Tout juste séparé de sa copine aus­si pop­u­laire que lui, Sut­ter ren­con­tre un matin la jolie et dis­crète Aimee, qu’il fréquentera pour le reste de l’année sco­laire. Le sché­ma de cette comédie roman­tique ado­les­cente est le même que tant d’autres : soit un garçon pop­u­laire, cool mais intel­li­gent, qui va tourn­er le dos au chemin pré­ten­du­ment tracé pour lui en s’ouvrant à une jeune fille qui ne lui ressem­ble pas, et lui fera pren­dre con­science que le sens de la vie et des sen­ti­ments est ailleurs.

Bluette lycéenne assez anec­do­tique, The Spec­tac­u­lar Now cherche tout de même à dépass­er la banal­ité de son réc­it de deux façons. La pre­mière, et on doit bien recon­naître cette qual­ité d’écriture aux scé­nar­istes Scott Neustadter et Michael H. Weber (à l’origine de la romance (500) jours ensem­ble en 2009), s’incarne chez les deux pro­tag­o­nistes. La pein­ture des car­ac­tères a pri­ori si con­venus (le lycéen pop­u­laire et fêtard, la gen­tille timide) est faite avec une agréable sub­til­ité, accen­tuée encore par la finesse des deux jeunes acteurs, Miles Teller (Rab­bit Hole, Foot­loose, Pro­jet X) et Shaileene Wood­ley (The Descen­dants). Ils parvi­en­nent à débor­der les stéréo­types de l’anecdote, incar­nant con­tre toute attente leurs per­son­nages avec un naturel sur­prenant. C’est Aimee surtout, jeune fille sim­ple et gen­tille, qui offre pour une fois une belle image de la dis­crète lycéenne jusque-là lais­sée pour compte.

L’autre aspect auda­cieux du film de James Pon­sol­dt est celui qui lui donne son titre : l’inattendu. À quelques repris­es (mais quelques repris­es seule­ment, rares et peu exploitées), le scé­nario brise l’écoulement prévis­i­ble du réc­it, y insérant acci­dent stupé­fi­ant ou éclat imprévis­i­ble. Le plus réus­si, d’ailleurs, est que ces sur­sauts inat­ten­dus sont presque sans con­séquence pour la trame nar­ra­tive – valant pour leur ancrage con­cret unique­ment. Ain­si les scé­nar­istes sig­nent-ils une fic­tion réal­iste, qui se tire tant bien que mal des clichés qui la ron­gent. Bien menée et agréable, la romance est promet­teuse, mais reste plus anec­do­tique que spec­tac­u­laire ou sai­sis­sante.