Critikat

Harry Potter et les reliques de la mort, 1re partie

par Ophélie Wiel

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... David Yates nous étant apparu lui-même comme un parfait imbécile de par ses désastreuses adaptations des deux épisodes précédents (Harry Potter et l'Ordre du Phénix, Harry Potter et le Prince de sang-mêlé), nous ne pouvions que craindre sa prise en main du dernier opus. Reconnaissons donc tout de go…

The Shop Around the Corner — Rendez-Vous

par Ophélie Wiel

Un cinéaste n'est pas forcément le meilleur juge de son œuvre. The Shop Around the Corner, dit-on, était le film favori de Lubitsch: pourtant, il s'agit sans doute de sa réalisation la moins lubitschienne; si l'on était mauvaise langue, on dirait presque que Ernst, qui venait d'achever Ninotchka et s'apprêtait à tourner To Be or Not To Be, s'amusa pour…

La Veuve joyeuse

par Ophélie Wiel

De la veuve joyeuse Jeanette MacDonald à la joyeuse suicidée Carole Lombard, en passant par la joyeuse divorcée Ginger Rogers, on dirait les Américains fondamentalement pessimistes ou particulièrement doués pour l'oxymore... C'est bien sûr ce deuxième penchant auquel incline le génial Lubitsch dans cette comédie musicale sans âge, où Maurice «Ma pomme» Chevalier séduit toutes les jolies demoiselles dans un…

My Name Is Khan

par Ophélie Wiel

Le succès du réalisateur/producteur Karan Johar tient en deux mots : jeunesse et Shah Rukh Khan. Depuis Kuch Kuch Hota Hai, son premier film réalisé en 1998, ce « fils de » (Yash Johar, fondateur d’une des deux sociétés de production régnantes du cinéma hindi) suit les tendances avec un œil profondément aiguisé qui lui garantit de ne jamais faire…

Les 39 Marches

par Ophélie Wiel

A-t-on le droit d'avoir une petite préférence sentimentale pour la période anglaise d'Hitchcock? Peut-on contester l'affirmation selon laquelle le maître du suspense n'avait pas encore perfectionné son style avant qu'Hollywood ne lui fasse des ponts d'or? Oui, car Les 39 Marches n'est pas, comme on voudrait encore le faire croire, un film mineur quand au contraire il définit les codes…

Amelia

par Ophélie Wiel

Amelia Earhart méritait-elle une bio filmée? Pourquoi pas: les exploits de la première femme aviatrice à une époque où l'on préférait célébrer un homme – Charles Lindbergh – sont assez peu connus, du moins de notre côté de l'Atlantique. La véritable question, en fait, revient sans cesse: où se niche l'intérêt de ce genre cinématographique très particulier, résultant souvent dans…

Holiday

par Ophélie Wiel

Comme nombre de films de l'époque, Holiday (parfois intitulé Vacances en français) s'inspire d'une pièce à succès de Broadway, qui fut jouée 229 fois en 1928 et fut l'objet d'une première adaptation cinématographique en 1930. George Cukor était déjà familier du genre, puisqu'il avait tourné en 1932 l'adaptation d'Une heure près de toi, puis en 1933 celle des Invités de…

Le Vent de la plaine

par Ophélie Wiel

Ce devait être un de ces nouveaux westerns des années 1960 où Hollywood dénonçait le racisme anti-indien. Un contre-emploi pour Audrey Hepburn. Une entrée fracassante d'un des piliers du film noir, John Huston, dans le monde codé d'un autre genre très américain. Les producteurs, qui voulaient en atténuer la charge idéologique, en décidèrent autrement, et le film ne plut réellement…

Amour, amour, je t’aime tant…

par Ophélie Wiel

Quelle est votre scène d'amour préférée? Vincent Avenel Avec le recul, je me demande réellement si aujourd'hui la scène que je vais évoquer tient encore la route : n'est-ce pas avant tout l'exotisme, l'inédit qui m'a ébloui à l'époque? Toujours est-il que Histoires de fantômes chinois est un film passablement softcore, comme souvent la production hong-kongaise de l'époque, donc prompt…

La Chevauchée fantastique

par Ophélie Wiel

La cérémonie des oscars de 1940 récompensa un grand cru du cinéma américain. On y retrouve en effet en compétition certains des films les plus marquants de l'histoire: Autant en emporte le vent, Le Magicien d'Oz, Mr Smith au Sénat et, last but not least, La Chevauchée fantastique, premier western parlant réalisé par le maître du genre, John Ford. Plus…

