Critikat

Asteroid City

par Josué Morel

Au cours de ces derniers mois, les nouveaux logiciels d’IA génératives ont beaucoup pris pour modèle le cinéma de Wes Anderson afin d’illustrer leurs potentialités dans le champ des arts visuels. On ne s’en étonne pas : de film en film, le style si caractéristique du metteur en scène semble être devenu la matrice d’objets dépassionnés, dont le principe de…

Magic Mike : Dernière danse

par Josué Morel

The Last Dance achève une trilogie bizarrement composée, dont le meilleur épisode, Magic Mike XXL, est le seul à ne pas avoir été réalisée par son cerveau, Steven Soderbergh. Ce troisième volet ressemble à un curieux panachage des deux précédents, entre un retour à un scénario psychologique et l’aspiration à produire un pur morceau d’hédonisme. Le show londonien que tente…

Asteroid City et le nœud Wes Anderson

par Josué Morel, Corentin Lê, Marin Gérard

Que raconte aujourd'hui le cinéma de Wes Anderson ? Tentative de réponse à partir d'Asteroid City mais aussi de ses derniers films, qui actent une évolution de son esthétique. Josué Morel : Wes Anderson fait débat au sein de la revue. The French Dispatch comptait d'ailleurs autant de détracteurs que de défenseurs au sein de nos colonnes : nous avions…

L’Île rouge

par Josué Morel

Après le tumulte des années Act Up, Robin Campillo rembobine encore un peu davantage le fil de sa jeunesse (le film est en partie inspiré de son enfance) en retraçant les derniers mois, en 1971, d’une base militaire française située à Madagascar. Si « l’île rouge » est alors indépendante depuis 1960, elle demeure soumise aux intérêts hexagonaux, ce que le film…

Cannes 2023, de la surprise

par Josué Morel

Si le Festival de Cannes s’est achevé sur le triomphe d’une jeune cinéaste dont le film décortique une image originelle afin d’en saisir la vérité, cette édition aura plutôt fait la part belle à de vieux cinéastes sur le retour et dont les récits n’abattaient leur carte maîtresse qu’à la toute fin : un fondu au noir vertigineux (le sublime dernier…

Perfect Days

par Josué Morel

Le retour de Wim Wenders dans la compétition cannoise, quinze ans après Rendez-vous à Palerme, avait de quoi surprendre au regard de sa forme récente. Perfect Days ne changera pas l’impression que le cinéaste n’a plus beaucoup d’inspiration : Wenders suit le quotidien d’un homme dont le travail est de nettoyer les toilettes publiques tokyoïtes et qui, entre deux coups…

L’Été dernier

par Josué Morel

L’Été dernier s’achève sur une impression désarçonnante : celle d’avoir assisté à un film à moitié raté mais qui réussit magistralement sa sortie. C’est peut-être qu’il y a ici deux films en un et que le premier, celui que l’on attendait, ne sert finalement que de soubassement au second, autrement plus vénéneux. Le récit se concentre d’abord sur la relation…

Agra

par Josué Morel

Agra cherche d'emblée à se démarquer en entrelaçant une ouverture psychédélique, la vision d’un écureuil écorché vif doté d’une voix distordue, et une scène de sexe fiévreuse virant au cauchemar. Cet enchaînement s'avère toutefois trompeur : ces coups de semonce précèdent un film plus sage qu’il n’y paraît, partagé entre une chronique sociale et le surgissement d’images mentales – une…

Jour 9 — L’Été dernier

par Josué Morel, Corentin Lê

Cannes, jour 9. Deux de nos rédacteurs discutent de L’Été dernier de Catherine Breillat, présenté en compétition.    Avec : Corentin Lê et Josué Morel. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.

