Si Le Proces­sus de paix repose sur un argu­ment plutôt ludique – Simon et Marie, cou­ple en déroute, déci­dent d’établir une liste de com­man­de­ments à respecter pour redress­er la barre –, ce dernier n’in­nerve que briève­ment un film insipi­de. Pour dynamiser sa mise en scène quel­conque (cas­cade de gros plans, séquences mon­tées comme des clips et soirées dansantes filmées au ralen­ti), le film s’en remet à une inten­sité de façade, entre acteurs con­traints de vocif­ér­er et sit­u­a­tions chao­tiques plus ou moins inspirées (l’irruption de la bruyante famille de la sœur de Simon, une crise de diar­rhée, etc.).

Si cer­tains comé­di­ens parvi­en­nent à tir­er mal­gré tout leur épin­gle du jeu (Damien Bon­nard bondis­sant comme un suri­cate au son de l’interphone, Jeanne Bal­ibar en nymphomane « repulpée de partout »), Camille Chamoux, l’interprète de Marie, incar­ne quant à elle ce goût du sur­régime, en vam­pirisant des scènes qui tour­nent vite au numéro de stand-up. Il faut alors se con­tenter des rares moments où Le Proces­sus de paix dégage de cette agi­ta­tion un embry­on de fan­taisie, comme son tout dernier plan (des gyrophares de police font office de boule à facettes lors d’une longue étreinte) ou un rac­cord dis­cret, mais éton­nam­ment à‑propos, entre la prom­e­nade d’un Damien Bon­nard hagard et la nage d’un laman­tin sere­in dans son aquar­i­um.