Critikat

De bas étage

par Josué Morel

Parmi les nombreux premiers films français découverts au dernier festival de Cannes, De bas étage, réalisé par Yassine Qnia, s'est présenté de prime abord comme l’un des plus tenus et rigoureux. Scènes silencieuses et presque intégralement dépouillées de musique, découpage patient et net, refus du spectaculaire : le film, qui suit le quotidien de Mehdi (Soufiane Guerrab), petit braqueur de…

The Suicide Squad

par Josué Morel

L’explosion des franchises de super-héros nous a appris au fil des années à considérer chaque nouveau film (et désormais série, avec le lancement de Disney+) comme la pièce d’un « univers », mais The Suicide Squad pousse la logique un peu plus loin, puisqu’il s’inscrit autant dans le « DCEU » (« DC Extended Universe ») qu’il se présente comme une forme de métastase de l’Univers…

Kaamelott — Premier volet

par Josué Morel

Le succès populaire auquel semble promis Kaamelott : Premier volet n’est pas sans étonner. Moins que la fidélité d’une communauté d’aficionados, qui aura patiemment attendu la suite des aventures d’Arthur (douze ans depuis la fin de la série) pour mieux lui offrir un démarrage en trombe dans les salles, c’est la nature même de la fiction qui surprend. Kaamelott est l’histoire…

Old

par Josué Morel

Pour comprendre le projet de Old et situer sa place dans la filmographie de M. Night Shyamalan, il faudrait partir de la fin – et donc prévenir, comme il est désormais d’usage, que le lecteur qui n’aurait pas vu le film s’expose à quelques révélations inopinées. Délaissant le décor de cette plage où le temps coule à une vitesse démesurée,…

Spirale : l’héritage de Saw

par Josué Morel

« From the Book of Saw » précise le titre anglais de Spirale, pour bien marquer sa filiation avec la franchise horrifique lancée en 2004 par James Wan. À l’époque, Saw s’inspirait lointainement de Seven pour mieux bifurquer vers l’horreur, et popularisait au passage le sous-genre du torture porn. Une flopée de suites plus tard, Spirale opère, dans une logique justement circulaire…

Cannes 2021, l’oreille et le nombril

par Josué Morel

Alors que ce 74e Festival de Cannes vient de s’achever avec le sacre de Titane de Julia Ducournau, retour sur quelques tendances d’une édition mi-figue mi-raisin, où ont toutefois brillé quelques très beaux films. Si ce Festival de Cannes s’est ouvert sur une invitation à fêter un supposé retour à la normale (« So may we start ? »), c’est un autre détail…

Haut et fort

par Josué Morel

C’est un profil de films que l’on retrouve souvent en fin de festival, parmi les concurrents à la Palme d’or : le petit film politique à sujet, qui compense son manque de finesse de mise en scène par un allant et une énergie contagieuse. Ce n’est pas insulter Haut et fort que de le ranger dans cette catégorie, puisqu’il embrasse…

L’Histoire de ma femme

par Josué Morel

C’est peut-être injuste, mais c’est ainsi : l’enchaînement frénétique des projections cannoises invite inévitablement à la comparaison, et il arrive parfois que la découverte d’un film éclipse quelque peu ceux qui l’entourent. Autant dire que L’Histoire de la femme souffre d’avoir été montré avant Memoria d’Apichatpong Weerasethakul, mais pas sûr que, découvert loin du tumulte de la Croisette, le film d’Ildiko…

De bas étage

par Josué Morel

Parmi les nombreux premiers films français que le Festival de Cannes nous invite à découvrir, De bas étage, réalisé par Yassine Qnia, apparaîtra assurément comme l’un des plus tenus et rigoureux. Scènes silencieuses et presque intégralement dépouillées de musique, découpage patient et net, refus du spectaculaire : le film, qui suit le quotidien de Mehdi (Soufiane Guerrab), petit braqueur de La…

Red Rocket

par Josué Morel

Ce n’était pas nécessairement le film le plus attendu sur la Croisette, mais Red Rocket pourrait bien être, en fin de compte, l’une des bonnes surprises de cette compétition. Film modeste, assurément, mais qui, dans le détail, et c’est bien cela au fond qui importe, fait preuve d’une certaine minutie qui tranche avec les grands gestes jusqu’ici mis à l’honneur.…

