Folklore joyeux

On pou­vait crain­dre que ce nou­veau pro­gramme de courts métrages polon­ais à des­ti­na­tion du très jeune pub­lic (à par­tir de 3 ans) sor­ti par Malavi­da à peine un an après le pre­mier MinoPol­s­ka, ne fasse un peu les fonds de tiroir de l’animation des années soix­ante. Heureuse sur­prise, il n’en est rien. On peut même dire que cette nou­velle com­pi­la­tion s’avère plus joyeuse que la précé­dente dont cer­tains films présen­taient une imagerie un peu grise voire franche­ment datée. Au lieu de don­ner de l’unité au pro­gramme, cela aplatit un peu les films.

Comme dans tous les pays qui ont, à cette époque-là, dévelop­pé des écoles et stu­dios pour un ciné­ma péd­a­gogique (on peut penser aux stu­dios de Shang­hai, au Kanun iranien, aux stu­dios russ­es ou encore à l’ONF québé­cois), la dimen­sion folk­lorique s’impose au pre­mier plan. Les jeunes filles blondes chantent gaiement en allant récolter le blé ; elles y ren­con­trent de vail­lants garçons, tout aus­si ent­hou­si­astes aux travaux des champs. Ces tableaux de la vie vil­la­geoise jouent des motifs des tis­sus tra­di­tion­nels et s’animent dans des aplats de couleurs vives.

Tout comme le pro­gramme précé­dent, celui-ci fait vari­er les tech­niques d’animation, les sujets intimistes ou les pein­tures de la société (for­cé­ment joviale et acquise aux valeurs de tra­vail et d’entraide). Ain­si, Rexy (aus­si con­nu sous le nom de Rek­sio, que le Forum des Images avait pro­gram­mé dans un ciné-con­cert voilà quelques années), chien de ferme héros d’une série de films, dans lequel il veille à la bonne entente de la com­mu­nauté.

Jeux de formes

Ani­ma­tion de jou­ets, jeux entre enfants et ani­maux met­tent en avant une vie sim­ple et joyeuse. Ce qui relie ces quelques films d’auteurs dif­férents, c’est leur goût com­mun pour une mise en abyme mali­cieuse des tech­niques d’animation ain­si que pour les effets de sur­prise sur les déplace­ments des per­son­nages. Créée à par­tir de matéri­aux et d’esthétiques aus­si sim­ples que la vie qu’elle décrit, l’animation est pré­texte à jouer sur les formes. C’est le cas du jeu du chat et de la souris auquel se livrent les deux per­son­nages du pre­mier film, dans lequel le chat présente l’avantage sur sa proie (ou le désa­van­tage) d’être un dessin (dans le dessin). Son con­tour prend vie, empris­onne la souris ou se laisse pren­dre à ses pièges, et le jeu totale­ment déréglé sur la mise en abyme de la forme dans une mal­ice s’approche par moments de la folie d’un Tex Avery.

Il est par­fois dom­mage que ces très belles idées d’animation ne tien­nent pas tou­jours le rythme et que la musique (comme les ajouts du dis­trib­u­teur d’une voix qui résume un peu inutile­ment les films sur leur car­ton de titre) soient d’une uni­for­mité qui aplatit l’ensemble. Ces cinq petits films n’en restent pas moins de belles décou­vertes.