Liber­dade est un quarti­er de São Paulo où se croisent toutes sortes de com­mu­nautés, notam­ment celle nip­pone très nom­breuse. Mais c’est autour du chi­nois Yuda et de son jeune bras droit Kirin qu’est axée l’histoire de Dan­gk­ou. Ils gèrent un énorme empire de marchan­dise con­tre­faite soumis à d’importants risques, et la ruine ne va pas tarder à arriv­er. Entre les procès et les vio­lentes rival­ités de gangs, Yuda va finir par s’éclipser pen­dant que le fougueux Kirin se donne corps et âme pour sauver sans suc­cès ce règne qu’il a plus ou moins hérité. Las de tous ces dan­gers, ils se retrou­vent dans la forêt ama­zoni­enne en quête d’une nou­velle vie et d’une réponse à leurs tra­cas.

L’intrigue – un peu éparpil­lé durant une longueur exces­sive – oscille entre une forme de mys­ti­cisme visuel et une vio­lence assez appuyée telle qu’on en voit dans les films de John­nie To. Les couleurs flu­o­res­centes qui rem­plis­sent le ciel nous emmè­nent du côté des dessins ani­més tels que Drag­on Ball Z. Bref, on a du mal à définir ce film, telle­ment les inspi­ra­tions se croisent et se ques­tion­nent. De cette esthé­tique cri­arde rejail­lit un élé­ment car­di­nal de Dan­gk­ou qui est la ville. Juste­ment, Plas­tic City comme le titre l’indique ; la styl­i­sa­tion visuelle est poussée à son parox­ysme. De la mis­ère ambiante ressort une ville qui paraît par­fois sor­tie d’un jeu vidéo : sa réal­ité est plas­ti­fiée comme l’est la fausse marchan­dise qui fait la for­tune de Yuda. Et pour­tant, dès que l’échec se fait sen­tir, tous les meubles design du lux­ueux loft de Kirin se fra­cassent, don­nant à voir leur essence éphémère. On va des fave­las aux grands blocs de béton armés, de l’austérité de l’architecture de Niemey­er aux apparte­ments japon­isants… Ce décor, beau et ter­ri­fi­ant à la fois, est une sorte d’opium qui englue les per­son­nages. Ces derniers som­breront avec lui, de même qu’ils renaîtront quand celui-ci aura plaqué les grands build­ings pour une forêt purifi­ca­trice.