Le pitch géniale­ment stu­pide, à dif­férents degrés de con­ci­sion (« des sur­vivants du IIIème Reich fomentent leur vengeance sur la face cachée de la lune » ou tout sim­ple­ment « des nazis dans l’espace ») était sur toutes les lèvres dès l’annonce de la pro­gram­ma­tion. Les places s’arrachaient furieuse­ment, mais nous avons réus­si à nous en pro­cur­er une (presque héroïque­ment). Nous ne boud­erons pas notre adhé­sion à l’insolence écervelée de l’exercice. Mais il faut bien dire qu’Iron Sky n’est mal­heureuse­ment pas aus­si inso­lent qu’on l’espérait. Les dix min­utes (à peine) que le film prend pour se met­tre sur les rails tien­nent les promess­es du syn­op­sis : gaminer­ies divers­es et var­iées, puisant sans ménage­ment dans l’imagerie nazie – en se gar­dant bien, notons-le, de rire de l’Holocauste.

Après quoi la machine, il faut l’avouer, se con­tente de ron­ron­ner en vitesse de croisière. Ponctuelle­ment drôle, de façon un petit peu acci­den­telle, Iron Sky ne tient pas vrai­ment son pro­gramme. Une fois les pièces dis­posées, le scé­nario entre dans un rythme assez machi­nal, où l’on s’étonne de voir des scènes inté­grale­ment dédiées à la con­ti­nu­ité de l’action, voire au grand spec­ta­cle : com­bats spa­ti­aux (presque pas tein­tés d’humour), final molle­ment moral­iste… Le spec­ta­teur trompe son ennui à la faveur de bons instants comiques : un Dic­ta­teur de Chap­lin tron­qué que les nazis pren­nent pour un court métrage à la gloire du Führer, une Sarah Palin fas­cisante à la tête des États-Unis, un timide délégué fin­landais aux Nations Unies…

Iron Sky est donc un film mal­heureuse­ment plus agréable à racon­ter qu’à voir, empesé de tout un arse­nal nar­ratif plutôt ron­flant qui noie les bonnes idées : on l’aurait préféré plus léger. Rap­pelant à ce titre d’autres décep­tions sim­i­laires (Cow­boys & Envahisseurs), il s’attache très vite à son his­toire, ses per­son­nages, sa nar­ra­tion ; bref, il tombe dans un relatif pre­mier degré, et à peine allumée, l’étincelle orig­inelle s’estompe.