Mari­na Hands et Julien Doré se ren­con­trent lors d’un fes­ti­val folk­lorique, se per­dent de vue, se retrou­vent, se sépar­ent, etc. Un tour­bil­lon de rebondisse­ments qui tombent à plat et de per­son­nages sec­ondaires aux­quels on a du mal à s’at­tach­er.

Si vous aimez d’habi­tude la fan­taisie légère quoique par­fois un peu brouil­lonne des films de Pas­cal Thomas, si vous voulez con­serv­er cette empathie intacte, il va vous fal­loir pass­er votre chemin et ne point pos­er vos regards sur le com­plet ratage que con­stitue Ensem­ble nous allons vivre… Le film bâcle tout, ne s’ar­rête sur rien et nous impose ain­si son rythme pous­sif, qui s’alour­dit de séquence en séquence. Les per­son­nages sec­ondaires voulus hauts en couleur, de Bernard Menez en coif­feur à Noémie Lvovs­ki en nymphomane se suc­cè­dent en une valse dép­ri­mante et gra­tu­ite, exé­cu­tant cha­cun leur petit numéro avant de dis­paraître totale­ment de l’his­toire. Cette idée est à l’avenant d’un film qui con­fond de bout en bout la fan­taisie débridée avec un pit­toresque de pacotille, à l’im­age du fes­ti­val folk­lorique qui sert de théâtre à la ren­con­tre des pro­tag­o­nistes.

Le film hési­tant sans cesse entre fausse can­deur et curiosités région­al­istes, on est sans cesse gêné par les presta­tions désor­don­nées des deux acteurs prin­ci­paux. Suf­fit-il d’adopter un accent du Sud pour jouer la comédie? Vis­i­ble­ment non. Loin de séduire au même titre que les per­son­nages « avec accent » d’Alain Guiraudie, les into­na­tions for­cées de Julien Doré pren­nent l’in­sup­port­able apparence d’un tic inutile et ridicule. Il est éton­nant que Pas­cal Thomas se con­cen­tre sur cette idée de jeu, au vu du peu d’at­ten­tion qu’il porte au mix­age sonore. Entre des bruitages trop appuyés, une post­syn­chro­ni­sa­tion faite à la tru­elle, et la propen­sion à nap­per le film entier d’une petite musique sautil­lante (et agaçante), la bande-son s’avère d’une pro­fonde indi­gence.

Dans La Dilet­tante, Pas­cal Thomas van­tait avec bon­heur, via le per­son­nage tour­bil­lon­nant inter­prété par Cather­ine Frot, les bien­faits du dilet­tan­tisme, et on sup­po­sait déjà que c’é­tait au fond de l’in­con­stance et l’in­sa­tia­bil­ité du cinéaste qu’il était ques­tion. Avec Ensem­ble nous allons vivre…, il nous en dévoile mal­heureuse­ment les tra­vers irré­para­bles.