De son por­trait d’un jeune aborigène (Aswan Reid) recueil­li par un cou­vent aus­tralien et con­ver­ti au catholi­cisme, The New Boy tire surtout un style tapageur. Des flares omniprésents irisent l’image, tan­dis que le film abuse de plans muets et de ralen­tis sur fond de vio­lons siru­peux. La com­bi­nai­son de cette forme pub­lic­i­taire à une icono­gra­phie catholique exalte con­stam­ment les sym­bol­es religieux, de sorte que le film sem­ble adopter le point de vue des bonnes sœurs (dont une inter­prétée par Cate Blanchett) plutôt que celui de l’enfant, réduit pour sa part à un petit sor­ci­er (il fait appa­raître par magie des billes lumineuses) inca­pable de toute com­mu­ni­ca­tion. Le film évangélise d’ailleurs son per­son­nage, qui développe – à l’instar de la mise en scène – une fas­ci­na­tion obses­sion­nelle pour les représen­ta­tions du Christ, à tel point qu’il est régulière­ment béni par une lumière divine. L’idée que l’en­fant aborigène soit touché par la grâce, en plus de dras­tique­ment min­imiser la vio­lence de sa con­ver­sion for­cée à la foi catholique, offre au film une poignée de séquences con­fi­nant au ridicule : il faut voir l’enfant étaler de la con­fi­ture rouge sur les lèvres d’une stat­ue du Christ pour com­pren­dre le délire fétichiste dans lequel s’enfonce The New Boy.