Critikat

Détective Dee : Le Mystère de la flamme fantôme

par Sébastien Chapuys

Après une décevante parenthèse américaine (deux gentils navets avec Van Damme) et quelques cuisants échecs commerciaux (Seven Swords, cruellement amputé au montage), l’inégal mais souvent génial Tsui Hark cherche visiblement à regagner les faveurs du public avec ce Détective Dee, présenté en compétition officielle à la dernière Mostra de Venise. Il offre donc ce qu’on attend de lui : un…

Essential Killing

par Sébastien Chapuys

Avec Essential Killing, dont le titre programmatique pourrait être traduit par « tuer pour survivre », Jerzy Skolimowski signe un objet fascinant, à mi-chemin entre une déambulation hallucinée à la Gerry et le survival pur et dur. Fruit un peu monstrueux de ce croisement entre l'efficacité du film d'action et la radicalité du film d'auteur, Essential Killing s'appuie sur une…

Morning Glory

par Sébastien Chapuys

Si Morning Glory est rythmé à défaut d'être drôle, le métier du réalisateur Roger Michell (Coup de foudre à Notting Hill) et l'énergie déployée par l'actrice Rachel McAdams ne parviennent à compenser ni l'ennui que dégage un script qui semble avoir été pondu par un ordinateur, ni l'antipathie qu'inspire sa morale cynique. Quand elle se voit proposer de reprendre en…

The Company Men

par Sébastien Chapuys

Il ne faut pas toujours se fier aux bandes-annonces ; elles peuvent être trompeuses. Prenez, au hasard, celle du film qui nous occupe : elle donne l'illusion d'avoir affaire à une énième fable hollywoodienne sur des héros ordinaires qui parviennent à surmonter une crise (ici financière) par la seule force des bons sentiments et des incontournables valeurs familiales. The Company…

Nous, Princesses de Clèves

par Sébastien Chapuys

Un atelier scolaire filmé et projeté en salles ? L’idée ne dit a priori rien qui vaille. Nous, Princesses de Clèves esquive heureusement tous les pièges : didactisme, angélisme, voire propagande institutionnelle à travers la mise en avant d’une expérience "pilote" (on pouvait craindre un Ce n’est qu’un début où les apprentis-philosophes des classes maternelles auraient été remplacés par des…

Ma part du gâteau

par Sébastien Chapuys

Dans les années 1990, Cédric Klapisch apparaissait comme l'un des rares cinéastes français à savoir insuffler l'air du temps dans des comédies plaisantes et bien troussées. Après Peut-Être, tentative ambitieuse mais ratée de science-fiction hexagonale, il s'est replié sur des projets de plus en plus lisses et consensuels (L'Auberge espagnole, Paris, etc.), qui courent après l'époque sans plus jamais la…

We Want Sex Equality

par Sébastien Chapuys

S'inscrivant dans la lignée de ces productions britanniques qui croquent le monde ouvrier avec empathie mais sans misérabilisme, le nouveau film de Nigel Cole mêle humour, drame et émotion avec une efficacité certaine mais sans grande audace ni imagination. Son intérêt, réel, vient surtout de son sujet – les luttes pour l’égalité salariale hommes-femmes – qui n'a pas été souvent…

Les Femmes du 6e étage

par Sébastien Chapuys

Un homme éteint s’éveille au contact d’une petite communauté de gens humbles et pittoresques : l’argument a déjà beaucoup servi. S’il est parfois – rarement – employé avec finesse (The Visitor), il n’est le plus souvent qu’un prétexte au déploiement d’un sentimentalisme facile, au service d’un idéal de tolérance superficiel voire démagogique. Le nouveau film de Philippe Le Guay, réalisateur…

Carancho

par Sébastien Chapuys

Considéré comme l’un des piliers de la "nouvelle vague argentine", Pablo Trapero s’est d’abord fait connaître avec des œuvres minimalistes et sans concessions (Mundo Grua, El Bonaerense), avant de petit à petit s’ouvrir à des projets plus amples et à des genres moins confidentiels. Fait rare, cette évolution ne s’est pas faite au détriment de la pertinence ou de l’exigence…

Fortapàsc

par Sébastien Chapuys

Si les jeunes réalisateurs transalpins ne répugnent pas à se colleter avec l’histoire politique récente de leur pays, le résultat peine hélas trop souvent à convaincre. Bien loin de la rigueur d’un Francesco Rosi, de la causticité d'un Nanni Moretti ou de la puissance d'un Marco Bellocchio, la nouvelle génération de cinéastes italiens ne convoque le passé que pour mieux…

