Critikat

Le cinéma français crève l’écran

par Clément Graminiès

Au cours d’un ambitieux travail d’enquête à la fois ample et synthétique, Pauline Escande-Gauquié dresse un état des lieux de la santé du cinéma français. Tout en assumant une certaine subjectivité, l’auteure démonte les lieux communs et se confronte à la réalité économique d’un système qui doit sa spécificité à une complexité unique en son genre. Pour tout apprenti réalisateur,…

Le Mystérieux Docteur Korvo

par Clément Graminiès

Plutôt méconnu dans la filmographie d'Otto Preminger, Le Mystérieux Docteur Korvo ne doit pourtant pas être réduit à une pâle copie du mythique Laura, sorti cinq ans plus tôt. Plus qu'une relation triangulaire ambiguë organisée autour de l'unique et troublante Gene Tierney, le film est une élégante variation aux accents doux-amers sur la part obscure de chacun. Alors que la…

La Porte du Diable

par Clément Graminiès

Pour son premier western (genre auquel on ne cessera de l'associer par la suite), Anthony Mann fait fort : avec La Porte du Diable, il propose une relecture pro-indienne de la conquête de l'Ouest et pose les jalons de ses chefs d’œuvre à venir (L'Appât, L'Homme de la plaine, etc.) nourris d'un goût constant pour l’ambiguïté des sentiments humains. Dans…

La Servante

par Clément Graminiès

Grâce à la World Cinema Foundation fondée par Martin Scorsese, il nous est possible de redécouvrir l’un des films fondateurs du cinéma sud-coréen : La Servante de Kim Ki-young. Réalisée en 1960, soit cinquante ans avant le mauvais remake commis par Im Sang-soo, l’œuvre originale révèle une violence psychologique peu commune dans le cinéma d’alors. La mise en scène tirée…

Le Train

par Clément Graminiès

Pour leur quatrième collaboration, John Frankenheimer et Burt Lancaster s'intéressent à la résistance des cheminots français durant la Seconde Guerre mondiale. Avec l'efficacité narrative qu'on lui connaît, le réalisateur américain perpétue un devoir de mémoire un peu fantasmé, initié par René Clément qui, en 1946 avec La Bataille du rail, rendait déjà un hommage appuyé à ce corps de métier.…

La Porte du Diable

par Clément Graminiès

Pour son premier western (genre auquel on ne cessera de l'associer par la suite), Anthony Mann fait fort : avec La Porte du Diable, il propose une relecture pro-indienne de la conquête de l'Ouest et pose les jalons de ses chefs d’œuvre à venir (L'Appât, L'Homme de la plaine, etc.) nourris d'un goût constant pour l’ambiguïté des sentiments humains. Jusqu'en…

Voie rapide

par Clément Graminiès

Premier long-métrage de Christophe Sahr, Voie rapide sort au cœur de l'été et pourrait bien malheureusement passer inaperçu. Si le pitch – un amateur de tuning soudainement confronté à la culpabilité – avait de quoi effrayer, le résultat est une jolie surprise : loin des clichés sociologiques, le réalisateur tient son sujet à juste distance, épaulé par un trio d'acteurs…

Annalisa

par Clément Graminiès

Premier long-métrage de Pippo Mezzapesa, Annalisa met en scène deux jeunes garçons italiens que tout semble a priori opposer et qui vont pourtant vivre ensemble une aventure peu commune. Surchargeant les deux portraits d’une symbolique qui pèse davantage sur le film qu’elle ne lui offre l’ampleur attendue, le réalisateur s’affranchit difficilement des archétypes et clichés propres à l’adolescence. Veleno et…

Ben-Hur

par Clément Graminiès

Soigneusement rangé au panthéon des films mythiques de nos grands-parents, Ben-Hur marqua le point culminant de la carrière prolifique de William Wyler : avec ses onze Oscars et ses quatorze millions d'entrées en France, l’œuvre fut l'une des dernières grandes démonstrations de la démesure hollywoodienne de l'âge d'or des Studios. Longuet et académique, le film n'a pourtant pas tout perdu…

L’Entraîneuse fatale

par Clément Graminiès

Moins connu que certains des chefs d’œuvre de Raoul Walsh, L'Entraîneuse fatale annonce pourtant (avec Une femme dangereuse, réalisé la même année) des thèmes de prédilection qui marqueront la décennie la plus prolifique du cinéaste, celle des années 1940. Si l'impériale Marlene Dietrich illumine de sa présence ce film sombre, c'est sans conteste sur l'excellent duo Robinson/Raft que repose toute…

