par
Benoît Smith
Film de fin d'études de l'Allemand Timm Kröger, The Council of Birds est une bonne surprise - la seconde avec The Coffin in the Mountain dans une "Semaine de la critique" qui inspire plutôt la lassitude. Idoinement eu égard à son intrigue, il s'est empreint du ton des nouvelles aux confins de l'étrange qu'on pouvait écrire au carrefour des dix-neuvième…
par
Benoît Smith
Une comédie noire (au sens de "grinçant" mais aussi de "film noir") aussi astucieuse qu'affûtée est arrivée de Chine à la "Semaine de la critique" de la Mostra. Le film noir, plus ou moins comique selon les spécimens, est plutôt en vogue ces temps-ci dans ce pays, comme un gage de dénonciation amère des défaillances des institutions locales à juguler…
par
Benoît Smith
La vision de films français à la Mostra peut être une expérience étrange pour un Français. Bien que la langue soit familière, la compréhension des dialogues est quelque peu perturbée par l'automatisme qui pousse le spectateur à lire malgré tout les sous-titres au bas de l'écran, fussent-ils en italien et en anglais (les sous-titres français n'existant tout simplement pas sur…
par
Benoît Smith
En ces temps où la question du traitement du masculin et du féminin (bref : des genres) met en émoi les factions idéologiques françaises, la distribution du film indien Le Secret de Kanwar (Qissa: The Tale of a Lonely Ghost) pourrait ressembler à un coup opportuniste - hypothèse plausible mais réductrice quant au produit. Malgré le titre français aussi insipide…
par
Benoît Smith
Il y avait beaucoup de monde à la première projection de Fires on the Plain à la Mostra. Comme si, depuis la disparition de Kôji Wakamatsu, les festivaliers avaient besoin de se retrouver autour d'un autre cinéaste japonais indépendant, déjanté de la forme et provocateur (ceci dit, Sono Sion sévit toujours). Shinya Tsukamoto adapte ici un roman de guerre réputé…
par
Benoît Smith
Il y a peu de premiers longs métrages français à la Mostra, mais on peut dire que Terre battue de Stéphane Demoustier y vient représenter une bonne frange de ce qui se fait dans cette catégorie - une frange peu enthousiasmante. Soit des premiers films si peu inspirés et rétifs à la prise de risque qu'ils se verrouillent au niveau…
par
Benoît Smith
Premier long métrage de l'artiste graphique Aditya Vikram Sengupta, Labour of Love narre vingt-quatre heures des vies simultanées de travail d'un homme et d'une femme de Calcutta. Outre les sons environnants, les seules paroles intelligibles sont deux discours off commentant la récession indienne et l'aggravation des inégalités sociales qui en résultent. Les deux protagonistes, eux, ne lâcheront pas un mot,…
par
Benoît Smith
La grisaille de l'environnement urbain (Zagreb), le refrènement initial du jeu des acteurs (très bons) pouvaient facilement laisser présager un ersatz croate des récentes - et inégalement convaincantes - considérations de cinéastes roumains sur un quotidien terne dominé par le fonctionnement rigide des institutions et les aberrations qu'il peut engendrer. Fausse piste : jamais surplombant (ce à quoi quelques films…
par
Benoît Smith
Les chroniques de mafia régionale italienne, ça nous manquait depuis Gomorra. Francesco Munzi s'intéresse ici à la variété venue de Calabre, la 'Ndràngheta. Le début du film intrigue immanquablement, par l'osmose savamment entretenue entre deux espaces qu'on a l'habitude de voir déséquilibrés dans le genre, l'un servant d'arrière-plan ou, au mieux, de refuge à l'autre (même dans la trilogie du…
par
Benoît Smith
Avec de précédents films comme The Pleasure of Being Robbed ou Lenny and the Kids (Go Get Some Rosemary), les frères Safdie ont été un peu montés en épingle comme les figures de proue d'un cinéma indépendant new-yorkais fauché mais énergique, avec John Cassavetes pour ancêtre (on peut associer à ce mouvement Ronald Bronstein, un de leurs collaborateurs réguliers, par…
