Recrutée par un vieil acolyte, Kate (Daisy Edgar-Jones), météorol­o­giste sur­douée mais trau­ma­tisée par la tem­pête qui empor­ta jadis ses amis, accepte de retourn­er chas­s­er les tor­nades d’Oklahoma en espérant met­tre au point une solu­tion chim­ique à même de les étouf­fer et d’endiguer leurs rav­ages. Reboot XXL du Twister de 1996, le film de Lee Isaac Chung s’avère fait du même bois que les dernières ver­sions de Juman­ji : les héros d’âge mûr lais­sent place à des « cool kids » génériques, tan­dis que le scé­nario affiche des sig­naux con­tem­po­rains pour faire mine d’actualiser ses enjeux – ain­si des live streams orchestrés par Tyler Owens (Glen Pow­ell), star égo­cen­trique de la chas­se aux tor­nades qui devien­dra le prin­ci­pal allié de Kate. Mais au-delà de ce rapi­de coup de pein­ture sup­posé rafraîchir la façade, Twisters repose sur une struc­ture bal­isée et mécanique, sac­ri­fi­ant des per­son­nages arché­ty­paux (le cow-boy, le garçon man­qué, le geek…), tout droit sor­tis des années 1980, sur l’autel d’envolées pyrotech­niques.

Hormis une scène de tem­pête « sur­prise », plus âpre et intimiste, où les deux héros sont con­traints de se ter­rer au fond d’une piscine, les séquences spec­tac­u­laires ne pro­posent que des panora­mas de destruc­tion en images de syn­thèse déjà vus et inter­change­ables. Twisters sem­ble pour­tant se fan­tas­mer en bar­num impres­sion­nant, comme en témoigne la dernière attaque de tor­nade, qui voit les pro­tag­o­nistes se réfugi­er dans un ciné­ma peu­plé d’une foule hurlante et lit­térale­ment cram­pon­née à son siège. Si Lee Isaac Chung vise, comme le fig­ure ce cli­max, un grand diver­tisse­ment pop­u­laire, il manque pour­tant à son film un sup­plé­ment d’âme pour s’affirmer comme autre chose qu’un block­buster for­maté.