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Fabrice Fuentes
Du 16 juin au 17 septembre, Le Jeu de Paume rendra hommage au photographe et cinéaste Johan van der Keuken. Profitons de cette exposition pour extraire quelques lignes de force à l’intérieur d’un cinéma travaillé autant par le jaillissement du réel que par la part aveugle du regard. Au Bhoutan, un homme gravit une montagne. La montée sur le sentier…
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Fabrice Fuentes
Si le propre d’une série est de se répéter à l’envi, Servant constitue alors un modèle du genre. Chaque saison reconduit à l’identique la même trame irrésolue : qui est Leanne, la mystérieuse servante hébergée par le couple Turner ? Pourquoi et comment a t-elle redonné vie à leur enfant accidentellement disparu ? Est-elle un ange ou un démon ?…
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Fabrice Fuentes
Aux antipodes des déflagrations pyrotechniques de 1917 et de sa surenchère immersive, Empire of Light marque un pas de côté dans la filmographie de Sam Mendes. Un écart qui se veut surtout une mise à distance, non seulement vis-à-vis du cinéma d’action bruyant de ses trois précédents films mais aussi, plus largement, de la machinerie lourde et impersonnelle du blockbuster…
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Fabrice Fuentes
Le nouveau film de Jonás Trueba s’ouvre sur un écran noir ; autant dire qu’il n’y a d’emblée rien à voir mais tout à écouter (les notes du pianiste Chano Domíngez, comme arrachées à l’intimité du silence, à ces limbes donnant leur titre au morceau du jazzman andalou). Bientôt, des visages de spectateurs attentifs, filmés frontalement et en gros plan, apparaissent à…
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Fabrice Fuentes, Thomas Grignon, Jean-Sébastien Massart
Que nous a raconté en 2022 le cinéma d’horreur américain ? Petit état des lieux d’un genre à la fois malade et en forme, qui a su puiser une certaine vitalité de son penchant morbide pour la réitération des formes du passé. (Re)mettre l'horreur à plat « Elevated horror is like an artisanal cheeseburger. Make the goddamn cheeseburger. If it’s delicious,…
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Fabrice Fuentes
Si X emprunte ouvertement aux seventies et à certains films d’horreur emblématiques (dont Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper), la plus grande erreur serait de l’évaluer à l’aune d’une nostalgie dont il n’a que faire. Il n’y a chez Ti West nulle volonté d’ériger un mausolée, mais bien plutôt une façon de prendre acte d’un passé résolument révolu, dont…
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Fabrice Fuentes
La Verónica, cinquième long-métrage du Chilien Leonardo Medel (mais le premier à être distribué sur les écrans hexagonaux), doit sa singularité à la rigueur de son dispositif. Soit cinquante-trois gros plans fixes où son héroïne Verónica Lara (Mariana Di Girólamo) est filmée systématiquement au centre de l’écran. Derrière elle ou sur les côtés gravitent quelques personnages récurrents (sa mère, son…
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Fabrice Fuentes
Une famille fortunée passe ses vacances dans un palace à Acapulco. Soleil de plomb et piscine à débordement, yacht et vue sur mer sans entrave, restaurants et cocktails à gogo, farniente ad libitum : la bourgeoisie se paie le luxe de s’ennuyer. Angoissante, la carte postale d’un bonheur partagé ne fait pas vraiment rêver et un appel téléphonique de mauvaise augure…
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Fabrice Fuentes
Californie, 1995. Alors que la sortie de Barb Wire est imminente, Gail Chwatsky (Mozhan Marnò) reçoit pour la première fois dans son bureau l’actrice principale du film : Pamela Anderson (Lily James). La publiciste chargée des relations publiques pour le studio Dark Horse, filière de Polygram, souhaite récolter de précieuses informations pour finaliser le dossier de presse. Afin de l’aiguiller, elle…
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Fabrice Fuentes
Autant l’écrire d’emblée et sans ambages : la troisième saison de Servant s’avère bien plus emballante que la précédente. Si la série n’a plus grand-chose à raconter (c’est sa principale limite) et se garde bien d’apporter des réponses avant l’heure (une quatrième saison devrait suivre en guise de conclusion), elle s’en tient à un axe narratif plus épuré, de nouveau centré…
