Chronique au long cours d’un mariage insat­is­faisant, L’His­toire de ma femme fait autant le réc­it d’une opac­ité (le per­son­nage de Léa Sey­doux, qui gardera jusqu’au bout une part de mys­tère) que d’un jeu mat­ri­mo­ni­al com­posé de hauts et de bas. L’ambivalence peine toute­fois à pren­dre, la faute à une mise en scène assez guindée et académique, qui garde volon­taire­ment une dis­tance à l’égard de cette femme, au risque d’entretenir un mys­tère arti­fi­ciel.

Arrê­tons-nous sur l’une des rares – et timides – rup­tures de ton pour cern­er à quel point l’écriture s’engonce dans une iner­tie qu’elle n’arrive pas à bris­er : alors que le cou­ple, accom­pa­g­né d’une musique, fait l’amour, vu de loin et sur­cadré par une porte, la cinéaste coupe l’ébat en plein élan et filme les époux au repos, dans une atmo­sphère silen­cieuse. Mais l’harmonie du cadre, la beauté des corps et les pos­es alan­guies qu’ils pren­nent amoin­dris­sent l’effet de cas­sure ; la scène ne se dépar­tit pas d’une élé­gance dis­tan­ciée, qui accueille sans mal la nudité (dans une tra­di­tion pic­turale). Si aus­si peu de scènes se détachent, c’est parce que le film racon­te, comme il l’est appuyé deux fois dans les dia­logues, que la vie n’est au fond qu’une expéri­ence assez déce­vante, qui glisse à côté de nous. Il ne fal­lait prob­a­ble­ment pas sept chapitres étalés sur près de 3h (le film est indé­ni­able­ment trop long) pour accouch­er d’une pareille tau­tolo­gie : un film fade sur une vie fade.