La famille Park­er, le père, la mère et leur fils de 12 ans, habite la ban­lieue déser­tique de Las Vegas. Lui est ouvri­er, elle serveuse, et l’argent manque. C’est désor­mais raisonnable­ment qu’ils ten­tent encore d’empocher le jack­pot au casi­no, car l’autoritaire Tra­cy (la mère) veille à ce que sa famille mène une vie saine. Résignée ou sage, elle se con­tente de ce qu’elle a, cul­tive fleurs et tomates dans le petit jardin qui entoure la mai­son de tôle. Un jour, un incon­nu apprend aux Park­er que dans ce jardin est cachée la valise rem­plie d’argent de célèbres voleurs. La nou­velle déclenche d’abord un affron­te­ment entre la mère et le père, la rai­son et la croy­ance aux mir­a­cles, avant que cette dernière ne gagne toute la famille. Com­men­cent alors, et ce jusqu’à la fin, des fouilles qui iront crescen­do : père, mère et fils s’adonnent avec fureur à leur obses­sion, la rechercher du tré­sor, et détru­isent leur jardin et leur mai­son. Si la mère finit par se ren­dre à l’évidence (un polici­er leur apprenant qu’ils sont vic­times d’un pari « jusqu’où sont capa­bles d’aller les gens ? »), le père s’enfonce dans sa folie jusqu’à la destruc­tion totale, de l’habitat et de la famille. L’histoire de Vegas, tirée d’un fait réel, est assez effrayante. L’un des intérêts du film est de ren­dre compte de la destruc­tion de la famille essen­tielle­ment via l’évolution du décor que sont mai­son et jardin, pré­caires mais pro­prets au départ, ruines trag­iques à la fin. Les per­son­nages exis­tent par leur intri­ca­tion dans ces lieux, la façon dont ils les investis­sent ren­voy­ant à celle dont ils appréhen­dent leur mode de vie (trop étroit pour le père, suff­isant pour la mère). Les dia­logues sont assez rares, c’est davan­tage par la durée des plans et le juste jeu des acteurs que l’on com­prend ce qui habite les per­son­nages. Naderi s’en tient à cette chas­se au tré­sor : presque aucun per­son­nage sec­ondaire, aucune sor­tie de l’espace insu­laire mai­son-jardin, peu d’explication sur ce que voulait l’homme à l’origine du drame, pas de réso­lu­tion. Cette épure rend plus fort le désas­tre final. La longueur des scènes de fouilles est cepen­dant respon­s­able d’un essouf­fle­ment du film, qui aurait gag­né en force en durant moins longtemps.