Critikat

« Intime Téhéran » : Le Regard / Le Voyage de Maryam

par Arnaud Hée

Quelques semaines après la découverte de Téhéran sans autorisation sur les écrans, la sortie de ce double DVD chez Solaris permettra de mieux envisager la filmographie de Sepideh Farsi. Pour cette exilée vivant en France, l’Iran et Téhéran agissent comme un aimant ; de manière dissemblable, ces deux récits s’apparentent à des quêtes sensibles, mélancoliques et subtiles. Le Regard (2005) et Le…

Dix ans de cinéma – chapitre 3 : Technologies, écrans

par Raphaël Lefèvre, Arnaud Hée

En cette fin d’année 2009, Critikat se penche sur la décennie de cinéma (2000-2009) qui touche à sa fin. S’il y a quelque chose de nécessairement arbitraire à découper ainsi la chronologie, il nous a semblé que de nombreux enjeux cinématographiques sont apparus ou ont été amplifiés dans ce laps de temps, ceux-ci mêlant de manière étroite, complexe et interdépendante…

Les Chats persans

par Arnaud Hée

Quelques semaines après Téhéran sans autorisation de Sepideh Farsi, nous voici à nouveau face à des images venues d’Iran, avec cette même urgence, cette même souffrance d’une frange de la population dans un pays étroitement cadenassé. On est frappé par cette étrange résonance prémonitoire qui fait que les images de la contestation depuis juin 2009 semblent être le prolongement de…

Gamines

par Arnaud Hée

Éléonore Faucher, réalisatrice de Brodeuses en 2004, a lu et aimé le roman de Sylvie Testud. Voici donc l’ouvrage adapté au cinéma par la première, avec la présence de la seconde à l’écran. Une comédie dramatique gentillette, non sans faiblesses mais estimable. Dès l’ouverture, c’est la voix-off de Sybille adulte (Sylvie Testud) qui prend en charge le récit, le sien…

La Fille la plus heureuse du monde

par Arnaud Hée

Avant cela assistant réalisateur (Amen, La Mort de Dante Lazarescu) et remarqué par un court-métrage, The Tube with a Hat (2006), primé dans une flopée de festivals, Radu Jude réalise donc son premier long avec La Fille la plus heureuse du monde. Qu’il se passe des choses bigrement intéressantes en Roumanie n’est plus du tout une découverte, c’est une confirmation,…

Dix ans de cinéma – chapitre 2 : Raconter, représenter

par Raphaël Lefèvre, Arnaud Hée

En cette fin d’année 2009, Critikat se penche sur la décennie de cinéma (2000-2009) qui touche à sa fin. S’il y a quelque chose de nécessairement arbitraire à découper ainsi la chronologie, il nous a semblé que de nombreux enjeux cinématographiques sont apparus ou ont été amplifiés dans ce laps de temps, ceux-ci mêlant de manière étroite, complexe et interdépendante…

Dix ans de cinéma – chapitre 1 : Voir, regarder

par Raphaël Lefèvre, Arnaud Hée

En cette fin d’année 2009, Critikat se penche sur la décennie de cinéma (2000-2009) qui touche à sa fin. S’il y a quelque chose de nécessairement arbitraire à découper ainsi la chronologie, il nous a semblé que de nombreux enjeux cinématographiques sont apparus ou ont été amplifiés dans ce laps de temps, ceux-ci mêlant de manière étroite, complexe et interdépendante…

Téhéran sans autorisation

par Arnaud Hée

Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin que nous parviennent des images d’Iran, où la contestation et la répression se poursuivent loin de la bulle médiatique de l’été dernier. Sepideh Farsi ouvre une fenêtre bienvenue avec un portrait vibrant de la mégapole téhérani filmé quelques mois avant le coup de force des élections présidentielles de juin 2009. Venons-en au fait…

Ten

par Arnaud Hée

Pamphlet dissident, mélodrame flamboyant, méditation sur la liberté, film-essai radical, conte philosophique, installation plasticienne, poème féministe rageur ; Ten est beaucoup de choses à la fois. En 2002, Abbas Kiarostami organisait un impressionnant défrichement des possibles cinématographiques dans un des films essentiels du début du XXIe siècle. Où est la présence de mon réalisateur ? L’habitacle avant d’une automobile, voilà…

Vil Romance

par Arnaud Hée

On croyait avoir tout vu, ou presque, de la « vague argentine », entre cinéastes aujourd’hui confirmés, comme Lucrecia Martel (La Ciénaga, La Niña Santa, La Femme sans tête), ou jeunes pousses déjà plus que prometteuses telles Pablo Fendrik (L’Assaillant, La Sangre Brota) ou Rodrigo Moreno (El Custodio). C’était sans compter sur José Celestino Campusano, réalisateur téméraire et sans concession…

