Le retour de Wim Wen­ders dans la com­péti­tion can­noise, quinze ans après Ren­dez-vous à Palerme, avait de quoi sur­pren­dre au regard de sa forme récente. Per­fect Days ne chang­era pas l’impression que le cinéaste n’a plus beau­coup d’inspiration : Wen­ders suit le quo­ti­di­en d’un homme dont le tra­vail est de net­toy­er les toi­lettes publiques toky­oïtes et qui, entre deux coups d’éponge, con­tem­ple les arbres, les ombres, les reflets lumineux et autres petits riens logés dans les plis de l’ordinaire. Ici, nulle poésie des latrines : tout est lisse, sans accroc, passé à la moulinette d’une mécanique nar­ra­tive dont Wen­ders n’in­vestit pas le poten­tiel.

Les légères vari­a­tions qui sin­gu­larisent chaque journée du per­son­nage ne sont guère formelles, mais d’ordre scé­nar­is­tique : petit à petit, le silen­cieux et apaisé Hiraya­ma (Koji Yakusho) s’ouvre davan­tage à l’autre et se rend compte que la beauté du monde n’é­mane pas que des arbres, mais aus­si des gens autour de lui. Le tout est ryth­mé par une playlist de tubes hyper iden­ti­fi­ables qui achèvent d’aplatir ce réc­it assom­mant de mièvrerie et de lit­téral­ité, mais dont le plus grand défaut reste l’ab­sence de saveur.