Une série de courts métrages d’an­i­ma­tion à la fac­ture sim­pliste et sans pré­ten­tion artis­tique con­te avec un cer­tain décalage les aven­tures rocam­bo­lesques d’an­i­maux tous aus­si far­felus les uns que les autres. Réal­isés par des ani­ma­teurs venus d’hori­zons divers (pays, par­cours, âge), ces fab­ulettes par­lent autant de la pol­lu­tion sonore, de l’ami­tié entre un petit garçon et deux héris­sons que des dif­fi­cultés pour un lion, un renard et une vache à s’en­ten­dre amoureuse­ment.

Après Fables d’été, Fables d’hiv­er, sor­tie en 2005, les Fab­uleuses Fab­ulettes renoue avec le thème de la ferme en délire. Du dessin ani­mé tra­di­tion­nel à la 2D retra­vail­lée sur ordi­na­teur en pas­sant par les papiers découpés, ces cinq courts ont le juste mérite d’être attrac­t­if et de com­bin­er un graphisme sobre et un design min­i­mal­iste. Les ban­des sonores sont ciselées avec pré­cau­tion (aucun dia­logue) et le bruitage illus­tre impec­ca­ble­ment les gestes et les réac­tions des ani­maux.

Dans Les Fables en délire (Fab­rice Luang-Vija), trois bêtes issues d’un milieu géo­graphique dif­férent (vache ou cochon, renard ou loup, lion ou éléphant) ten­tent de s’aimer, se détes­tent, se bagar­rent, chipent leur repas, font de drôles de rêves et n’en finis­sent jamais d’ex­plos­er à la fin de chaque court. Une vio­lence éton­nante qui rap­pelle de loin en loin l’idée même de fable : sym­bol­ique ani­male, vivac­ité et ressorts comiques. Un côté «guig­nol» – je te tape, tu me tapes – par­court égale­ment ces rocam­bo­lesques aven­tures qui finis­sent mal mais avec ô com­bi­en de moral­ité. Cepen­dant, les deux courts par­ti­c­ulière­ment réus­sis et qui pour­raient de fait intéress­er un spec­ta­teur plus haut que trois pommes sont Luno­lin, petit nat­u­ral­iste et L’Oiseau à réac­tion. Si le pre­mier joue beau­coup avec le cadre et la com­po­si­tion du cadre (util­i­sa­tion de split-screen), les prob­lèmes de taille entre un petit garçon et deux héris­sons, le sec­ond est un con­te déli­cieuse­ment jazzy avec trois oiseaux qui tapent du pied et font des ailes pour se faire enten­dre en musique. Dans les deux cas, la fac­ture graphique fonc­tionne fort bien et les ani­maux ont leur petite âme au creux de leur pelage. Voici donc un pro­gramme tout mignon mais dédié exclu­sive­ment aux touts petits.