Le Concert

par Arnaud Hée

Un génial chef d’orchestre mis au placard sous Brejnev revient sur le devant de la scène par le biais d’une rocambolesque supercherie. La chose comico-dramatique aurait pu se contenter d’être mal foutue et très vite lassante, elle exhale aussi quelque chose d’abject en terme de vision du monde, ce qui laisse une impression de consternation et de fort malaise. La…

Irène

par Arnaud Hée

Tendre et violent, triste et drôle, aussi bien traversé par le souffle de la vie que celui de la mort, Le Filmeur (2005) transformait un dispositif de "micro-cinéma" en une très grande œuvre, un présupposé journal intime prenant la forme d’une profonde et généreuse méditation adressée à chacun. Irène reprend le même dispositif et fait de la mini-DV un medium…

Michael Haneke

par Arnaud Hée

Il est des cinéastes dont les films pourraient être assimilés à des mains tendues, Nanni Moretti ou Abbas Kiarostami sont de ceux-là. Michael Haneke est plutôt un adepte de la gifle administrée au spectateur, quand ce n’est pas carrément la fessée. D’où la propension de certains à être plus qu'irrités par le cinéaste autrichien (signalons que ceux-là sont nombreux au…

Katalin Varga

par Arnaud Hée

Dans une bucolique campagne d'Europe orientale, une jeune femme déshonore son mari. Elle se retrouve sur la route avec son fils pour un périple chargé d’un passé traumatique. En dépit de ses qualités, ce film fauché (tournage financé par un héritage, suivi de quatre années d'une très incertaine post-production) s’avère bancal et ne parvient pas à se rendre libre vis-à-vis…

Le Dernier pour la route

par Arnaud Hée

La réussite sociale, une femme élégante et un beau garçon ; rien n’y fait, Hervé est gravement alcoolo, jusqu’au bout des ongles. Le Dernier pour la route est le récit du combat pour s’arracher à cette dépendance. Une tranche de vie pleine de courage qui se signale avant tout par une absence totale d’intérêt cinématographique, notamment parce qu’elle ne se…

Violent Days

par Arnaud Hée

Avant de trouver le chemin de la distribution en salles, Violent Days a voyagé plusieurs années autour du monde, de festivals en festivals (dont, dès 2004, Entrevues à Belfort, où il obtint le Grand Prix). Si elle a tout de l’OVNI cinématographique, la proposition de Lucile Chaufour a bien d’autres qualités à faire valoir que celles d’une bête de foires…

Rien de personnel

par Arnaud Hée

Un peu plus d’un an après son déclenchement, on se doutait bien que la tempête économique serait un sacré filon pour le cinéma ; que ce soit pour dénoncer, parodier, faire rire ou pleurer dans les chaumières. Déjà, fin 2008, Louise-Michel s'avérait un pavé dans la mare particulièrement jouissif. Mathias Gokalp parvient à tirer de ces considérations un premier long-métrage…

Le Miroir de Andreï Tarkovski

par Arnaud Hée

Depuis 2005, les éditions Yellow Now ont pris l’habitude de livrer de petites monographies autour de films majeurs dans la collection Côté films, avec une approche souvent originale. Le Miroir, considéré comme l’œuvre la plus personnelle d’Andreï Tarkovski, avait été oublié jusqu’ici. La chose est désormais réparée par Jean-Christophe Ferrari. L’excellente préface d’Antoine de Baecque, comme souvent à son aise…

Léger tremblement du paysage

par Arnaud Hée

Si Léger tremblement du paysage n’émane pas du collectif pointligneplan, on peut aisément l’apparenter à un cinéma plasticien et de recherche. Philippe Fernandez est artiste multimédia, mais aussi musicien et enseignant, et propose au menu de son premier long-métrage : futurisme bout de ficelle, patascience et ode à la révolution, copernicienne ou non. Un film-objet quelque peu systématique dans son…

La Cámara Oscura

par Arnaud Hée

Dans la famille du nouveau cinéma argentin apparu depuis dix ans, voici María Victoria Menis. En adaptant la nouvelle éponyme d’Angélica Gorodischer, la réalisatrice évoque le destin d’une immigrante juive à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, dont la laideur fait l’unanimité jusque dans sa famille. L’enjeu dramatique est ici finalement assez mince : la beauté…