Critikat
Guy Môquet de Demis Herenger
Affiche de 37e Festival International du Court-Métrage de Clermont-Ferrand

Il y a beau­coup de films à Cler­mont-Fer­rand. Le Fes­ti­val de court-métrage, qui se tar­gue d’être le plus impor­tant au monde, ne ressem­ble pas aux ren­dez-vous plus frag­iles (et même en voie de dis­pari­tion) qui essai­ment sur les routes des France et dont nous avons cou­tume de ren­dre compte chaque année. La presse, d’ailleurs, envoie para­doxale­ment moins volon­tiers ses troupes en Auvergne que dans ces petits fes­ti­vals à la pro­gram­ma­tion resser­rée, mais pas moins sélec­tive ; c’est pourquoi on se trou­ve quelque peu isolés, ici, dans la foule des pro­duc­teurs et des pro­gram­ma­teurs étrangers.

Cela n’empêchait pas les cinquante-huit films de la sélec­tion nationale, sur laque­lle nous avons con­cen­tré nos efforts, de recel­er quelques propo­si­tions vrai­ment intéres­santes. Voici donc un défrichage en sur­vol, au fil du pal­marès, ain­si que d’une poignée de films non récom­pen­sés mais qui ont retenu notre atten­tion.

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Guy Môquet de Demis Herenger

Présen­té à la Quin­zaine des réal­isa­teurs en mai dernier, et passé par Pre­miers plans à Angers, Guy Môquet accom­pa­g­né de sa bande de garçons et de filles à la répar­tie facile, con­tin­ue son petit bout de chemin. Le garçon que ses amis surnom­ment Guy Môquet aimerait accom­plir un geste pleine­ment roman­tique pour impres­sion­ner Ticky. Mais le regard de leur famille et de leurs amis met en péril ce témoignage de ten­dresse. À par­tir de cette ques­tion éminem­ment socié­tale (en quoi la mon­stra­tion publique des sen­ti­ments est affaire de con­texte socio-cul­turel), Demis Herenger inter­roge les codes ciné­matographiques d’une jeunesse soumise à des codes aus­si éloignés que peu­vent l’être ciné­ma porno, film de gang­ster et dessins ani­més estampil­lés Dis­ney. En déplaçant le prob­lème du bais­er sur le ter­rain de la représen­ta­tion ciné­matographique, le cinéaste parvient à le détourn­er de son enjeu social et à tra­vailler sur le décor, le cadrage, la musique, pour insuf­fler par les moyens du ciné­ma un vent de comédie roman­tique sur les tours de La Vil­leneuve, quarti­er de Greno­ble.

Avant cet exer­ci­ce de style, le film s’appuie sur le motif rebat­tu de l’échange de répar­ties de garçons vis­sés sur un banc. Jouant sur les clichés de son pro­pre mod­èle, il se prend au jeu du genre de la rom com, dans laque­lle les obsta­cles à l’amour s’effacent devant la pureté des sen­ti­ments.

En reprenant les pon­cifs du film de ban­lieue, tarte à la crème du ciné­ma français aujourd’hui, Guy Môquet qui joue de ses pro­pres codes pour s’en détourn­er, et assume de s’enrober de bons sen­ti­ments, à l’extrême opposé de l’abominable Ter­re­mere de Aliou Sow, moyen métrage fran­co-séné­galais dans lequel le périple d’une bande de petits caïds, qui rap­a­tri­ent le corps de leur ami de Paris jusque dans sa Mau­ri­tanie d’origine, est l’occasion de don­ner cours à tous les clichés sur la ban­lieue comme ter­ri­toire en guerre, dans la droite ligne des pires pro­duc­tions Besson. R. P.

