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Alexandre Moussa
C’est un quai de gare, vide. Gris et inhospitalier. Le cadre est fixe, frontal. Les lignes convergentes de deux voies ferrées dirigent notre regard vers le centre de l’image, où l’on distingue, au premier plan, une cabine téléphonique. Les piliers soutenant le toit au-dessus du quai achèvent d’équilibrer la composition : ce non-lieu en paraîtrait presque beau. Le son d’un train…
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Alexandre Moussa
L’homme qui voulait savoir fait rétrospectivement figure de consécration maudite pour l’auteur néerlandais George Sluizer. Si son succès international a en effet offert au cinéaste son passeport pour Hollywood, à la suite de son contemporain Paul Verhoeven, le rêve américain du cinéaste s’est interrompu aussi sec suite à l’échec d’un autoremake inutile du même film (La Disparue, en 1993), puis…
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Alexandre Moussa
La 15e édition du festival Filmer le travail, qui s’est achevée le 18 février dernier à Poitiers, proposait un troublant dialogue entre les deux principaux volets de sa programmation. Les séances de patrimoine, principalement consacrées à des œuvres de fiction, ont fait la part belle à la thématique du contrôle et de la surveillance. Au voyeur hitchcockien espionnant ses voisins…
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Alexandre Moussa
Après la consécration de Carol, Todd Haynes semblait s’être quelque peu égaré avec ses longs-métrages suivants, dans lesquels il tentait sans convaincre de s’émanciper à la fois de l’étiquette « New Queer Cinema » accolée à son cinéma et de l’inspiration du mélodrame classique hollywoodien. Présenté au public cannois en même temps que la rétrospective de son œuvre à Beaubourg, May December…
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Alexandre Moussa
Il y a comme une délicieuse incongruité à voir Mary à tout prix revenir en salles dans une version restaurée : le mélange dégoulinant d’humour régressif et de bons sentiments propre aux films des frères Farrelly fait presque figure de furoncle purulent sur la digne figure du cinéma de patrimoine – quand bien même cette curieuse comédie romantique paraît relativement…
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Alexandre Moussa
Avec le passage des années, il ne nous reste parfois de certains films qu’une poignée d’images éparses, réverbères exténués clignotant faiblement dans les ruelles obscures de notre mémoire. Je n’ai pas gardé un souvenir très net de The Deep Blue Sea (2012), le premier film du cinéaste britannique Terence Davies que j’ai découvert en salle. Ce mélodrame suffoquant, adapté d’une…
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Alexandre Moussa
Des cinq trublions des Cahiers du cinéma passés à la réalisation à la fin des années 1950, Jacques Rivette demeure le moins bien connu des cinéphiles, et ce malgré l’édition récente de ses textes critiques et la reprise progressive en salles de l’ensemble de sa filmographie. Curieusement, ses œuvres les plus célébrées le sont rarement pour de bonnes raisons. Le…
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Alexandre Moussa
Début juillet dernier, la rétrospective la plus passionnante du FEMA (Festival La Rochelle Cinéma) était à nouveau, un an après les programmations Alain Delon et Audrey Hepburn, consacrée à une actrice. Dans un réjouissant contrepoint à la misogynie de Sacha Guitry et de Lars von Trier, têtes d’affiches de cette 51e édition, le festival rendait hommage à un monstre sacré…
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Alexandre Moussa
En décembre dernier, la revue britannique Sight and Sound a placé Jeanne Dielman, 23, Quai du Commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman au sommet de son célèbre classement décennal des meilleurs films de tous les temps. La nouvelle a suscité de vives controverses, mais elle n’avait rien d’étonnant. Jeanne Dielman est en effet l’un des rares objets susceptibles de réconcilier…
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Alexandre Moussa
Il aura fallu attendre que The Souvenir fasse connaître en France la cinéaste britannique Joanna Hogg pour que ses films précédents – Unrelated (2007), Archipelago (2010) et Exhibition (2013) – trouvent enfin le chemin de nos écrans. Ils circonscrivent pourtant mieux la beauté et la singularité de son cinéma insulaire que l’ample diptyque autobiographique qui a valu à l’autrice sa notoriété internationale tardive. Les trois premiers longs-métrages de Joanna…
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Alexandre Moussa
