Fabi­en Onte­niente n’est pas ce qu’on peut appel­er un réal­isa­teur qui prend des risques. Après avoir sur­fé sur le suc­cès de la France en Coupe du monde de foot­ball avec son édi­fi­ante comédie 3 zéros, après nous avoir abreuvés de deux épisodes sur la Jet Set – plus Pédale douce que por­trait au vit­ri­ol du monde de la bour­geoisie déca­dente –, après avoir sur­fé sur la vague de protes­ta­tion de 1995 pour nous pon­dre un ris­i­ble Grève par­ty, voilà que le tâcheron de la comédie pop­u­lo nous livre une énième vari­ante du beauf moyen ver­sion Bronzés pre­mière généra­tion, les répliques drôles en moins.

Comme son titre l’indique, Camp­ing se passe dans un camp­ing (jusque-là, le scé­nario reste sim­ple) où plusieurs cou­ples et per­son­nages pit­toresques (ah! Patrick Chirac – sans lien de par­en­té – incar­né par Franck Dubosc, tout un pro­gramme!) s’en­tre­croisent, s’en­tremê­lent et finale­ment s’en­tre­choquent façon La Baule-les-Pins. En gros, nous dit le film, qu’est-ce que c’est mignon – mais quand même un peu con – quelqu’un qui campe. Ça écoute du Michel Sar­dou, ça mange des BN, en gros, ça se con­tente de peu. Mais qu’on se ras­sure, le réal­isa­teur et les acteurs l’af­fir­ment haut et fort dans le dossier de presse: nulle ques­tion de se moquer de la pra­tique du camp­ing! On y apprend par exem­ple que Franck Dubosc en a fait «jusqu’à l’âge de 36 ans!» (un exploit). Même le ténébreux Gérard Lan­vin (ren­dez-vous compte!) avoue avoir dor­mi plusieurs jours dans son camp­ing-car lors du tour­nage. Comme quoi, Camp­ing est un film proche du peu­ple où l’on s’a­muse de voir que les stars peu­vent finale­ment être comme nous, se faire cuire un cas­soulet dégueu­lasse sur un vieux réchaud. Et pour enfon­cer le clou, le réal­isa­teur avoue qu’il voit dans ces fins de vacances un peu de «la tristesse ouvrière». Une comédie fine et poli­tique, en somme, avec Mathilde Seign­er la philosophe en prime: on ne se refuse rien !