Les regrets du cinéphile

par Ophélie Wiel

Quel cinéphile ne s'est jamais pris à regretter de n'avoir pas été là au moment où s'écrivait l'Histoire du cinéma? De ne pas avoir été de ceux qui virent Citizen Kane pour ce qu'il était ? De ne pas avoir su discerner le Clint Eastwood d'Impitoyable ou d'un Monde parfait dans celui de Firefox, l'arme absolue, le Johnnie To de The…

L’Inconnu du troisième étage

par Ophélie Wiel

Voici un drôle de petit film noir exhumé par les éditions Montparnasse: réalisé par un scénariste qui ne tourna que trois films, sans véritable vedette, sauf une, qui n'apparaît que dans quelques plans, dans un décor minimaliste et une ambiance expressionniste, L'Inconnu du troisième étage titille la curiosité du cinéphile. À juste titre, car ce film a quelque chose en…

La Pêche au trésor

par Ophélie Wiel

Le cru 2009 de la collection RKO des Editions Montparnasse est définitivement nostalgique: après l'adieu à Fred et Ginger dans La Grande Farandole, voici La Pêche au trésor, dernier des films tournés par la bande de joyeux drilles qui révolutionna le burlesque américain, j'ai nommé les Marx Brothers, Groucho, Harpo et Chico. Le film date de 1949, et les Marx…

Le Pigeon d’argile / Bodyguard

par Ophélie Wiel

Avant d'accéder à une célébrité qui lui permit de marquer l'histoire du cinéma avec des films aussi passionnants que Vingt mille lieues sous les mers (sous le label Disney), La Fille sur la balançoire, Les Vikings ou L'Étrangleur de Boston, Richard Fleischer entame une carrière sous les étoiles déclinantes du studio RKO alors détenu par le milliardaire Howard Hughes. Il…

La Vénus des mers chaudes

par Ophélie Wiel

1955: Howard Hughes, l'excentrique milliardaire expert en aviation et en starlettes de cinéma, contrôle de sa main de fer le petit studio RKO. Le déclin est plus qu'évident depuis les glorieuses années 1930, et la RKO n'a plus que quelques temps à vivre. Il ne s'agit plus alors d'enchanter les futurs cinéphiles avec des Impossible Monsieur Bébé ou des Citizen…

Miss Manton est folle

par Ophélie Wiel

Quel plaisir, à chaque rentrée, de découvrir les nouveaux trésors exhumés par la jolie collection RKO/Montparnasse, dont les qualités ne se résument certainement pas à des prix imbattables... Qui d'autre aurait su ainsi dénicher une "petite" screwball comedy d'un réalisateur a priori absolument inconnu, où l'on retrouve le couple Henry Fonda/Barbara Stanwyck pour leur premier duo de vedettes embarquées dans…

La Grande Farandole

par Ophélie Wiel

Ce devait être la dernière collaboration de Fred Astaire et Ginger Rogers, sept films ensemble et autant de succès pour le couple de danseurs le plus célèbre de l'histoire du cinéma. Ils reviendront cependant, dix ans plus tard, suite à un heureux concours de circonstance, avec Entrons dans la danse de Charles Walters (1949). La Grande Farandole a tout de…

Plaisirs coupables

par Ophélie Wiel

À Critikat, nous nous targuons d'être des critiques cinéphiles, des spectateurs avertis ayant une haute idée du cinéma en tant qu'art. Est-ce pour autant que nous n'avons pas nos petits plaisirs coupables, ces films que nous aimons malgré tout, et surtout malgré notre bonne conscience − pour laquelle nous nous devons de préférer a priori un film d'Orson Welles à…

Lola Montès

par Ophélie Wiel

Œuvre funèbre: Lola Montès est le dernier film du grand cinéaste d'origine allemande Max Ophuls (décédé en 1957, deux ans après la sortie du film) qui marqua de sa patte inimitable tous les pays qui accueillirent sa ronde insatiable: l'Allemagne (Liebelei, 1932), les États-Unis (Lettre d'une inconnue, 1948) et la France surtout, dernier refuge (De Mayerling à Sarajevo, 1940, Madame…

Saawariya

par Ophélie Wiel

Mais qu'est-il arrivé à Sanjay Leela Bhansali? Le prince de l'esthétique grandiose – devenue au fil des films grandiloquente – celui qui nous avait laissés sans voix d'admiration devant Devdas et de déception devant Black semble avoir définitivement perdu la main. Rien ne lui faisait défaut pourtant pour faire de cette nouvelle histoire d'amour impossible un chef-d'œuvre poignant et lumineux; l'inventivité technique…