Nav­i­gant entre une pro­duc­tion Dis­ney pour la mièvrerie rance et Gos­sip Girl pour le luxe tapageur et de mau­vais goût, Bien­v­enue à Monte-Car­lo fait l’éloge de la super­fi­cial­ité sous cou­vert de la dénon­cer. Mais au lieu de jouer la carte de la déri­sion et de l’excès d’une franche comédie, le film s’embourbe dans une romance pathé­tique. Paris, l’amour, la France, l’argent, les rich­es, les pau­vres, tous les clichés les plus éculés se bous­cu­lent au por­tillon avec un sérieux affligeant. Seule réus­site : la pub­lic­ité géante pour la prin­ci­pauté de Mona­co qui essaie d’acheter sa crédi­bil­ité ciné­matographique et d’alpaguer au pas­sage quelques richissimes touristes. Navrant.

Grace, Meg et Emma, trois jeunes copines tex­anes vont enfin réalis­er leur rêve : pass­er quelques jours à Paris. Mais une fois les filles arrivées en France, suite à un quipro­quo, Grace est prise pour une richissime héri­tière odieuse. Le trio saisit l’occasion de ces vacances améliorées, quitte Paris et débar­que en grande pompe à Mona­co. Elles vont men­er la grande vie (waouh !) puis déchanter (snif…) et s’apercevoir finale­ment que tout ce luxe ne fait pas le bon­heur et la sincérité des sen­ti­ments (émo­tion !).

Grâce à Bien­v­enue à Monte-Car­lo, la notion de film téléguidé, émo­tion­nelle­ment et scé­nar­is­tique­ment prend tout son sens. Sans aucune sur­prise, les séquences s’enchaînent avec une prévi­sion métronomique. Même les dia­logues (et les pseu­do-sail­lies comiques) son­nent creux. Quant aux actri­ces, elles minau­dent autant que faire se peut. Côté clichés, vous ver­rez une baguette, un béret, Mont­martre et la tour Eif­fel, et vous enten­drez même un coup d’accordéon. Mais si vous pensez que la mise en scène frôle le zéro absolu, vous aurez tort car le film n’oublie pas son cahi­er des charges com­mer­cial : le place­ment de pro­duits.

Évidem­ment, les mar­ques luxe parsè­ment l’écran de sacs à main, escarpins et autres den­rées des­tinées à la jeune gent fémi­nine. Pas néces­saire­ment dis­cret, ce type de place­ment ne boule­verse pas les habi­tudes du pub­lic. Sex and the City en a usé jusqu’à plus soif. Mais Bien­v­enue à Monte-Car­lo passe un cap (ou dépasse les bornes, c’est selon votre degré de tolérance). Lors d’une scène en avion privé, le mon­tage et surtout le cadre oublient la notion de ciné­ma pour se four­voy­er dans la plus indi­gente des pub­lic­ités. Le cadrage sur Grace appa­raît comme un peu trop large, mal équili­bré. Et pour cause, il a fal­lu faire entr­er une bouteille d’eau gazeuse à côté de l’actrice. Le mon­tage qui alterne des plans sur Meg et Emma et des plans sur Grace met ain­si en scène non pas la dis­cus­sion des filles mais bien une bouteille. À plus de dix repris­es, cet hor­ri­ble cadrage se sub­stitue au plan bien tail­lé qui aurait dû s’imposer. Les exem­ples de cette débauche pub­lic­i­taire sont légion (même s’ils sont moins fla­grants) à part le pro­duit-phare du métrage : la prin­ci­pauté de Mona­co.

Véri­ta­ble tour d’horizon des hauts lieux du tourisme moné­gasque, le film parvient presque à faire oubli­er les péripéties des pau­vres Améri­caines au prof­it d’une carte postale d’une opu­lence déplacée. Bien­v­enue à Monte-Car­lo est une comédie pas drôle, une romance foireuse, mais rarement un film aura aus­si bien porté son titre.