux années de plomb ou à la mafia, Marco Bellocchio poursuit dans L’Enlèvement sa réflexion sur l’Histoire de l’Italie en abordant cette fois le tournant du Risorgimento. Sujet récurrent dans le cinéma historique transalpin, le processus d’unification de la Péninsule a inspiré, de Rossellini à Visconti, nombre de cinéastes majeurs. Se confrontant à la brèche…

L’Enlèvement

par Josué Morel

L’Enlèvement retrace l’affaire Edgardo Mortara, qui fit grand bruit en 1858 : un jeune enfant juif de six ans, que sa nourrice aurait baptisé alors qu’il était encore un poupin, est arraché à sa famille par l’Église catholique italienne lorsque cette dernière prend connaissance du sacrement clandestin. Par ce fait divers que Spielberg voulut un temps adapter, Marco Bellocchio remet…

L’Enlèvement

par Josué Morel

L’Enlèvement retrace l’affaire Edgardo Mortara, qui fit grand bruit en 1858 : un jeune enfant juif de six ans, que sa nourrice aurait baptisé alors qu’il était encore un poupin, est arraché à sa famille par l’Église catholique italienne lorsque cette dernière prend connaissance du sacrement clandestin. Par ce fait divers que Spielberg voulut un temps adapter, Marco Bellocchio remet…

Jour 8 — L’Enlèvement

par Josué Morel, Marin Gérard

Cannes, jour 8. Deux de nos rédacteurs discutent de L'Enlèvement de Marco Bellocchio, présenté en compétition.    Avec : Marin Gérard et Josué Morel. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.

Esterno Notte

par Simon Denis

Si la première série de Marco Bellocchio s'inscrit dans un cycle de films consacré aux heures les plus sombres de l’histoire italienne récente (Vincere, Le Traître), elle dialogue surtout avec Buongiorno, notte, dont elle partage le sujet : l’assassinat d’Aldo Moro par les Brigades rouges, le 9 mai 1978, après une séquestration de 55 jours – drame souvent considéré comme…

Le Traître

par Thomas Lequeu

Loin du film de gangsters que son pitch pouvait promettre (la trahison, dans les années 1980, de Tommaso Buscetta, membre de Cosa Nostra, fait tomber une partie de la mafia sicilienne), Le Traître s’attache à dresser le portrait complexe d’un traître non repenti, image ambiguë de l’homme juste qui a du sang sur les mains. Marco Bellocchio tourne autour de…

Le Traître

par Thomas Lequeu

Loin du film de gangsters que son pitch pouvait promettre (la trahison, dans les années 1980, de Tommaso Buscetta, membre de Cosa Nostra, fait tomber une partie de la mafia sicilienne), Le Traître s’attache à dresser le portrait complexe d’un traître non repenti, image ambiguë de l’homme juste qui a du sang sur les mains. Marco Bellocchio tourne autour de…

Fais de beaux rêves

par Benoît Smith

Les dernières nouvelles de Marco Bellocchio ne nous rassurent pas beaucoup. Il nous est encore difficile de partager la bienveillance générale pour l'amère blague qu'il a livrée en guise de film l'année dernière, le déconcertant (pour dire le moins) Sangue del Mio Sangue. Sa démarche d'auteur, qui jusqu'ici faisait de lui une des valeurs sûres du cinéma italien actuel pour…

Les Poings dans les poches

par Anne-Violaine Houcke

À 26 ans, Bellocchio réalise avec Les Poings dans les poches un premier film d’une intensité dramatique et d’une maîtrise formelle sidérantes. Un film qui se révèle à bien des égards programmatique de tout son œuvre à venir. Huis clos tragique sur lequel souffle déjà un air d’opéra, Les Poings dans les poches met en scène la folie morbide de…

Sangue del Mio Sangue

par Benoît Smith

On se frotte les yeux, on se pince, on aimerait que tout ceci ne soit qu'un affreux cauchemar. Par avance, on s'accrochait au nouveau film de Marco Bellocchio comme à une bouée de sauvetage qui aurait flotté sur la misère globale de cette 72e Mostra. Et pourtant on se noie, dans une incompréhension totale, osant à peine croire ce dont…

Le Prince de Hombourg

par Benoît Smith

Confusion des temps, des faits, du rêve et de la réalité... Jamais sorti dans les salles françaises depuis son passage au festival de Cannes 1997 jusqu'à aujourd'hui (merci à Carlotta Films), Le Prince de Hombourg de Marco Bellocchio ressemble à une version historique, moins froide et plus ouverte à l'acuité des sentiments, du Metteur en scène de mariages qu'il tournera…

La Belle endormie

par Louis Blanchot

À bien des égards, La Belle endormie est un film délicat à aborder. Toujours difficile, pour commencer, d'appréhender la densité romanesque chère au cinéma de Bellocchio – aussi ample qu'elle est sinueuse, aussi vigoureuse qu'elle est intimidante. Quoique plus modéré que sur le robuste Vincere, on retrouve ainsi intact cet appétit pour les récits en pagaille, les grandes formes symphoniques,…

La Belle endormie

par Arnaud Hée

La présentation du nouveau film de Marco Bellocchio en compétition officielle marquait le retour d’une des têtes d’affiche du cinéma national, peu présentes ici ces dernières années – sauf si l'on considère ainsi Emanuele Crialese comme tel (ce qui est contestable), ou, justement, Marco Bellocchio en 2010, mais hors compétition avec le très beau Sorelle Mai. On pouvait raisonnablement penser…

Henri IV, le roi fou

par Mathieu Macheret

Il existe à la Cinémathèque Française une programmation continue et, pour peu qu'on s'y penche, diablement excitante. Elle a pour intitulé : "Histoire permanente du cinéma". S'y croisent des films de tous les pays, de toutes les époques, sans limitation aucune. Son but semble de faire tourner les collections, de secouer régulièrement le dépôt des films pour qu'ils ne sédimentent…

Vincere

par Raphaël Lefèvre

Dans le paysage assez morne du cinéma italien contemporain, Marco Bellocchio faisait déjà, ces derniers temps, figure de souveraine exception. Ayant rodé récemment une approche élégante et énigmatique de la mise en scène, il signe aujourd’hui une œuvre aussi intimiste et sèche qu’ample et épique – une machine narrative lancée à toute berzingue sur les voies de l’Histoire italienne, la…

Vincere

par Vincent Avenel

À qui fait référence le titre du dernier film de Marco Bellocchio, « Vincere » (« vaincre ») ? À Mussolini bien sûr, qui fit de ce mot son leitmotiv pour la conquête du pouvoir. Mais Vincere n’est pas un film sur Mussolini, encore moins sur le fascisme : l’Histoire arrive dans le film comme conséquence de la petite histoire,…

Le Metteur en scène de mariages

par Benoît Smith

Franco Elica, réalisateur estimé, témoin désabusé du monde et possible prédateur sexuel (l'incertitude a son importance), quitte la ville où l'attendent un travail alimentaire et des accusations de viol. Il se réfugie dans un village de Sicile, mais il y est reconnu, et le Prince Ferdinando Gravina di Palagonia, un noble local ruiné, lui demande de superviser le filmage des…

Buongiorno, Notte

par Clément Graminiès

Deux ans après Le Sourire de ma mère, Marco Bellocchio nous prouve une fois de plus que le cinéma italien n'est pas complètement mort, tout en étant capable de se détacher de la mainmise de Silvio Berlusconi. Son nouveau long-métrage, Buongiorno, Notte est une réflexion passionnante teintée de mélancolie sur l'engagement terroriste. En ce début d'année 1978, un faux jeune…