Tromperie

par Josué Morel

Tiens, (encore !) une autofiction. Et même une autofiction au carré : Desplechin adapte Tromperie de Philip Roth, sans qu’on ait l’impression d’un dépaysement géographique ou linguistique (Bruno Podalydès incarne pourtant le romancier américain, et Léa Seydoux son amante britannique). Et pour cause : non seulement le jeu de Podalydès n’est pas sans évoquer celui de Mathieu Amalric, acteur fétiche du cinéaste…

Titane

par Josué Morel

Que raconte Titane ? On évoquait déjà la chose à propos de Bergman Island : nombre des titres en sélection officielle sont d'une part des films de créateurs qui mettent en scène des créateurs, et d'autre part, en filigrane, des fictions se regardant elles-mêmes, pour sonder ce qui les anime. Julia Ducournau, tout en s’inscrivant pleinement dans cette tendance, est probablement…

Un héros

par Josué Morel

Un héros appartient à une catégorie de films dont le Festival de Cannes est ordinairement très friand, mais dont on n’avait pas encore vu de représentant cette année en compétition : celle des thrillers psychologiques sociétaux, qui combinent efficacité dramatique et regard « politique » sur la société qu’ils ambitionnent, en sous-main, d’ausculter. Il est indéniable que le scénario du…

Bergman Island

par Josué Morel

Puisque le Festival de Cannes nous invite à opérer des rapprochements entre les œuvres sélectionnées, on s’autorisera une petite remarque préalable avant d’évoquer plus en détail Bergman Island, qui sort en salle dans la foulée de sa première sur la Croisette. On n'a, de mémoire de festivalier, jamais vu une compétition avec des films mettant en scène autant d’artistes en…

La Fièvre de Petrov

par Josué Morel

Attention, cas clivant : on ne doute pas que certains verront dans l’interminable pensum de Kirill Serebrennikov un grand magma de formes et un concentré de « cinéma » avec un grand C. Il est vrai que La Fièvre de Petrov gesticule beaucoup, en télescopant des petites scènes déconnectées les unes des autres, et des bouts de récit qui, petit à petit, s’interpénètrent…

The Innocents

par Josué Morel

Deuxième film d'Eskil Vogt, fidèle collaborateur de Joachim Trier, The Innocents est cette année la première occurrence d’un sous-genre cannois qui a notamment fait fureur lors de la précédente édition : le « film de genre de festival ». Vogt signe une fable sous très forte influence de Stephen King, où quatre enfants se rapprochent le temps d’un été et développent…

Compartiment N°6

par Josué Morel

On ne s’attendait pas forcément à entendre Desireless dans un film finlandais se déroulant en Russie, mais c’est pourtant bien « Voyage, voyage » qui s’affirme comme l’hymne (et le mantra) de Compartiment N°6 de Juho Kuosmanen. Le voyage, c’est celui de Laura, finlandaise qui part seule pour un long trajet en train jusqu’à la ville de Musmank, afin de visiter un…

La Fracture

par Josué Morel

Lointainement inspiré par l'intrusion de Gilets jaunes à la Pitié-Salpêtrière (qualifiée à tort "d'attaque" par Christophe Castaner, alors Ministre de l'Intérieur), La Fracture se présente tout à la fois comme la première fiction revenant sur le mouvement protestataire qui a embrasé l’Hexagone pendant plusieurs mois, une plongée dans le milieu hospitalier (dont les difficultés ont été particulièrement mises en lumière…

Benedetta

par Josué Morel

Avant de parler plus en détail de ce film passionnant qu’est Benedetta, il faut lever un malentendu que l’euphorie cannoise risque d’entretenir : loin du chef-d’œuvre annoncé, le nouveau Verhoeven se présente à nous dans une nudité rêche et impure, qui rapproche davantage le film de l’artificialité télévisuelle des Rois maudits que de la saleté somptueuse de La Chair et…

Lingui, les liens sacrés

par Josué Morel, Corentin Lê

Puisque Lingui parle de « liens », permettons-nous d’abord un petit préambule sur la place qu’occupe le film de Mahamat-Saleh Haroun par rapport aux autres titres présentés jusqu’ici en compétition. Si la critique festivalière s’attarde souvent sur les thématiques qui se dégagent volontairement ou non de la juxtaposition des œuvres, elle évoque moins fréquemment les fluctuations de tonalités, de formes…