L’Enlèvement

par Josué Morel

L’Enlèvement retrace l’affaire Edgardo Mortara, qui fit grand bruit en 1858 : un jeune enfant juif de six ans, que sa nourrice aurait baptisé alors qu’il était encore un poupin, est arraché à sa famille par l’Église catholique italienne lorsque cette dernière prend connaissance du sacrement clandestin. Par ce fait divers que Spielberg voulut un temps adapter, Marco Bellocchio remet…

Jour 8 — L’Enlèvement

par Josué Morel, Marin Gérard

Cannes, jour 8. Deux de nos rédacteurs discutent de L'Enlèvement de Marco Bellocchio, présenté en compétition.    Avec : Marin Gérard et Josué Morel. Réalisation et montage : Étienne Cimetière-Cano.

Asteroid City

par Josué Morel

Au cours de ces derniers mois, les nouveaux logiciels d’IA génératives ont beaucoup pris pour modèle le cinéma de Wes Anderson afin d’illustrer leurs potentialités dans le champ des arts visuels. On ne s’en étonne pas : de film en film, le style si caractéristique du metteur en scène semble être devenu la matrice d’objets dépassionnés, dont le principe de…

La Passion de Dodin Bouffant

par Josué Morel

En sortant de La Passion de Dodin Bouffant, on est pris d’un étrange sentiment (en plus d’une sacrée fringale) : impossible de statuer exactement sur la nature de ce que l’on vient de voir. Nanar ? Film en costumes expérimental ? Premier né d’une rencontre entre le food porn et le cinéma d’auteur ? La vérité se trouve probablement entre…

L’Amour et les forêts

par Josué Morel

Adapté du roman éponyme d’Éric Reinhardt, L’Amour et les forêts (beau titre) dépeint l’engrenage d’une relation amoureuse initialement idyllique qui se transforme en cauchemar domestique. La dualité du personnage de Grégoire (Melvil Poupaud), archétype du pervers narcissique, est d’abord figurée de manière astucieuse : ce n’est pas l’amant de Blanche (Virginie Efira) qui apparaît d’emblée comme double, mais son propre…

J’ai vu le visage du diable

par Josué Morel

J’ai vu le visage du diable s’inscrit dans une tendance lourde du cinéma de festival contemporain dont on a déjà amplement rendu compte dans ces colonnes : le saupoudrage de motifs empruntés au cinéma horrifique dans une perspective discursive et allégorique. En l’occurrence, l’équation proposée par Julia Kowalski est la suivante : (L’Exorciste de Friedkin + une plongée dans une bourgade polonaise) x…

Club Zéro

par Josué Morel

Au tout début de Club Zéro, un plan rappelle que Jessica Hausner n’est pas une metteuse en scène sans talent. Un panoramique circulaire présente des élèves qui, tour à tour, évoquent à la demande d’une professeure (Mia Wasikowska) leurs attentes pour le cours qu’elle s’apprête à donner. Quelque chose sonne toutefois immédiatement faux : le mouvement de la caméra est…

Les Feuilles mortes

par Josué Morel

Kaurismäki revient à la compétition cannoise douze ans après Le Havre, dans lequel le style bien identifié du cinéaste virait à l’imaginaire figé. Dans un texte pour les Cahiers, Jean-Philippe Tessé allait jusqu’à comparer (non sans fondement) la poésie passéiste du cinéaste finlandais à celle d’Amélie Poulain. Les Feuilles mortes n’est heureusement pas si chargé, même s’il reste chez Kaurismäki…

Acide

par Josué Morel

Les films de genre de festival tombent souvent dans deux écueils : d'une part, envisager l’incursion sur les terres du fantastique (ou de la science-fiction) comme le terreau d’une allégorie ; de l'autre, remaker plus ou moins directement un classique hollywoodien avec beaucoup moins de moyens et de talent. Acide a la mauvaise idée de de cumuler ces deux tares…

Anatomie d’une chute

par Josué Morel

La Fille au bracelet, Saint Omer, Le Procès Goldman et maintenant Anatomie d’une chute (dont le titre fait écho à Autopsie d’un meurtre de Preminger) : le film de procès est décidément en train de devenir un genre très prisé au sein du cinéma français. En dépit des disparités entre ces différents titres, on y retrouve une série de qualités communes :…