par
Corentin Lê
Le rédacteur en chef d’un magazine américain, basé en France dans la ville fictive d’Ennui-sur-Blasé, meurt et laisse derrière lui une rédaction endeuillée. Les différents articles publiés dans le dernier numéro du journal constituent la trame de The French Dispatch, film à sketches qui exacerbe le style singulier de son auteur. La première entrée du numéro annonce d'emblée la couleur,…
par
Josué Morel
Un héros appartient à une catégorie de films dont le Festival de Cannes est ordinairement très friand, mais dont on n’avait pas encore vu de représentant cette année en compétition : celle des thrillers psychologiques sociétaux, qui combinent efficacité dramatique et regard « politique » sur la société qu’ils ambitionnent, en sous-main, d’ausculter. Il est indéniable que le scénario du…
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Bastien Gens
Medusa, deuxième long-métrage d’Anita Rocha da Silveira, apparaît comme le prototype du « film de genre de festival », avec une satire cinglante de la société brésilienne se réappropriant les codes et les motifs issus du cinéma populaire. Cette dernière épingle les paradoxes du Brésil de Bolsonaro, où la coexistence du puritanisme et du virilisme exacerbe le culte de l’artificialité et de…
par
Thomas Grignon
Les deux premiers plans des Nuits de Zhenwu, le pénible long-métrage de Jiazuo Na présenté à Un Certain Regard, suffisent à résumer son projet d'écriture. Accrochée à un bateau, la caméra capte l'écoulement d'un fleuve dont le courant rapide imprime à l'image une série de lignes abstraites ; cut : en plan large, sans bouger, le capitaine du navire et…
par
Josué Morel
Puisque le Festival de Cannes nous invite à opérer des rapprochements entre les œuvres sélectionnées, on s’autorisera une petite remarque préalable avant d’évoquer plus en détail Bergman Island, qui sort en salle dans la foulée de sa première sur la Croisette. On n'a, de mémoire de festivalier, jamais vu une compétition avec des films mettant en scène autant d’artistes en…
par
Raphaëlle Pireyre
Il y a cinq ans, Miguel Gomes présentait à la Quinzaine des réalisateurs une épopée, Les Mille et une nuits, qui dans son récit monstre englobait de nombreux genres et formes cinématographiques. Après ce film monde, on le retrouve, dans la même sélection cannoise, signant à quatre mains avec Maureen Fanzendeiro le journal à rebours d’un confinement, d’un tournage et…
par
Thomas Grignon
Après un moyen-métrage remarqué (Le Gouffre), Vincent Le Port présente à la Semaine de la Critique un premier film impressionnant, Bruno Reidal, adapté des mémoires d'un véritable meurtrier ayant sévi dans le Cantal au début du XXe siècle. Organisé autour des confrontations entre le jeune homme et les trois médecins qui doivent juger sa responsabilité dans le meurtre d'un enfant,…
par
Josué Morel
Attention, cas clivant : on ne doute pas que certains verront dans l’interminable pensum de Kirill Serebrennikov un grand magma de formes et un concentré de « cinéma » avec un grand C. Il est vrai que La Fièvre de Petrov gesticule beaucoup, en télescopant des petites scènes déconnectées les unes des autres, et des bouts de récit qui, petit à petit, s’interpénètrent…
par
Hugo Mattias
« Pourquoi soudain cet endroit me semble si triste ? », s’interroge Dora (Margherita Buy) en observant l’immeuble dont elle occupe le dernier étage. Dans Journal intime, Nanni Moretti rêvait d’un film composé de panoramiques sur des maisons et c’est précisément sur la façade d’un immeuble que s’ouvre Tre Piani, son quatorzième long-métrage. Mais ici, plus de mouvements de caméra ni de musique…
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Bastien Gens
Pietro Marcello et Alice Rohrwacher, qui coécrivent le documentaire Futura, se sont fait remarquer par des films en pellicule (16mm et Super 8), donnant à leurs récits documentaires (La Bocca del Lupo) et leurs fictions (Heureux comme Lazzaro, Martin Eden) une dimension mythique où résonnent des correspondances entre les époques. Ce travail sur l’historicité des images, jusque-là au service du…
