Le Dernier Exor­cisme a con­sti­tué, en 2010, un joli retour sur investisse­ment pour ses pro­duc­teurs. Logique, donc, que nous voyions poindre aujour­d’hui ce 2 qui aban­donne le principe du found footage au prof­it d’une his­toire de pos­ses­sion bien dans la tra­di­tion. Dom­mage, car le prin­ci­pal attrait du pre­mier tenait avant tout à son approche orig­i­nale du “genre” (si on peut appel­er ain­si la mode du found footage). (Presque) rien de neuf sous le soleil du film de pos­ses­sion donc.

Faire une suite au Dernier Exor­cisme, avouons que c’est rigo­lo. Mais, au-delà du ton nar­quois que suite ain­si titrée peut sus­citer, admet­tons que l’idée se tient. Le pre­mier Dernier Exor­cisme[1] suiv­ait les pas d’un prédi­ca­teur flam­boy­ant filmé pour un reportage. Sur­prise, le bon­homme est un char­la­tan de pre­mière, et l’avoue sans ambages. Une fois les con­gré­ga­tions locales dûment soulagées de leurs espèces son­nantes et trébuchantes, voilà notre équipe en route pour une mai­son isolée, dans laque­lle une famille est con­fron­tée à ce qu’ils croient être la pos­ses­sion. Pas­sons sur la con­clu­sion du pre­mier volet – il fau­dra cepen­dant révéler que la pré­ten­due pos­sédée a survécu, et est aujour­d’hui sur la voie de la réin­ser­tion. Pour autant, le démon qui l’au­rait déjà approchée sem­ble ne pas en avoir fini avec elle…

Exit, donc, les idées amu­santes de mise en scène du pre­mier épisode : Le Dernier Exor­cisme 2 ne fait aucune faute dans son par­cours prévis­i­ble. Dif­fi­cultés d’adap­ta­tion, pre­mières amies, épanouisse­ments, pre­mier ren­dez-vous (évidem­ment, dans un zoo), trou­bles sus­cités par les pre­miers émois sex­uels – tout y passe, avec un léger sous-texte réac (le sexe, c’est MAL). Sans qu’on s’en­nuie plus que ça, le réc­it au par­cours éprou­vé ne pas­sionne guère, d’au­tant que le réal­isa­teur, Ed Gass-Don­nel­ly, n’in­nove pas vrai­ment, jouant à out­rance des jump scares aux gros effets sonores (vous voyez le genre ? “BOUH !” – en fait non, c’é­tait un chat…) et des sil­hou­ettes-inquié­tantes-trou­bles-entre­vues-au-sec­ond-plan. S’il était par­faite­ment inin­téres­sant, le récent Pos­sédée ten­tait mal­gré tout de renou­vel­er l’ha­bil­lage formel et thé­ma­tique – un scrupule dont ne s’embarrasse pas Le Dernier Exor­cisme 2… jusqu’à une con­clu­sion, pour le coup, assez inat­ten­due.

Mai­gre con­so­la­tion, cepen­dant, à la perte de temps assez grossière que con­stitue Le Dernier Exor­cisme 2 – perte d’ar­gent, égale­ment, puisque les recettes du film aux États-Unis sem­blent assur­er que les pro­duc­teurs ne se lanceront pas dans l’aven­ture d’un hypothé­tique troisième volet. Au vu des dernières min­utes du film, c’est finale­ment assez regret­table.

Notes

Notes
↑1 Oui, je le fais exprès. D’ac­cord, j’ar­rête.