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Fabrice Fuentes
Pensé comme un prolongement direct du chef-d’œuvre de Tobe Hooper, cet énième Massacre à la tronçonneuse fait table rase des sept films précédents de la franchise pour mieux en reconduire le principal enjeu : accumuler les cadavres comme on empile des quartiers de viande sur un billot. Nul reset ici, mais bien plutôt un bis repetita où la violence sèche et…
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Fabrice Fuentes
De The Lost Daughter, premier film de l’actrice Maggie Gyllenhaal, on retient d’abord une tache de sang. Une femme esseulée et hagarde marche sur une plage en pleine nuit, puis s’effondre subitement au bord de l’eau. Sur sa robe blanche figure une tache rouge, comme une sorte de troisième œil en lieu et place du nombril. Cette femme qui saigne…
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Fabrice Fuentes
Serge Daney disait de l’exercice critique qu’il consistait à « mettre ses pas dans les pas d’un autre qui en vaut la peine ». Un précepte que s’emploie à suivre Jérôme Momcilovic avec son nouveau livre consacré à Maurice Pialat, « un des derniers grands enregistreurs avec Cassavetes », toujours selon Daney. La Main, les yeux s’attache ainsi à remonter pas…
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Fabrice Fuentes
Un train arrive en gare d’Auvers-sur-Oise. Parmi les quelques voyageurs, un homme déjà courbé par le temps comme une vieille branche descend : Van Gogh (Jacques Dutronc). Mal rasé et les poings sans doute serrés dans les poches, il ne s’efforce même pas de paraître sympathique. Quand on demande au peintre ce qu’il vient faire ici, il répond froidement : « Rien.…
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Fabrice Fuentes
Avec Peaux de vaches, Patricia Mazuy signait en 1989 une première œuvre portée par une énergie abrupte et éclatante. Épousant les sautes d’humeur de ses trois personnages principaux, le film trouve sa raison d’être, sinon sa force vitale, à mesure qu’il déroule le fil de sa narration. Dès les premiers plans, la spontanéité débridée des deux acteurs et l’étroite proximité…
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Fabrice Fuentes
Été 1982, à Hyères. À l’avant d’un bateau qui fend les vagues, une jeune femme vêtue de blanc s’absente en fixant l’horizon, puis se retourne pour prendre la pose. Dès les premiers plans, À nos amours nous impose l’irréductibilité de sa figure de proue : non pas la jeunesse en général, mais bien Suzanne (Sandrine Bonnaire) en particulier, une adolescente…
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Fabrice Fuentes
Été 1982, à Hyères. À l’avant d’un bateau qui fend les vagues, une jeune femme vêtue de blanc s’absente en fixant l’horizon, puis se retourne pour prendre la pose. Dès les premiers plans, À nos amours nous impose l’irréductibilité de sa figure de proue : non pas la jeunesse en général, mais bien Suzanne (Sandrine Bonnaire) en particulier, une adolescente…
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Fabrice Fuentes
Été 1982, à Hyères. À l’avant d’un bateau qui fend les vagues, une jeune femme vêtue de blanc s’absente en fixant l’horizon, puis se retourne pour prendre la pose. Dès les premiers plans, À nos amours nous impose l’irréductibilité de sa figure de proue : non pas la jeunesse en général, mais bien Suzanne (Sandrine Bonnaire) en particulier, une adolescente…
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Fabrice Fuentes
Cinéaste né sur le tard (il fera ses débuts à l’âge de 43 ans), Maurice Pialat n’aura jamais cessé de courir après le temps, et plus encore après l’enfance. La sienne tout d’abord : à peine dissimulée sous le vernis de la fiction, son premier film s’en souviendra comme d’un grand cri étouffé. Vingt-sept ans après L’Enfance nue (1968), c’est encore…
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Fabrice Fuentes
Cinéaste né sur le tard (il fera ses débuts à l’âge de 43 ans), Maurice Pialat n’aura jamais cessé de courir après le temps, et plus encore après l’enfance. La sienne tout d’abord : à peine dissimulée sous le vernis de la fiction, son premier film s’en souviendra comme d’un grand cri étouffé. Vingt-sept ans après L’Enfance nue (1968)...