Beurk. Aargh. Au sec­ours. Ce sont les seules émo­tions qui nous ont envahi des pre­mières min­utes jusqu’à la dernière image de La Pan­thère rose. Navrant. Écœu­rant. Vom­i­tif. Aucun mot ne sera assez fort pour exprimer la nul­lité infinie de ce navet inter­sidéral.

Ne nous méprenons pas. Il ne s’ag­it pas dans cette colonne de défendre envers et con­tre tous les ver­sions orig­i­nales de La Pan­thère rose, signées Blake Edwards, comme s’il était absol­u­ment impos­si­ble de leur arriv­er à la cheville. Cer­taines (Quand l’in­specteur s’emmêle par exem­ple) étaient plus réussies que d’autres. De là à y voir des som­mets de comédie… Bien sûr, il y avait Peter Sell­ers. Capa­ble de se pren­dre des coups sur la fig­ure sans bronch­er et, surtout, d’en don­ner sans le faire exprès, avec un naturel épous­tou­flant. Inter­pré­tant le plus par­fait des crétins, le bien nom­mé inspecteur Clouse­au, Sell­ers avait créé une légende à sa hau­teur.

Pour le rem­plac­er, quar­ante ans plus tard, Hol­ly­wood n’a pas trou­vé mieux que Steve Mar­tin. Qui est ce mon­sieur ? Un «comique», paraît-il, soit le genre d’ac­teur dont on regarde les aven­tures pour «se bidon­ner», «se fendre la g…», en bref, «rire». Eh bien peut-être avions-nous per­du notre humour le jour de la pro­jec­tion, ou peut-être Steve Mar­tin est-il un éter­nel incom­pris. Mais ce qu’il fait à l’in­specteur Clouse­au et à son audi­toire par la même occa­sion (nous avouons avoir trépigné sur notre joli fau­teuil rouge avec l’en­vie d’é­tran­gler le pre­mier qui ferait sem­blant de rire) est à peine dici­ble sans cou­vrir l’in­for­tuné «acteur» d’in­sultes. Retenons-nous donc encore quelques instants pour sim­ple­ment remar­quer que Steve Mar­tin, sur­jouant l’abru­ti au point de le devenir lui-même, est sans doute le comé­di­en le plus nul de sa généra­tion et des suiv­antes.

Dif­fi­cile d’aimer La Pan­thère rose quand Steve Mar­tin y est pour 95% des scènes. Mais oublions-le un instant. Que reste-t-il alors? Les dia­logues? Oubliés dans le cof­fre-fort du pro­duc­teur. Les gags? Au nom­bre vrai­ment max­i­mum de dix (et on est volon­taire­ment gen­til), étirés en longueur pour combler les qua­tre-vingt-dix insup­port­a­bles min­utes de film. Les autres acteurs? Jean Reno et Bey­on­cé, fidèles à eux-mêmes, ont oublié de jouer. Kevin Kline n’est pas mal, mais peut-être est-on aveuglé par son per­son­nage, dont on partage avec tant d’in­ten­sité la haine pour Clouseau/Steve Mar­tin…

Encore un film comme celui-ci et c’est décidé, on devient un adepte exclusif de la tragédie grecque.