par
Josué Morel
Si le Festival de Cannes s’est achevé sur le triomphe d’une jeune cinéaste dont le film décortique une image originelle afin d’en saisir la vérité, cette édition aura plutôt fait la part belle à de vieux cinéastes sur le retour et dont les récits n’abattaient leur carte maîtresse qu’à la toute fin : un fondu au noir vertigineux (le sublime dernier…
par
Clément Colliaux
Après Coupez ! de Michel Hazanavicius, qui avait fait l'ouverture du précédent festival de Cannes, c’est cette année au tour de Kim Jee-woon de présenter hors compétition une comédie centrée sur les coulisses d’un tournage. « Dans la toile » renvoie à la fois au titre du mélodrame sulfureux tourné par le réalisateur Kim Ki-yeol (Song Kang-ho) et aux tourments intérieurs…
par
Corentin Lê
Après l’enfer administratif de la recherche d’emploi (Moi, Daniel Blake) et l’uberisation du travail (Sorry We Missed You), Ken Loach poursuit son portrait des laissés-pour-compte du capitalisme moderne en s’intéressant cette fois à l’accueil, conflictuel, des exilés au sein des classes ouvrières occidentales. Dans The Old Oak, sorte de double optimiste du R.M.N. de Mungiu, des réfugiés syriens arrivent dans…
par
Corentin Lê
Puisque le cinéma de Hong Sang-soo compte de nombreuses scènes de questions-réponses avec un réalisateur (Les Amours d’Oki, Un jour avec, un jour sans), autorisons-nous aussi de partir du Q&A organisé par la Quinzaine à l’issue de la projection de De nos jours... lors du dernier Festival de Cannes. Le cinéaste y décrivait l’idée à l’origine de son film :…
par
Marin Gérard
Si le Grand prix du Festival de Cannes avait peut-être été remis trop vite à Alice Rohrwacher pour Les Merveilles en 2014, quatre ans avant le plus troublant Heureux comme Lazzaro (reparti, lui, avec le prix du scénario), le film témoignait déjà des principales qualités (mais aussi des défauts) de cette voix importante du nouveau cinéma italien. Aujourd’hui encore, l’œuvre d’Alice…
par
Clément Colliaux
Le dispositif de Chroniques de Téhéran peut sembler quelque peu rigide : le film est principalement composé de neuf plans-séquences qui montrent chacun un personnage dialoguant, face caméra, avec un interlocuteur situé hors champ. Défile ainsi un échantillon de la population de Téhéran, dont tous les membres se trouvent confrontés, d’une façon ou d’une autre, à l’administration iranienne, qu’il s’agisse…
par
Clément Colliaux
Si Kubi, inspiré de l’épisode historique de l’incident du Honnō-ji, renoue avec le Japon féodal que Takeshi Kitano avait visité dans Zatōichi (2003), le film se rapproche davantage de sa série des Outrage que de la tradition du film de sabre : aux yakuzas se substituent des samouraïs patibulaires et médiocres, ourdissant un complot pour s'approprier les royaumes de leurs…
par
Simon Denis
Rien à perdre suit l’engrenage administratif dans lequel se retrouve piégée Sylvie (Virginie Efira), mère célibataire et surmenée dont le fils Sofiane (Alexis Tonetti) est victime d’un accident domestique en son absence. Les services de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) viennent alors chercher l’enfant pour le placer en foyer d’accueil, avant que les choses n’empirent inexorablement. Assez efficace, le scénario…
par
Clément Colliaux
À quarante-huit ans, Ethéro (Eka Chavleishvili) n’a jamais connu de relations amoureuses. Étreinte par la solitude, elle reste le plus souvent terrée dans sa maison ou sa boutique, jusqu’au jour où elle manque de mourir en tombant dans un ravin. Elle décide alors de ne plus rester dans l’ignorance et débute une idylle avec Mourmane (Teimuraz Chinchinadze), accédant en différé…
par
Corentin Lê, Marin Gérard
Cannes, jour 10 et clap de fin. Deux de nos rédacteurs discutent de De nos jours d'Hong Sang-soo, présenté à la Quinzaine des cinéastes. Avec : Marin Gérard et Corentin Lê. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.
