Le French Film Fes­ti­val a l’habi­tude, depuis quinze ans qu’il existe, de mon­tr­er pen­dant quinze jours un petit échan­til­lon de la fil­mo­gra­phie française de l’an passé. L’idée est de soulign­er les oub­lis de la dis­tri­b­u­tion bri­tan­nique, puisque, c’est le principe, tous les films sélec­tion­nés n’ont pas encore été achetés.

C’est notam­ment l’oc­ca­sion de faire sa place au ciné­ma d’au­teur. Dans la sec­tion Panora­ma, les patrons sont au ren­dez-vous : Cos­ta-Gavras (Le Couperet), Chabrol (L’Ivresse du pou­voir), Bli­er (Com­bi­en tu m’aimes). Le fes­ti­val peut surtout s’enorgueil­lir d’y faire sa place à deux des films les plus réus­sis de ces derniers mois, Nou­velle Chance d’Anne Fontaine et Le Petit Lieu­tenant de Xavier Beau­vois.

La sec­tion Dis­cov­ery met en avant les « révéla­tions » de l’an­née passée : Back­stage d’Em­manuelle Bercot (auteur du mag­nifique La Puce qui met­tait déjà en scène Isild Le Besco), Change­ment d’adresse d’Emmanuel Mouret (auteur du récent Vénus et Fleur), ou encore La Mous­tache d’Em­manuel Car­rère, passé avec ce film à la réal­i­sa­tion. Le fes­ti­val revient surtout sur le très beau Le Pont des arts d’Eugène Green, film soutenu par Critikat dans le cadre du fes­ti­val.

L’é­clec­tisme est au ren­dez-vous, con­fi­nant par­fois au grand écart lorsque le fes­ti­val tire du côté du ciné­ma grand pub­lic – que ce soit pour le mieux, Les Brigades du Tigre (Jérôme Cor­nu­au) ou OSS 117 (Michel Haz­anavi­cius) ou pour le pire, avec Camp­ing (Fabi­en Onte­niente). Comme chaque année aus­si, le fes­ti­val met en avant un réal­isa­teur. C’est sur Chris­t­ian Vin­cent, réal­isa­teur du récent Qua­tre étoiles que s’est jeté son dévolu. Cela don­nera lieu à une rétro­spec­tive de cinq de ses films, dont La Dis­crète, réal­isé en 1990.

Bref, une fois encore, le French Film Fes­ti­val, qui se déplace du 15 avril au 4 mai sur six villes bri­tan­niques (Lon­dres, Man­ches­ter, et en Écosse Édim­bourg, Glas­gow, Aberdeen et Dundee) per­met aux spec­ta­teurs bri­tan­niques de se faire une idée de ce qui se voit en France chaque année, hors du cal­i­brage usuelle­ment de mise dans la dis­tri­b­u­tion out­re-manche. L’équa­tion habituelle est en effet : film français = film intel­lo avec dia­logues en apparte­ment – qui n’empêche d’ailleurs pas de gross­es bévues, Arsène Lupin pou­vant être présen­té fin 2005 comme un film art et essai français… Bref, le French Film Fes­ti­val, placé sous les mânes de Syl­vain Chomet, lui-même rési­dent édim­bour­geois, et qui présen­tera Paris je t’aime, offre l’oc­ca­sion de pass­er out­re les préjugés. Quant aux Français con­ver­tis à l’in­su­lar­ité, ils pour­ront eux aus­si pra­ti­quer un rapi­de rat­tra­page de ciné­ma hexag­o­nal.

Toute la pro­gram­ma­tion du fes­ti­val, dont Critikat est parte­naire, est disponible sur le site du fes­ti­val.