L’image est édul­corée, le titre rose bub­ble-gum. On annonce la couleur : il va y avoir de l’amour, mais façon sec­ond degré !

Toute l’histoire se passe dans une petite bour­gade paumée mais ver­doy­ante d’Angleterre. Le scé­nario est choral, presque digne d’un Alt­man, et son lance­ment ressem­ble à celui d’un pilote de série : les per­son­nages sont car­ac­térisés, posé­ment mais sure­ment. Il y a les deux ado­les­centes désœu­vrées, au jeu hila­rant d’authenticité, l’auteur vieux-beau, assis sur sa recon­nais­sance et infidèle à sa vail­lante épouse égale­ment hôtesse d’une rési­dence d’auteur, ain­si qu’Andy, leur employé au charme cam­pag­nard. Et puis, il y a cette Tama­ra Drewe, une voi­sine sur le retour qui s’est fait refaire le nez. C’est la bombe sex­uelle, dont l’arrivée va faire explos­er le cours du réc­it. C’est ain­si que les his­toires, pris­on­nières au départ des imag­i­na­tions indi­vidu­elles des auteurs, con­t­a­mi­nent les vies ordi­naires des per­son­nages. L’inspiration, l’imagination et le fan­tasme sont donc intime­ment liés et exploités tout au long du réc­it, prenant par­fois la forme de séquences oniriques très réussies. C’est grâce à ce tra­vail appro­fon­di sur sa thé­ma­tique que le film gagne son épais­seur et va au-delà des péripéties et quipro­qu­os en tous gen­res.

Une recette que nous con­nais­sons certes déjà mais que nous appré­cions peut-être d’autant plus ici à Cannes, qu’elle donne un coup de frais sur la Croisette ! So fresh Frears !