La peste soit de Paul W.S. Ander­son ! Alors qu’on s’at­tend tou­jours au pire de la part de l’homme coupable de Mor­tal Kom­bat et d’Alien vs Preda­tor, on se sur­prend à trou­ver des qual­ités à ses Trois Mous­que­taires 3D, ou à ce dernier Pom­péi. Surtout avec un slo­gan comme «Vivez la plus grande cat­a­stro­phe de l’his­toire» : mais non, le bon­homme met la meilleure volon­té du monde à pos­er côte à côte de bonnes idées sur­prenantes, une évi­dente jouis­sance de met­teur en scène de grand spec­ta­cle et les idées les plus débiles et moches. Mais dans quelle case va-t-on pou­voir vous ranger, mon­sieur Paul ?

Glaçage sur volcan

Donc, Pom­péi, c’est un peu comme avec le Titan­ic : dif­fi­cile de sur­pren­dre avec la fin de l’his­toire, alors autant le faire avec l’ha­bil­lage scé­nar­is­tique. Pour Ander­son, il s’ag­it de mix­er à grands coups de pilon Spar­ta­cus et Glad­i­a­tor, le tout saupoudré de rom-com ado­les­cente. C’est pour cette par­tie qu’in­ter­vient Kit Har­ing­ton, le minois béat de Game of Thrones, déjà aperçu dans Silent Hill 2. Ténébreux et peu dis­ert, il promène son per­son­nage de mignon glad­i­a­teur amoureux en se faisant régulière­ment piquer la vedette par un Kiefer Suther­land ravi d’en faire des caiss­es dans le rôle de la méchante cra­pule venue de Rome.

Plaisir d’offrir

À leurs côtés, évolu­ent des sec­onds rôles par­fois éton­nam­ment justes (les per­son­nages de Car­rie-Anne Moss et Jared Har­ris), par­fois bis en dia­ble et d’au­tant plus réjouis­sants (tel que le mono­lithique Cur­rie Gra­ham), le diag­nos­tic étant que, hormis Har­ing­ton et Emi­ly Brown­ing, tout le monde sem­ble ravi de cabotin­er, le réal­isa­teur le pre­mier. Pressé d’ar­riv­er à son finale destruc­teur, Paul W.S. Ander­son ne se foule pas trop pour tenir jusque-là. À peine les pre­mières scories sont-elles dans les airs, qu’il s’en donne à cœur-joie, avec un spec­ta­cle… franche­ment spec­tac­u­laire, aux rebondisse­ments par­fois inédits. Cela n’empêche pas le film de faire long feu la plu­part du temps, de gâch­er ses idées les plus promet­teuses et inat­ten­dues par des ajouts lour­dingues ou des dia­logues mal écrits et sur­joués. Moins crâneur qu’un Michael Bay, Paul W.S. Ander­son dou­ble son bour­rin­isme d’une bonne volon­té franche et naïve qui, cette fois encore, lui sauve la mise de justesse.