par
Benoît Smith
Le film d'ouverture d'un festival est rarement le meilleur présage de la qualité de sa sélection. Le nouveau film d'Alejandro González Iñárritu (cinéaste qu'on voit plus souvent hanter le festival de Cannes que la Mostra de Venise) ne fait pas exception. A priori, son sujet pourrait laisser attendre une certaine légèreté par rapport aux étouffe-chrétiens précédents du réalisateur de Babel.…
par
Benoît Smith
Ci-gisent les restes d'un dessert non identifié mais crémeux et goûteux, traces d'un débat passionné entre notre trio (Josué, Nicola, votre serviteur) et la curatrice Natacha Milovzorova. Le sujet : l'œuvre documentaire (certains contestent ce terme) de Joshua Oppenheimer, autrement dit deux films, The Act of Killing et surtout The Look of Silence que nous venions tous de voir pour…
par
Benoît Smith
Certes, l'Hercule de Brett Ratner, vu par le prisme de la bande dessinée un brin iconoclaste dont il est l'adaptation (autrement dit : s'attendre à moult entorses à l'orthodoxie de la mythologie grecque), n'a aucun mal à faire moins de peine que la précédente apparition du demi-dieu à gros bras filmée par Renny Harlin il y a quelques mois. Là…
par
Benoît Smith
Le western est-il mort ? La réponse affirmative s'est depuis longtemps imposée comme acquise dans l'esprit des critiques, en tout cas concernant la forme classique du genre : les mythes fondateurs de l'Ouest américain ne se sont-il pas éteints dans les désillusions de la fin du XXe siècle ? Pourtant, une certaine contestation se lève face à cette triste idée,…
par
Benoît Smith
Il est temps de se méfier des comédies ayant pour scénaristes Scott Neustadter et Michael H. Weber. Après (500) jours ensemble et The Spectacular Now, le tandem poursuit - et porte même à un point sinistrement culminant - une série de comédies romantiques si dominées par un désir d'originalité qu'elles en perdent leur naturel et leur pouvoir d'émotion authentique. Nos…
par
Benoît Smith
Huit heures de sursis est le film qui, en 1947, propulsa son acteur principal James Mason et son réalisateur Carol Reed (à qui l'on devrait Le Troisième Homme) sur la scène internationale du cinéma. On attribuera ce succès à la combinaison de l'interprétation à la fois fiévreuse et spectrale du premier, de la technique impeccable et parfois virtuose du second,…
par
Benoît Smith
Une scène d'ouverture qui précède le logo du studio producteur, un générique de début... Certains détails faussement anodins ne trompent pas. Avec Les Gardiens de la Galaxie, portage à l'écran de personnages maison plus confidentiels que les Avengers, Marvel Studios n'avance pas en terrain complètement connu, ne peut donc pas (pour l'instant) tabler sur l'idée d'un rendez-vous familier avec son…
par
Benoît Smith
"Entré en cinéma" (dit-il comme si c'était dans les ordres) il y a plus de quarante ans, c'est avec discrétion, patience et dévouement que Jean-Jacques Andrien construit une filmographie clairsemée mais pertinente - de documentaire comme de fiction - autour de la terre de Belgique, de ce qui définit le rapport de l'homme à elle. 2014 pourrait aider à remettre…
par
Benoît Smith
Bien qu'on y parle français et qu'on y compte des acteurs comme Maurice Garrel et Nicole Garcia, Le Grand Paysage d'Alexis Droeven, film belge sorti en 1981, aura attendu trente-trois ans pour atteindre les salles françaises. Mieux vaut tard que jamais pour ressortir de l'ombre une œuvre discrète, sensible et belle autour de la perte de la culture paysanne -…
par
Benoît Smith
Qui se souvient de Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti ? L'histoire garde la trace indélébile de ces deux Italo-Américains, condamnés et exécutés en 1927 pour un braquage meurtrier sur des bases ne faisant pas vraiment honneur à la justice américaine - leurs origines et leurs convictions anarchistes ayant joué un rôle inavouablement important dans le verdict qui déclencha un tollé…