par
Corentin Lê
Une scène, en apparence anodine, synthétise la dynamique au cœur du superbe L’Arbre aux papillons d’or. Thien, jeune saïgonnais de retour dans sa campagne natale pour les funérailles de sa belle-sœur, descend dans le sous-sol d’une bâtisse abandonnée. Comme à maintes reprises dans le récit, le personnage explore une sorte de tombeau renvoyant au « cocon » que pointe le…
par
Étienne Cimetière-Cano
La Fleur de Buriti s’attelle à saisir le rapport ambivalent que le peuple Krahô, en symbiose avec la nature, entretient avec le contemporain, dont la présence ne transparaît que par bribes au cours du film (un téléphone portable, une voiture ou une moto, etc.). Cet entre-deux s’exprime par un procédé récurrent : la surimpression de deux plans d’un même personnage, dont l’un…
par
Josué Morel
Le retour de Wim Wenders dans la compétition cannoise, quinze ans après Rendez-vous à Palerme, avait de quoi surprendre au regard de sa forme récente. Perfect Days ne changera pas l’impression que le cinéaste n’a plus beaucoup d’inspiration : Wenders suit le quotidien d’un homme dont le travail est de nettoyer les toilettes publiques tokyoïtes et qui, entre deux coups…
par
Josué Morel
L’Été dernier s’achève sur une impression désarçonnante : celle d’avoir assisté à un film à moitié raté mais qui réussit magistralement sa sortie. C’est peut-être qu’il y a ici deux films en un et que le premier, celui que l’on attendait, ne sert finalement que de soubassement au second, autrement plus vénéneux. Le récit se concentre d’abord sur la relation…
par
Marin Gérard
Nanni Moretti a vieilli. Sa démarche est devenue brinquebalante, ses cheveux hirsutes ont blanchi, son débit de paroles a ralenti et ses yeux sont devenus légèrement vitreux. Ce regard pétille pourtant ici, entre malice et désespoir, comme pour la première fois depuis au moins vingt-cinq ans et sa dernière comédie à la première personne (Aprile). Si Vers un avenir radieux…
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Josué Morel
Agra cherche d'emblée à se démarquer en entrelaçant une ouverture psychédélique, la vision d’un écureuil écorché vif doté d’une voix distordue, et une scène de sexe fiévreuse virant au cauchemar. Cet enchaînement s'avère toutefois trompeur : ces coups de semonce précèdent un film plus sage qu’il n’y paraît, partagé entre une chronique sociale et le surgissement d’images mentales – une…
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Josué Morel, Corentin Lê
Cannes, jour 9. Deux de nos rédacteurs discutent de L’Été dernier de Catherine Breillat, présenté en compétition. Avec : Corentin Lê et Josué Morel. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.
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Marin Gérard
Produit par Graham Swon (producteur de Ted Fendt et de Matías Piñeiro), The Feeling That the Time for Doing Something Has Passed ressemble davantage à un film que l'on découvrirait au FID ou à Belfort que dans une sélection cannoise. La radicalité promise par Julien Rejl et le comité de la Quinzaine des cinéastes s’inscrit ici dans le choix de…
par
Josué Morel
L’Enlèvement retrace l’affaire Edgardo Mortara, qui fit grand bruit en 1858 : un jeune enfant juif de six ans, que sa nourrice aurait baptisé alors qu’il était encore un poupin, est arraché à sa famille par l’Église catholique italienne lorsque cette dernière prend connaissance du sacrement clandestin. Par ce fait divers que Spielberg voulut un temps adapter, Marco Bellocchio remet…
par
Josué Morel, Marin Gérard
Cannes, jour 8. Deux de nos rédacteurs discutent de L'Enlèvement de Marco Bellocchio, présenté en compétition. Avec : Marin Gérard et Josué Morel. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.