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Black Dia­mond de Samir Ram­dani / Hill­brow de Nico­las Boone

À défaut de films com­plète­ment aboutis, deux des propo­si­tions les plus auda­cieuses de la com­péti­tion nationale nous seront venues de cinéastes français ayant tournés à l’é­tranger, à la marge de grandes méga­lopoles. Deux films qui se rejoignent, non pas en bout de course, mais directe­ment sur la ligne de départ. Tout d’abord, Black Dia­mond de Samir Ram­dani qui com­mence plusieurs fois et ne sem­ble jamais vouloir s’ar­rêter, comme hap­pé par les pour­suites qu’il met en scène. Une course dans South Cen­tral, quarti­er de Los Ange­les, où vit Kevin, jeune artiste. Une course inter­rompue par des inter­ro­ga­tions sur l’art scan­dées par les vers du rappeur Yung Jake. Puis Hill­brow de Nico­las Boone (déjà primé au Fes­ti­val de Belfort) qui s’aven­ture dans un town­ship de Johan­nes­burg le temps de dix plan-séquences où des habi­tants de ce quarti­er jouent/rejouent en des choré­gra­phies savam­ment établies (sur le mode de la marche mais égale­ment de la course) des saynètes de leur quo­ti­di­en (une agres­sion dans la rue, une course-pour­suite après un vol dans un mag­a­sin…) sans lien logique entre elles, si ce n’est celui du ter­ri­toire occupé. Ces deux films se don­nent en pre­mier lieu à vivre comme une tra­ver­sée par leurs per­son­nages de ces espaces de vie par­cou­rus à plusieurs vitesses et selon plusieurs dynamiques : quarti­er rési­den­tiel pour le film de Ram­dani avec sa répéti­tion des mêmes petits jardins et des mêmes petites maisons ; ancien quarti­er cul­turel devenu zone dense et vio­lente avec ses ter­rains vagues et ses park­ings pour Boone. Après quoi courent donc leurs per­son­nages ? Une prise dans le con­tem­po­rain, comme on le dirait d’une prise élec­trique. Pour cela, ils ten­tent des con­nex­ions vers d’autres médi­ums (arts con­tem­po­rains et musique élec­tron­ique pour Black Dia­mond ; jeux vidéo et danse mod­erne pour Hill­brow) pour acter qu’au­jour­d’hui le ciné­ma ne suf­fit plus pour racon­ter l’actuel. Il suf­fit pour s’en con­va­in­cre de se remé­mor­er cette scène stupé­fi­ante d’Hill­brow où une salle de ciné­ma est prise en otage le temps d’un hold-up : les images y défi­lent, pas­sives, inca­pables d’in­vers­er le cours des choses. Si Black Dia­mond, dans sa méga­lo­manie par­fois exas­pérante, ne cherche qu’à épuis­er tant ses per­son­nages que ses spec­ta­teurs (les épuis­er pour leur per­me­t­tre, peut-être, de repren­dre leur souf­fle) pour jus­ti­fi­er son énergie rageuse et son dis­cours déclamé par­fois un brin sché­ma­tique, Hill­brow vise l’a­paise­ment et la recon­struc­tion d’un nou­v­el espace de déam­bu­la­tion pour ceux qui le regar­dent et l’é­coutent atten­tive­ment. M. P.

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Tarim le Brave con­tre les Mille et Un Effets de Guil­laume Rieu / Peo­ple Are Strange de Julien Hal­lard

Ces deux films, dont le pre­mier a reçu le Prix de la meilleure comédie, nous don­nent l’occasion de râler un bon coup con­tre une cer­taine con­cep­tion de ce que doit être un court-métrage d’auteur français, à savoir un petit objet « décalé », con­trit dans un goût fainéant et con­venu pour l’absurde, générale­ment « bricolé », ou vague­ment comique. Dans Peo­ple Are Strange, il n’est ques­tion que de sit­u­a­tions – corps et objets mal fichus posés là, les uns sur les autres, comme si leur hétérogénéité devait suf­fire à faire film : un cimetière, un faux sosie de Jim Mor­ri­son, une vieille voiture jaune, l’acteur Este­ban (abon­né au genre), une goth­ique. Un cadavre exquis maquil­lé en road-movie ini­ti­a­tique qui n’a, au fond, que ses petits jou­joux col­orés pour cacher son manque d’inspiration. Tarim le Brave, au moins, ne se déguise pas : le film est un sim­ple sketch sur les effets spé­ci­aux, un pur pro­duit geek qui plaisante sur une mytholo­gie du ciné­ma de genre (aven­tures, péplum, romance, gang­sters…) qui n’existe plus, sem­blerait-il, qu’à tra­vers ses pro­pres par­o­dies, mais peu importe. Rien de hon­teux, c’est même plutôt drôle. Une ques­tion, néan­moins, sub­siste : qu’est-ce que ça fiche là ?

