Critikat

Le Charme discret de la bourgeoisie

par Mathieu Macheret

Il est vain, sinon impossible, de résumer Le Charme discret de la bourgeoisie, trentième et antépénultième film de Luis Buñuel, le cinquième de sa période française qui, soit dit en passant, assemble une belle collection de chefs-d'œuvre. Que dire ? Que six personnages issus de la haute bourgeoisie, deux couples et deux célibataires, trois hommes (Fernando Rey, Jean-Pierre Cassel, Paul…

43e Cinemed

par Étienne Cimetière-Cano

« Olé ! », scande la salle à la fin du générique du Cinemed. Une exclamation qui dit la joie certaine des spectateurs d’être (à nouveau) ensemble à profiter de la vaste programmation (plus de cent films inédits) du festival. Outre les films en compétition, notons également la présence cette année d’une rétrospective Luis Buñuel composée d’une trentaine de films.…

Cet obscur objet du désir

par Matthieu Santelli

"Ah, vous voulez que nous ne soyons qu’un objet de sensualité, très bien, en tant qu’objet de votre sensualité, nous vous asservirons" disent les femmes. Léon Tolstoï, La Sonate à Kreutzer, 1889. S’il y a bien une chose que l’histoire du cinéma n’a pas occultée, c’est le désir des hommes pour les femmes. Plus précisément pour leur corps. Mais ce…

Tristana

par Max Robin

Neuf ans après Viridiana, Luis Buñuel choisit d'adapter un autre roman de Benito Perez-Galdós pour réaliser son troisième film espagnol. Il tourne Tristana en 1969, à Tolède, la ville où il fut, au début des années 1920, un étudiant facétieux, très occupé à fomenter des farces potaches pour se moquer des curés. Devenu un classique, Tristana reste toutefois occulté par…

Belle de Jour

par Maël Mubalegh

Pour son deuxième long-métrage tourné en France, après Le Journal d’une femme de chambre (1964), Luis Buñuel, avec le concours de Jean-Claude Carrière, adapte de nouveau le texte d’un auteur renommé. Après la verve anarchiste de la Célestine d’Octave Mirbeau, Buñuel accueille l’ingénuité trompeuse de Séverine, l’héroïne du court roman de Joseph Kessel également intitulé Belle de Jour (1928). Sous…

Le Journal d’une femme de chambre

par Mathieu Macheret

Premier des sept films de la période française de Buñuel, Le Journal d'une femme de chambre (1963) est réputé le moins énigmatique d'entre eux. Point d'entrée idéal dans l'œuvre du cinéaste, il détient pourtant une énigme de taille, proprement insoluble : l'impénétrable Célestine, personnage de petite bonne d'une ambiguïté complète, magistralement interprété par Jeanne Moreau. Il existe, au cinéma, plusieurs…

Los Olvidados

par Matthieu Santelli

Film central dans la filmographie de Luis Buñuel, Los Olvidados relie le goût de Buñuel pour le naturalisme social à ses origines surréalistes. Détournant les codes du néoréalisme vers une peinture comportementale des milieux les plus défavorisés, qui tire le film vers une certaine abstraction, Buñuel parvient à filmer la misère dans son aspect le plus terrible : un univers…

La fièvre monte à El Pao

par Benoît Smith

Dans sa sortie annuelle de combos DVD et Blu-Ray de films restaurés et numérisés, Pathé a eu la bonne idée d'inclure un film trop peu cité de Luis Buñuel, La fièvre monte à El Pao. Surtout connu pour avoir offert à Gérard Philipe son ultime rôle de cinéma - et, il faut d'emblée le dire, un grand - avant son…

Luis Buñuel

par Chloé Larouchi, Matthieu Santelli

Arrivé en 1946 au Mexique, Luis Buñuel y a tourné les deux tiers de son œuvre. C'est dire l'importance de sa période mexicaine souvent occultée malgré l'admiration qu'ont suscitée Los Olvidados, Nazarin ou L'Ange exterminateur. La sortie en salles de six de ses films (inégaux) est une sacrée aubaine pour découvrir ce que Buñuel lui-même considérait comme des « amusettes…