Comé­di­en sym­pa­thique vu dans quelques films estimables (Ressources humaines, Le Petit Lieu­tenant, Le Promeneur du Champ-de-Mars, entre autres), Jalil Les­pert s’est déjà piqué de réal­i­sa­tion en 2007 avec un 24 mesures de triste mémoire, car­i­ca­ture lour­dingue de drame psy­chologique. Avec son cast­ing de vedettes et son pedi­gree vague­ment pres­tigieux, Des vents con­traires se présente d’emblée comme un diver­tisse­ment de belle fac­ture, plein de tour­ments et de mys­tère, d’in­ten­sité et de larmes : pour preuve, il est adap­té d’un roman d’O­livi­er Adam, lui-même co-auteur du scé­nario (avec Les­pert et Mar­i­on Laine) après avoir écrit ceux de deux gros suc­cès du box-office français de ces dernières années, Wel­come et Je vais bien, ne t’en fais pas.

On retrou­ve d’ailleurs dans Des vents con­traires le goût du romanci­er pour les intrigues à chausse-trappes, ancrées dans un con­texte social bien défi­ni (ici, la province, sa petite bour­geoisie et ses lais­sés-pour-compte) et prenant pour pré­texte une énigme poli­cière pour évo­quer la com­plex­ité des rap­ports humains (amour, ami­tié, famille, etc.). Soit l’his­toire de Paul Anderen (Mag­imel, atone), écrivain à la peine depuis la dis­pari­tion inex­pliquée de sa femme (Audrey Tautou) suite à une engueu­lade. Quit­tant Paris avec ses deux jeunes enfants pour une mai­son famil­iale en bord de mer, Paul retrou­ve son frère (Antoine Duléry), se lie d’ami­tié avec un démé­nageur en pleine crise famil­iale (Ramzy Bedia, pas mal dans un con­tre-emploi) et essaye, avec l’aide d’une flic (Isabelle Car­ré) de faire la lumière sur des appels anonymes qui pour­raient avoir un lien avec sa femme.

Vaste pro­gramme, illus­tré avec monot­o­nie par une mise en scène qui se con­tente de coller plate­ment à un scé­nario trop dis­per­sé, bour­ré d’in­trigues sec­ondaires sou­vent bâclées (la liai­son du héros avec une jeune fille trop jeune pour lui, piste intéres­sante mais pas du tout dévelop­pée ; le kid­nap­ping d’un enfant par son père) et de per­son­nages trop figés pour éveiller le moin­dre intérêt. Des vents con­traires se regarde comme un mod­este télé­film, sans déplaisir mais avec si peu d’am­bi­tion esthé­tique ou nar­ra­tive qu’il est ten­tant de dress­er sa liste de cours­es et de régler ses fac­tures EDF entre deux scènes. Le dénoue­ment, usant mal­adroite­ment d’un fait divers récent comme d’un élec­tro­choc pour le spec­ta­teur comme pour les per­son­nages (insup­port­able scène de douleur famil­iale), enfonce un peu plus le clou : Jalil Les­pert, comé­di­en sym­pa­thique sûre­ment, mais réal­isa­teur tout à fait dis­pens­able.