Même la pluie

par Sébastien Chapuys

Même la pluie a été écrit par Paul Laverty, scénariste attitré de Ken Loach depuis quinze ans. Il est réalisé par son épouse, Icíar Bollaín, qui, avant de signer plusieurs œuvres politiquement engagées, a notamment joué dans Land and Freedom, l’un des plus beaux films de Loach (dont elle a par ailleurs écrit une biographie). Il n’est donc guère étonnant…

Que justice soit faite

par Sébastien Chapuys

Avec son titre, son synopsis et son improbable bande-annonce, le nouveau film de F. Gary Gray (Négociateur, Braquage à l’italienne) s’annonçait comme particulièrement crétin. Par acquit de conscience, on est allé vérifier sur pièces, et – devinez quoi ? – Que justice soit faite est particulièrement crétin. Au point d’en devenir presque drôle... s’il ne ressuscitait au passage un genre…

Sous toi, la ville

par Sébastien Chapuys

Le troisième film de Christoph Hochhäusler (après Le Bois lacté et L'Imposteur) clôt dignement une belle salve de sorties allemandes : L’Étranger en moi, Everyone Else et Le Braqueur. Mais s’il présente d’indéniables qualités formelles, Sous toi, la ville (beau titre) témoigne également des limites du jeune cinéma d’outre-Rhin – un cinéma théorique au risque, parfois, de la désincarnation. Svenja…

We Are Four Lions

par Sébastien Chapuys

Peut-on rire de tout ? Oui, mais pas avec n’importe qui, répondait l’humoriste Pierre Desproges dans une formule restée célèbre. La question ne sera donc pas "peut-on rire du terrorisme" (la réponse serait "oui, on peut" – et même : "oui, on doit"), mais : "peut-on rire du terrorisme avec Chris Morris, le réalisateur de We Are Four Lions »…

Monsters

par Sébastien Chapuys

La sortie de Monsters a été précédée de rumeurs flatteuses, et beaucoup attendaient ce film comme "le nouveau District 9 ». La comparaison s’impose effectivement, tant Monsters paraît décalquer le schéma de son prédécesseur : une série B de science-fiction, inscrite dans un contexte (plus ou moins) réaliste et chargée de messages (plus ou moins) politiques. Pourtant, contrairement à Neill…

Le Nom des gens

par Sébastien Chapuys

Avec Le Nom des gens, Michel Leclerc et sa compagne et coscénariste Baya Kasmi signent une satire de mœurs efficace et provocante. S’ils ont visiblement mis beaucoup d’eux-mêmes dans leurs personnages principaux, le résultat est loin d’être complaisant ou nombriliste. Cela faisait même bien longtemps qu’une comédie française ne nous avait donné un aperçu aussi juste de l'état de notre…

Création

par Sébastien Chapuys

On a beau se méfier des biopics comme de la peste, on était tout de même curieux de découvrir un film sur la vie et l'œuvre de Charles Darwin. Création allait-il rendre justice à ce grand scientifique ? Hélas non : en choisissant d’adapter une biographie qui sacrifie la grande histoire à la petite, les auteurs ont dilué le potentiel…

Date limite

par Sébastien Chapuys

Date limite – qui bénéficie, une fois n’est pas coutume, d’un titre francisé et traduit à peu près correctement –, apparaît comme une parenthèse entre l’énorme succès public de Very Bad Trip, l'an dernier, et la sortie de sa suite, actuellement en cours de tournage. Pour son nouveau film, le réalisateur, scénariste et producteur Todd Phillips, en passe de devenir…

L’Homme qui voulait vivre sa vie

par Sébastien Chapuys

Que pouvait-on espérer d’un film au titre peu engageant, produit par la société de Luc Besson et signé par le réalisateur de potacheries pour les médiocres humoristes Kad et Olivier, puis d’une comédie oubliable, Prête-moi ta main ? La réponse est dans la question : on n’attendait à peu près rien de cet Homme qui voulait vivre sa vie. La…

La Princesse de Montpensier

par Sébastien Chapuys

Lors de sa projection au dernier festival de Cannes, le nouveau film de Bertrand Tavernier a suscité des réactions pour le moins contrastées. "Chef-d’œuvre !" s'extasiaient les uns, qui s'indignèrent de ne pas le voir figurer au palmarès. "Croûte académique !" s'exclamaient les autres, qui s'insurgeaient de sa présence en compétition officielle. Deux opinions également excessives, car La Princesse de…