To Rome with Love

par Clément Graminiès

Contrairement aux bons vins, Woody Allen vieillit mal et son cinéma avec. Malgré un come-back réussi avec Match Point en 2005, tout le monde sait que le cinéaste new-yorkais s'est considérablement ramolli depuis la fin des années 1990. To Rome with Love, énième carte postale européenne égrainant les quiproquos téléphonés, ne contredira malheureusement pas cette tendance à la paresse complaisante.…

Sixième sens

par Clément Graminiès

En une seule décennie, M. Night Shyamalan est passé du statut de génie précoce adulé par Hollywood à celui d'auteur maudit, enchaînant les échecs au box-office. D'un bout à l'autre de cette période, le réalisateur a pourtant imposé une patte unique, souvent critiquée, où la virtuosité du geste côtoie parfois une fâcheuse tendance à la roublardise. Son plus grand succès,…

Jitters

par Clément Graminiès

Premier long-métrage de Baldvin Zophoníasson, Jitters s’intéresse à une bande d’adolescents islandais qui, pendant les grandes vacances estivales, vit l’expérience de l’indépendance en marge de l’autorité familiale. Avec une vraie empathie pour ses personnages, le réalisateur se risque à un portrait générationnel un peu mal fagoté mais pas déplaisant, tandis que les adultes sont le véritable talon d’Achille de cette…

Le court en dit long – 20e édition

par Clément Graminiès, Théo Ribeton

Si on parle en ce moment beaucoup des courts de Roland-Garros, Critikat.com était cette semaine plutôt occupé par ceux du Centre Wallonie-Bruxelles, qui organisait la vingtième édition du festival « Le court en dit long ». Retour sur cette sélection teintée de mondes en crises, sur ses plus belles propositions, et bien sûr sur notre lauréat : Christine d’Isabelle Schapira.…

L’Emprise du crime

par Clément Graminiès

Connu pour son film-fleuve À l'ouest, rien de nouveau (1930) et son adaptation un brin académique de Steinbeck Des souris et des hommes, Lewis Milestone a toujours su s'entourer d'acteurs emblématiques pour soutenir ses productions auprès du public. Certaines, plus oubliées, méritent pourtant le détour, comme L'Emprise du crime (1946), film noir par excellence, où la culpabilité devient un leitmotiv…

Attaque !

par Clément Graminiès

Pour son cinquième long-métrage, Robert Aldrich reprend la même trame que pour Le Grand Couteau, sorti un an plus tôt. Que ce soit à Hollywood ou sur un champ de bataille, le réalisateur ne cesse de nourrir sa réflexion sur les rapports houleux entre un homme d'une intégrité exemplaire et une hiérarchie qui lui nie son droit de conscience. Plutôt…

L’Aventure de Mme Muir

par Clément Graminiès

Premier grand chef d’œuvre de Mankiewicz, L’Aventure de Mme Muir fait partie de ces grands classiques qui ont marqué l’histoire du mélodrame d’après-guerre. Si le film, sorti en 1947, arrive très tôt dans la carrière du réalisateur de Cléopâtre, il n’en porte pas moins les thématiques que l’auteur n’aura de cesse de développer par la suite. Avec ce portrait d’une…

Troublez-moi ce soir

par Clément Graminiès

À contre-pied de ce que le titre français laisserait présager, Troublez-moi ce soir n'a rien du marivaudage léger entièrement dédié à la plantureuse Marilyn Monroe. Supervisé par un réalisateur qui n'est pas vraiment passé à la postérité, le film ne brille pas pour l'inventivité de sa mise en scène mais reste pourtant une véritable curiosité : avec ce premier grand…

Indian Palace

par Clément Graminiès

Adaptation d'un roman de Deborah Moggach, Indian Palace suit le parcours d'un groupe de sexagénaires venus passer leur retraite en Inde. Entre clichés néo-colonialistes et philosophies de comptoir, le film ressemble à un mauvais circuit touristique organisé par un quelconque tour-opérateur. Le naufrage est évité de justesse grâce à la belle galerie d'acteurs qui, au moins, semble bien s'amuser de…

Dans la chaleur de la nuit

par Clément Graminiès

Un industriel est retrouvé assassiné dans une petite ville raciste du sud des États-Unis où les soupçons se portent automatiquement vers un homme de couleur. En évitant les écueils du film à message, Norman Jewison livre une œuvre sous tension dont le récit classique se révèle d’une redoutable efficacité, le tout porté par un duo d’acteurs très inspiré. En deux…