Com­bi­en de ces films molle­ment inven­tifs ne voit-on pas pul­luler en fes­ti­val et dans les cas­es télévisées allouées au court, Canal+ en tête ? La chaîne cryp­tée, qui a pignon sur rue à Cler­mont-Fer­rand et spon­sorise pro­fusé­ment le fes­ti­val, sem­ble avoir, à tra­vers ses émis­sions con­sacrées (Men­so­madaire, Mick­rociné, Les Films faits à la mai­son…) et son sacro­saint « esprit décalé », enfan­té un pan de la pro­duc­tion dont on red­oute qu’il ait pris d’assaut toute l’image que le grand pub­lic se fait du film court. Cette image est las­sante. Pas si drôle, pas si inven­tive (ou alors c’est de l’invention de papi­er crépon), pas du tout intéres­sante sur le ter­rain du dadaïsme de mag­a­sin de farces et attrapes qu’elle nous rabâche notam­ment. Mais surtout, cette image est ter­ri­ble­ment lim­i­ta­trice. Elle fait de tout le con­ti­nent court un ciné­ma de la petite idée, plutôt qu’un ciné­ma ambitieux ; un ciné­ma du sec­ond degré, plutôt qu’un ciné­ma sincère et puis­sant ; un « ciné­ma de poche » plutôt, tout sim­ple­ment, qu’un ciné­ma orig­i­nal. T. R.

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Notre Dame des Hor­mones de Bertrand Mandi­co

Le nou­veau court-métrage, Notre Dame des Hor­mones, de Bertrand Mandi­co a fait forte impres­sion en s’aven­tu­rant sur des chemins rarement arpen­tés par la pro­duc­tion nationale. Imag­inez le shak­er d’une fin de soirée trop arrosée dégouli­nant d’un mix improb­a­ble de Sils Maria (pour les deux actri­ces qui passent un week-end dans une mai­son de cam­pagne afin de répéter une pièce de théâtre), eXis­tenZ (pour la créa­ture, rap­pelant le game pod du film de Cro­nen­berg, qu’elles déter­rent lors d’une prom­e­nade en forêt) et d’un gial­lo éroti­co-psy­chédélique des 70’s (pour l’esthé­tique régur­gi­tant lit­térale­ment tout un pan oublié ou dévoyé du ciné­ma européen de cette époque). Cette créa­ture, masse de chair et de peau cou­verte de poils mais dénué d’ori­fice et de mem­bres, devien­dra rapi­de­ment un objet de con­voitise et le récep­ta­cle des frus­tra­tions, notam­ment sex­uelles, de nos deux actri­ces, bril­lam­ment cam­pées par les trop rares Nathalie Richard et Eli­na Löwen­sohn. Découpé à la manière d’une pièce de boule­vard, où chaque inti­t­ulé de chapitre annonce les rebondisse­ment de la scène à venir, le réc­it se plaît néan­moins à per­dre, par à‑coups sen­si­tifs ou répéti­tions d’actions et sauts dans le temps, le spec­ta­teur dans les méan­dres du cré­pus­cule de ces deux actri­ces dont le des­tin sem­ble hap­pé par les vel­léités indi­ci­bles de la créa­ture. Fuyant le nat­u­ral­isme comme la peste et manip­u­lant ses arti­fices à out­rance, Mandi­co déploie allé­gre­ment sa capac­ité, par­fois étour­dis­sante, à réin­ven­ter le réel par le prisme d’une joie toute enfan­tine, à la fois per­verse et ludique. Et ce, notam­ment lorsque Notre Dame des Hor­mones déverse à l’écran, dans un râle glaireux, sa dynamique cruauté/désir sous la forme de flu­ides en tous gen­res (sperme, pus, sang…) et noie ses per­son­nages sous leurs pro­pres pul­sions. M. P.

