Dif­fi­cile d’être bien­veil­lant face à un pre­mier film qui, sous son appar­ente fraîcheur, s’en remet déjà à des recettes éculées. Tiger Stripes, présen­té par Ava Cahen, la déléguée générale de la Semaine de la Cri­tique, comme un croise­ment entre Junior de Julia Ducour­nau et Trop­i­cal Mal­a­dy d’Apichatpong Weerase­takul, ressem­ble plutôt un à sous-Car­rie de fes­ti­val sans la moin­dre once de sin­gu­lar­ité, si ce n’est sa prove­nance géo­graphique. Soit l’histoire de Zaf­fan, une jeune malaisi­enne dont le corps con­naît à la puberté d’autres trans­for­ma­tions plus éton­nantes. De ce principe à l’o­rig­i­nal­ité dis­cutable (rien qu’au dernier fes­ti­val de Cannes, Le Règne ani­mal tablait sur un pro­gramme ana­logue), le film tire une sim­ple super­po­si­tion de gen­res (le com­ing of age movie s’y mélange avec le film d’horreur), agré­men­tée de quelques gad­gets – les scènes filmées au télé­phone – qui masquent mal le manque cri­ant d’inspiration de la mise en scène.

Dès qu’il s’agit de filmer le corps mon­strueux de Zaf­fan, la réal­isatrice opte pour une ellipse ou s’en remet à des effets approx­i­mat­ifs (son corps qui monte aux arbres en accéléré) et des pro­thès­es en latex. On souf­fre devant le spec­ta­cle de la jeune actrice qui se démène tant bien que mal, au cœur de plans désaf­fec­tés, pour combler l’incapacité de la réal­isatrice à insuf­fler au réc­it le souf­fle dont il avait besoin.