Il aura fallu attendre que The Souvenir fasse connaître en France la cinéaste britannique Joanna Hogg pour que ses films précédents – Unrelated (2007), Archipelago (2010) et Exhibition (2013) – trouvent enfin le chemin de nos écrans. Ils circonscrivent pourtant mieux la beauté et la singularité de son cinéma insulaire que l’ample diptyque autobiographique qui a valu à l’autrice sa notoriété internationale tardive. Les trois premiers longs-métrages de Joanna…
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Alexandre Moussa
Il aura fallu attendre que The Souvenir fasse connaître en France la cinéaste britannique Joanna Hogg pour que ses films précédents – Unrelated (2007), Archipelago (2010) et Exhibition (2013) – trouvent enfin le chemin de nos écrans. Ils circonscrivent pourtant mieux la beauté et la singularité de son cinéma insulaire que l’ample diptyque autobiographique qui a valu à l’autrice sa notoriété internationale tardive. Les trois premiers longs-métrages de Joanna…
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Alexandre Moussa
Il aura fallu attendre que The Souvenir fasse connaître en France la cinéaste britannique Joanna Hogg pour que ses films précédents – Unrelated (2007), Archipelago (2010) et Exhibition (2013) – trouvent enfin le chemin de nos écrans. Ils circonscrivent pourtant mieux la beauté et la singularité de son cinéma insulaire que l’ample diptyque autobiographique qui a valu à l’autrice sa notoriété internationale…
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Alexandre Moussa
Le visage de Cate Blanchett constitue l’un des objets les plus fascinants du cinéma américain contemporain. Il ne s’agit pas d’un masque au sens où on l’entend habituellement, illisible car sans expression (comme je l’évoquais récemment au sujet de Janet Leigh), mais plutôt d'une enveloppe semblable à celles de Fantômas dans la trilogie d’André Hunebelle, tantôt surface d’apparence organique, tantôt…
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Alexandre Moussa
Si le Psychose de Gus Van Sant est en théorie le remake plan par plan de celui d'Alfred Hitchcock, de nombreux points les distinguent. En premier lieu, le jeu de leurs actrices respectives, Anna Heche et Janet Leigh. Dans un article paru dans la revue britannique Screen en 1978, John O. Thompson suggère de transposer à l’étude de l’acteur de cinéma…
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Alexandre Moussa
Anne Heche est morte. Sa Mini Cooper bleu électrique, lancée à vive allure dans les rues tranquilles du quartier résidentiel de Mar Vista, a heurté un garage et percuté une Jaguar avant d’achever sa course folle dans une villa bientôt engloutie par les flammes. Une actrice aux cheveux blonds, une voiture en morceaux : l’image ravive le souvenir de Jayne Mansfield.…
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Corentin Lê, Alexandre Moussa
Sous le ciel radieux de la côte charentaise, le Festival La Rochelle Cinéma (Fema) soufflait début juillet ses cinquante bougies, avec une programmation pléthorique aussi riche en rétrospectives qu’en avant-premières. Comme chaque année, le volet patrimonial du Fema s'est organisé autour d'une poignée de rétrospectives dont la plus imposante était sans conteste celle consacrée à Pier Paolo Pasolini. Plus que…
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Alexandre Moussa
À l’occasion de la rétrospective consacrée par le Festival La Rochelle Cinéma à Pier Paolo Pasolini et de la reprise de ses films restaurés en salle, nous avons rencontré Alice Letoulat, docteure en études cinématographiques dont les recherches portent sur les chemins de traverse empruntés par l’histoire des formes filmiques. Elle a publié en février dernier chez Hermann un ouvrage…
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Alexandre Moussa
J’étais à la maison, mais…, le huitième long-métrage de la réalisatrice allemande Angela Schanelec, évoque moins les derniers films d’autres cinéastes de l’école berlinoise de sa génération (Christian Petzold en tête) que le minimalisme glacé du récent La Jeune Fille et l’Araignée, lui aussi récompensé à la Berlinale. Même si la rigueur sentencieuse de Schanelec semble à première vue assez…
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Alexandre Moussa
Adapter L’Événement d’Annie Ernaux n’avait rien d’une tâche aisée. Comment transposer au cinéma un roman écrit à la première personne ? La fidélité à la lettre chère à François Truffaut aurait supposé la présence intrusive d’une voix-off, dispositif de plus en plus rare dans le champ du cinéma d’auteur, peut-être parce qu’il est désormais associé de manière privilégiée à la comédie…