Il y a peu de sur­prise dans la dernière sélec­tion des films en com­péti­tions pour la céré­monie des Oscars : l’in­ter­sidéral Grav­i­ty obtient dix nom­i­na­tions, tout comme Amer­i­can Bluff (réal­isé par David O. Rus­sell, auteur du char­mant Hap­pi­ness Ther­a­py) et, non loin, 12 Years a Slave qui boucle la boucle d’un ciné­ma améri­cain tou­jours pas­sion­né par ses obses­sions nationales (l’homme face au vide, le scan­dale pub­lic, la mémoire tor­turée). Nous ver­rons bien Scors­ese arpen­ter la car­pette rouge, tan­dis qu’Alexan­der Payne pour­suit, non sans incom­préhen­sion pour cer­tains, son ascen­sion au milieu des cinéastes recon­nus.

Du côté des acteurs, c’est la foire aux rôles à Oscar (un esclave, deux truands, un trad­er cocaïné…) tan­dis que le cast­ing féminin sem­ble écrasé par la présence de San­dra Bul­lock et de Cate Blanchett, dont les inter­pré­ta­tions chez Cuarón ou Allen sem­blent être bien au-dessus de la mêlée.

Du côté des films étrangers, il n’y aura pas de représen­tant français (et c’est tant mieux, le seul plan­plan Renoir était dans le dernier car­ré) ; c’est dans la caté­gorie des films d’an­i­ma­tion que l’Hexa­gone appa­raît, avec la belle adap­ta­tion d’Ernest et Célés­tine, dont l’équipe devra se ser­rer les coudes face aux géants Miyaza­ki (Le vent se lève) et Dis­ney (La Reine des neiges). Espérons que la céré­monie 2014 saura récom­penser les épopées human­istes comme les petites beautés en éclo­sion.