L’arrivée d’un nou­veau directeur artis­tique d’un grand fes­ti­val est tou­jours scrutée avec une atten­tion plus ou moins bien­veil­lante. Alber­to Bar­bera n’est pas tout à fait neuf ; il a déjà été en effet à la tête de la Mostra, de 1998 à 2002, avant que Mar­co Müller ne lui suc­cède jusqu’à l’édition précé­dente, et de faire ses bagages pour une courte dis­tance : direc­tion Rome, fes­ti­val directe­ment con­cur­rent de celui de Venise. Pre­mier con­stat, la Mostra con­serve son rang avec une com­péti­tion où se crois­eront, entre autres, les films de Paul Thomas Ander­son (The Mas­ter), Olivi­er Assayas (Après mai), Mar­co Bel­loc­chio (Bel­la Addor­men­ta­ta), Bri­an De Pal­ma (Pas­sion), Takeshi Kitano (Out­rage Beyond) ou Ter­rence Mal­ick (To the Won­der). On jugera sur pièce, ain­si que le jury présidé par Michael Mann, mais c’est ce que l’on peut con­sid­ér­er comme une belle affiche, assez fidèle aux équili­bres des dernières édi­tions, entre cinéastes bien iden­ti­fiés et mise en avant d’auteurs qui le sont moins – Kir­ill Sere­bren­nikov (Betray­al) ou Vale­ria Sarmien­to (Lin­has de Welling­ton). Au regard de la pro­gram­ma­tion, l’évolution la plus notable réside sans doute au niveau d’Orizzonti, sélec­tion offi­cielle par­al­lèle con­sacrée aux écri­t­ures ciné­matographiques dites nova­tri­ces. Ces dernières années, cette sec­tion était large­ment ouverte à des œuvres doc­u­men­taires, hybrides ou encore expéri­men­tales (courts et longs), l’occasion de décou­vrir, par exem­ple, les superbes films de Gian­fran­co Rosi (El Sicario – cham­bre 164), Patrick Keiller (Robin­son in Ruins), Ben Rivers (Two Years at Sea) et Ben Rus­sell (Riv­er Rites). Or, il sem­ble que cette ten­dance con­naisse un coup d’arrêt lorsqu’on con­sulte les films pro­posés. Si l’on note la présence d’un doc­u­men­taire de Wang Bing (Three Sis­ters), la fic­tion sem­ble repren­dre ses droits dans des pro­por­tions ain­si très fortes. On jugera égale­ment sur pièce, mais cette évo­lu­tion est a pri­ori regret­table. Le doc­u­men­taire sera pour­tant bien représen­té, mais hors com­péti­tion – pas moins de dix! Il ne s’agit évidem­ment pas de jouer un match idiot fic­tion ver­sus doc­u­men­taire, mais l’intégration de ce dernier dans les com­péti­tions n’a rien d’une audace, il con­stitue une part stim­u­lante de la créa­tion ciné­matographique, le dernier Fes­ti­val de Locarno en fut une belle preuve. Nous jugerons donc sur pièce, et sur place ; comme ces dernières années, Critikat sera présent à Venise pour suiv­re quo­ti­di­en­nement le fes­ti­val. Nous vous don­nons donc ren­dez-vous sur le mini-site habituel, con­sacré à cette 69e Mostra de Venise.