Après deux suc­cès au box-office (les mémorables Fast & Furi­ous et xXx) et autant de bides (les non moins mémorables Un homme à part et Les Chroniques de Rid­dick – qui, con­traire­ment à ce que son titre laisse enten­dre, n’a rien de lit­téraire), l’ac­teur le plus mono­lithique d’Hol­ly­wood peine à jus­ti­fi­er ses cachets mirobolants. Pour se sor­tir de ce mau­vais pas, une seule option : la comédie pipi-caca, un vrai genre à elle toute seule. Le pub­lic améri­cain raf­fole de ces films à l’hu­mour scat­ologique dans lesquels ses héros s’au­topar­o­di­ent jusqu’à l’hu­mil­i­a­tion, comme s’ils trou­vaient dans ces exer­ci­ces d’aut­ofla­gel­la­tion une forme d’ex­u­toire.

Pau­vre Vin, qui a dû se dire que ce qui a marché pour Schwarzeneg­ger pour­rait fonc­tion­ner pour lui. Le crâne aus­si luisant qu’une balle de golf, la moue éter­nelle­ment boudeuse, Vin-le-ter­ri­ble nous revient donc avec le bien nom­mé Baby-Sit­tor, dans lequel il joue le rôle d’un agent spé­cial du FBI qui, chargé de pro­téger des enfants, se fait pass­er pour une nounou. Au pro­gramme de ces réjouis­sances : pets, rots, canard incon­ti­nent et bons sen­ti­ments à la pelle. Rien que du bon­heur. Sur l’af­fiche, le comé­di­en pose au milieu de gamins brailleurs et biberons bien rem­plis, l’air un peu navré d’être là. On pour­rait se dire qu’Hol­ly­wood est un univers impi­toy­able et qu’au­cun être humain, même Vin Diesel, ne mérite une chose pareille, mais la bonne nou­velle pour lui, c’est que le film a rap­porté plus de 100 mil­lions de dol­lars au box-office améri­cain, replaçant illi­co l’ac­teur sur la courte liste des stars « bank­able » (qui rap­por­tent des sous, en argot de pro­duc­teur). La mau­vaise nou­velle pour nous, c’est que l’on n’a pas fini de se fad­er des pro­duits de ce genre. Espérons que, con­traire­ment à son illus­tre mod­èle autrichien, Vin Diesel n’ait pas de vel­léités politi­ci­ennes…