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Vous voulez une his­toire ? d’Antonin Peret­jatko

Entre deux longs-métrages vacanciers et fes­tifs (La Fille du 14 juil­let et La Loi de la jun­gle, qui par­ti­ra en tour­nage l’été prochain en Guyane avec un cast­ing sim­i­laire), Antonin Peret­jatko s’est accordé une sorte de pause plus hiver­nale, plus mélan­col­ique, avec ce court tourné aux qua­tre coins du globe à la caméra 16mm et accom­pa­g­né d’une voix off rou­blarde et charmeuse, qui s’adresse con­tin­uelle­ment à nous (voir le titre…). Moins film de vacances que film de voy­age, Vous voulez une his­toire ? est la sug­ges­tion d’un film imag­i­naire qui se réin­vente per­pétuelle­ment, au fil de la parole. Peret­jatko sem­ble par­fois y dévoil­er ses cartes de racon­teur d’histoires badines à trois sous, comme un magi­cien : « met­tez deux filles dans un train, et imag­inez que l’une d’entre elles est rousse ». Comme un train de pen­sées décousues, le fil du film avance au hasard, pas­sant d’un mot à une image, comme envoûté par cette voix off de bon­i­menteur (qui n’est autre que la voix trafiquée de l’auteur), et lève par­fois le voile sur une note plus douce, un authen­tique cha­grin : le renard Peret­jatko met de côté ses bat­i­fo­lages pour nous livr­er son Sans soleil. T. R.

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Aïs­sa de Clé­ment Tréhin-Lalanne

Men­tion spé­ciale au fes­ti­val de Cannes, Aïs­sa s’appuie sur un dis­posi­tif aus­si mod­este qu’efficace. Tan­dis que la voix off d’un homme délivre le compte-ren­du médi­cal du test de puberté pra­tiqué sur une jeune con­go­laise, les images livrent elles aus­si le corps à l’examen, le détail­lant, par­tie après par­tie. L’émotion de ce por­trait naît de l’écart qui se crée entre le com­men­taire sans affect de la voix et le regard porté sur la jeune femme, qui se détourne de sa visée anthro­pométriques pour se faire por­trait, bla­son qui décrit par par­ties ce corps de femme avec la beauté d’une pel­licule super-16.

C’est en lisant un arti­cle paru en 2009 dans Rue89 sur ce type d’examens médi­caux visant à don­ner un âge aux étrangers en sit­u­a­tion irrégulière afin de stat­uer sur leur sort que Clé­ment Tréhin-Lalanne a eu l’idée de ce film qui char­rie en hors-champ tout un sub­strat d’imagerie du migrant et de ses vicis­si­tudes. La con­fis­ca­tion de la parole de la jeune femme par la toute-puis­sance de la voix off et la sécher­esse du mon­tage qui se lim­ite au sim­ple com­men­taire clin­ique, créent un appel du hors-champ qui amène le spec­ta­teur à imag­in­er tout ce que le cadre offi­ciel de la sit­u­a­tion dénie à ce corps. R. P.

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S. de Richárd Hajdú

S., récom­pen­sé en com­péti­tion Labo d’une Men­tion du jury mais surtout d’un Prix du pub­lic, est un doc­u­men­taire assez prob­lé­ma­tique. On y fait la ren­con­tre d’une pros­ti­tuée lon­doni­enne d’origine est-européenne, S., qui a fini par se pren­dre d’amour pour son mac et vit désor­mais avec lui. Le tableau white trash frise le sketch, ou du moins sem­ble pren­dre un malin plaisir à créer au mon­tage des effets de con­tra­dic­tion aber­rants : la jeune femme lâche son opti­misme à la caméra comme une bouteille à la mer ; au plan suiv­ant, dis­crète­ment cap­té depuis la fenêtre, elle essuie une crise de colère du pré­ten­du mac au grand cœur, au motif qu’elle n’a pas ramené assez d’argent de son tapin.

S. est court et brut, pas très élé­gant, et l’on sent dans sa petite forme la mar­que d’un tour­nage court et brut égale­ment, impro­visé en urgence dans la ban­lieue de Lon­dres. Que récom­pensent exacte­ment cette men­tion et ce Prix du pub­lic ? L’effet de sur­prise, surtout – un indé­ni­able cham­boule­ment pro­duit par le film, dans sa rapid­ité d’exécution, avec pour cerise sur le gâteau un car­ton final extrême­ment choquant, comme une mau­vaise blague. Mais ces prix récom­pensent aus­si une approche totale­ment touris­tique, un effleure­ment peu respon­s­able de sa matière doc­u­men­taire : le con­tact qui se noue entre la caméra et cet étrange cou­ple manque cru­elle­ment de l’intimité, du respect mutuel, de la con­fi­ance qu’on est en droit d’attendre d’un tel sujet. Même : un cer­tain cli­mat d’affrontement se ressent, qui est sans doute la men­tal­ité pro­fonde du film – quelque chose qui tient plus du reportage Vice que du doc­u­men­taire à pro­pre­ment par­ler. Un feu de paille qui, dès qu’il s’éteint, cache une inten­tion à un fil de l’abject. T. R.

