Le ciné-club Critikat vous donne ren­dez-vous le jeu­di 25 jan­vi­er à 20h30 aux 3 Lux­em­bourg pour une pro­jec­tion de Peu m’importe si l’histoire nous con­sid­ère comme des bar­bares de Radu Jude, suiv­ie d’un débat ani­mé par Marin Gérard et Corentin Lê. Con­sacré avec Bad Luck Bang­ing or Loony Porn à la Berli­nale en 2021, Radu Jude occupe depuis vingt ans une place sin­gulière dans le ciné­ma con­tem­po­rain. En con­juguant les formes de l’essai filmique et de la farce gogue­narde, le cinéaste roumain excelle dans la pein­ture d’un présent absurde et para­dox­al qui sem­ble avoir per­du la mémoire. Sor­ti en 2019, Peu m’importe… suit dans cette optique les pré­parat­ifs d’une recon­sti­tu­tion his­torique (celle des mas­sacres d’Odessa de 1941, lors desquels 40 000 Juifs et Roms sont exter­minés par le régime fas­ciste roumain d’Antonescu) menée par une met­teuse en scène rapi­de­ment dépassée par sa périlleuse mis­sion. Par le biais de plans très étirés, l’auteur de N’attendez pas trop de la fin du monde creuse chaque sit­u­a­tion jusqu’à la défla­gra­tion pour livr­er un film à la fois éru­dit et scabreux, où la lucid­ité du regard porté sur les événe­ments va de pair avec une forme d’ironie mali­cieuse et explo­sive, prenant toute son enver­gure lors d’un finale sidérant. Chez Jude, exam­in­er l’Histoire implique de s’y plonger tête bais­sée : il faut d’abord s’y abîmer pour la regarder en face.