On ne s’attendait pas for­cé­ment à enten­dre Desire­less dans un film fin­landais se déroulant en Russie, mais c’est pour­tant bien « Voy­age, voy­age » qui s’affirme comme l’hymne (et le mantra) de Com­par­ti­ment N°6 de Juho Kuos­ma­n­en. Le voy­age, c’est celui de Lau­ra, fin­landaise qui part seule pour un long tra­jet en train jusqu’à la ville de Mus­mank, afin de vis­iter un site archéologique. La tra­jec­toire du film et sa « morale » tien­nent sur un tim­bre-poste : l’important, ce n’est pas la des­ti­na­tion, mais le chemin par­cou­ru, qui per­met de voir du pays, de ren­con­tr­er des fig­ures et, qui sait, de s’ouvrir à un amour inat­ten­du – avec un garçon russe, Ljo­ha, cachant un cœur ten­dre der­rière son com­porte­ment d’ours mal léché.

Road-movie ini­ti­a­tique sans une once d’originalité, le film se colle au vis­age d’une héroïne un peu per­due, mais qui, pas à pas, trou­vera un sens à son odyssée. À mesure que Lau­ra s’éloigne de Moscou et de son amante, qui devait ini­tiale­ment l’accompagner, elle se rap­proche de ce com­pagnon d’infortune, dont le regard généreux fini­ra par détein­dre sur elle et son bon­heur (le dernier plan, vu cent fois ailleurs). Jusqu’ici iné­gale, mais tout de même intéres­sante (pas un film qui ne laisse tout à fait indif­férent), la com­péti­tion vient d’accoucher de son pre­mier film par­faite­ment incon­séquent.