par
Corentin Lê
Documentaire en apparence assez austère, Babi Yar. Contexte, film d’archives dénué de voix-off, réduit le processus de contextualisation suggéré par son titre à de brefs cartons indicatifs. Seules quelques bribes d’informations sont livrées à propos du massacre de plus de 30 000 Juifs en 1941, dans le ravin de Babi Yar, à l’ouest de Kiev. C’est que les images suffisent…
par
Corentin Lê
Le nouveau film de Ryūsuke Hamaguchi s’ouvre sur une magnifique scène crépusculaire, où se dévoile en contrejour la silhouette d’une femme dont on entend seulement la voix, dans une série de champs-contrechamps où elle apparaît d’abord dans l’ombre, au contraire de son conjoint. Cette voix, lancinante, hantera la suite de Drive My Car : il s’agit de celle d’Oto, scénariste…
par
Raphaëlle Pireyre
Onze ans après Mardi après Noël, présenté à Un certain regard, Radu Muntean propose un conte de Noël social. Une petite équipe de bourgeois de Bucarest entame avec bonne humeur sa tournée de bienfaisance annuelle en allant distribuer des repas de fête dans des villages de montagne reculés. Le but inavoué de l'expédition est aussi de se réunir pour une…
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Bastien Gens
Au regard de son ambition – une réinterprétation filmique de l’essai éponyme de Didier Eribon –, Retour à Reims (fragments) de Jean-Gabriel Périot n'est pas sans décevoir. Le film prend la forme d'un agrégat d’éléments composites : les fameux fragments du titre (des extraits lus du livre), et un ensemble d'archives disparate (issues de documentaire, de reportages d’époque, de plateaux…
par
Hugo Mattias
Centré sur le quotidien farfelu d’une poignée de gangsters vieillissants, Cette musique ne joue pour personne exploite inlassablement le même filon comique, jusqu’à en user tous les ressorts au bout de son premier quart d’heure. L’idée est simple : il s’agit d’observer comment ces quinquagénaires fatigués, violents par habitude et peu adaptés au monde moderne (Bouli Lanners persiste à parler…
par
Bastien Gens
Le premier long-métrage de Laure Portier, Soy Libre, n’est pas un film que l’on reçoit facilement. De par sa nature, il pose un certain de nombre de questions. Le projet de la cinéaste est en soi complexe : faire le portrait d’un adolescent sur plusieurs années, avec tous les problèmes que pose cette compression du temps long. Sur ce point,…
par
Hugo Mattias
Dans Bonne mère, son deuxième long-métrage, Hafsia Herzi dépeint le quotidien d’une mère de famille et du petit clan qu’elle tente de maintenir à flot. Le parallèle avec la célèbre basilique marseillaise est d’abord une façon de donner au personnage de Nora (Halima Benhamed) une place symbolique centrale, alors même que son quotidien tendrait plutôt à l’effacer du décor. La…
par
Josué Morel
Deuxième film d'Eskil Vogt, fidèle collaborateur de Joachim Trier, The Innocents est cette année la première occurrence d’un sous-genre cannois qui a notamment fait fureur lors de la précédente édition : le « film de genre de festival ». Vogt signe une fable sous très forte influence de Stephen King, où quatre enfants se rapprochent le temps d’un été et développent…
par
Thomas Grignon
Choisi par la Semaine de la Critique pour fêter les soixante ans de sa sélection, Les Amours d'Anaïs, premier long-métrage de Charline Bourgeois-Tacquet, avance sur un rythme allegro et sert avant tout d'écrin au jeu brillant de son interprète principale, Anaïs Demoustier. Dans une série de plans-séquence baignés par la musique au piano de Nicola Piovani, l’actrice impose au récit…
par
Corentin Lê
Ne faisons pas durer le suspense : oui, le nouveau Sean Penn est un (énième) ratage. Tout sonne faux (et surtout creux) dans ce film qui retrace la relation entre la journaliste Jennifer Vogel (Dylan Penn) et son père (Sean Penn), un gangster de pacotille. Filtre vintage accentuant le grain de la pellicule, interludes musicaux aberrants où l’on voit de…