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Traces de Wang Bing

On ver­ra volon­tiers un lien de cause à effet entre la pro­gram­ma­tion de ce film dans les sélec­tions chi­nois­es du fes­ti­val et la prési­dence de Wang Bing au jury Labo. Pas non plus un passe-droit, mais comme une cour­toisie accordée à ce doc­u­men­tariste pas telle­ment cou­tu­mi­er du for­mat court (c’est peu dire). Wang, qui a conçu le film en marge des repérages pour Le Fos­sé, y filme silen­cieuse­ment le désert de Gobi, marchant caméra à la main pen­dant trente min­utes d’une cinglante monot­o­nie. Nous sommes à l’ancien emplace­ment des camps de « réé­d­u­ca­tion par le tra­vail » de la Chine maoïste et n’y sub­sis­tent, out­re le sable et la roche, que quelques décom­bres, ici une bouteille, là un out­il, là encore des osse­ments. Traces, à vrai dire, aurait mieux sa place en instal­la­tion muséale que dans une pro­gram­ma­tion fes­ti­val­ière. On a bien com­pris l’idée de l’empreinte, mais il faut avouer que la longueur du doc­u­men­taire est presque une blague tant sa sub­stance est riquiqui. À mi-film, un spec­ta­teur lassé par ces inter­minables péré­gri­na­tions dans le sable clame dans la salle : « elle est où la plage ? » À Cler­mont, grands noms du ciné­ma ou non, il n’y a pas de traite­ment de faveur. T. R.

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One Man, Eight Cam­eras de Naren Wilks

Film choré­graphique, One Man, Eight Cam­eras démul­ti­plie en huit exem­plaires le corps de son réal­isa­teur Naren Wilks dans une pièce cir­cu­laire. De ce dis­posi­tif très sim­ple naît une danse qui joue sur des effets kaléi­do­scopiques de symétrie, de simul­tanéité ou de décalage.

Le car­ton de générique inscrit d’emblée cette petite forme expéri­men­tale du côté de l’hommage au ciné­ma prim­i­tif, ren­for­cé par son noir et blanc très con­trasté et son absence de son direct. Jouant comme pou­vait le faire le magi­cien cinéaste Georges Méliès de l’émerveillement de l’apparition du corps à l’écran et de sa dupli­ca­tion, Naren Wilks utilise le rythme entraî­nant du vio­lon de Moishe’s Bagel pour pli­er son corps à une danse soli­taire et poé­tique. R.P.

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Ressources

Palmarès national :

Grand prix : Ton cœur au hasard d'Aude-Léa Rapin
Prix spécial du jury : Guy Môquet de Demis Herenger
Prix du public : Guy Môquet de Demis Herenger
Prix SACEM de la meilleure musique originale : Philippe Dubernet et Guillaume Durrieu pour Black Diamond de Samir Ramdani
Prix d'interprétation masculine : Daniel Vannet dans Ich bin eine Tata de Marielle Gautier, Ludovic Boukherma, Zoran Boukherma, Hugo P. Thomas et dans Perrault, La Fontaine, mon cul ! de Ludovic Boukherma, Zoran Boukherma, Hugo P. Thomas
Prix d'interprétation féminine : Julie Chevallier dans Ton cœur au hasard d'Aude-Léa Rapin
Prix SACD de la meilleure 1ère œuvre de fiction : Son seul de Nina Maïni
Prix du Rire Fernand Raynaud : Tarim le Brave contre les Mille et Un Effets de Guillaume Rieu
Prix de la presse Télérama : Vous voulez une histoire ? d'Antonin Peretjatko
Prix PROCIREP du producteur : Aïssa de Clément Tréhin-Lalanne
Prix de la jeunesse : Perrault, La Fontaine, mon cul ! de Ludovic Boukherma, Zoran Boukherma, Hugo P. Thomas