Ce film aura-t-il jamais les hon­neurs d’une dis­tri­b­u­tion française ? Les entrées de The Plea­sure of Being Robbed y seront pour beau­coup – en tout cas, ce ne serait que jus­tice, tant le nou­veau film de Joshua Safdie, ici flan­qué de son frère Ben­ny, se révèle bien meilleur que le précé­dent. Lenny a divor­cé de la mère de ses enfants, deux jeunes garçons, et n’a la garde de ceux-ci que pour deux semaines dans l’année. L’important, pour cet homme resté très enfant, est d’offrir à ses deux fils ce qu’ils ne pour­ront pas vivre chez leur mère, beau­coup plus stricte.

Go Get Some Rose­mary se con­stru­it comme une série d’anecdotes réjouis­santes, autour d’un père imma­ture et de ses gamins, ain­si que de quelques per­son­nages qui gravi­tent autour d’eux. Hélas, les deux frères Safdie sem­blent penser qu’un fil­mage hys­térique, à l’épaule, est ce qui con­vient le mieux à cette rocam­bo­lesque his­toire. C’est aus­si ce qui fait le prix de quelques rares scènes où la mise en scène finit par s’apaiser. Roulant sur les rails les plus clas­siques du ciné­ma indé améri­cain, Go Get Some Rose­mary est une œuvre touchante, pleine de défauts formels et intel­lectuels, mais qui sait jouer de ses for­mi­da­bles comé­di­ens (Ronald Bron­stein en tête) et d’un tal­ent cer­tain pour scé­naris­er le chaos de cette rocam­bo­lesque chronique par­tielle­ment auto­bi­ographique.