Lorsqu’il est revenu sur scène à la fin de la pro­jec­tion d’Eva dans la grande salle du palais des fes­ti­vals, invité par les mod­éra­teurs à dire quelques mots sur son film, Benoît Jacquot s’est con­tenté d’un pathé­tique : “ben j’ai fait ce film, c’est tout.” Mais pour aus­si déce­vante que soit cette con­fes­sion, l’on doit bien avouer qu’on l’avait vue venir à des kilo­mètres, à chaque vrai-faux rebondisse­ment de ce thriller psy­chologique qui se voudrait mys­térieux quand il ne fait qu’égrener une triste galerie de clichés et de pos­tich­es. Autant dire que sans la présence encore une fois déto­nante d’Isabelle Hup­pert, on aurait vrai­ment honte de cette con­tri­bu­tion française à la com­péti­tion de cette 68ème Berli­nale.