On ne croy­ait pas si bien dire, en réc­i­tant la sem­piter­nelle maxime : « Le ciné­ma est le reflet du réel » ! L’économie mon­di­ale va mal et avec elle, c’est la Mostra qui clop­ine. Dès l’ouverture Vari­ety joue les rabat-joie : à quoi bon se déplac­er pour un fes­ti­val où tout est trop cher à part le marché qui n’y existe pas. Le bal des rivaux peut recom­mencer. Toron­to, Rome, Deauville : qui a volé les films à Venise ? Le directeur Mar­co Müller joue par­faite­ment son rôle de défenseur, mais le con­stat est là. Trop peu d’américains pour assur­er l’équilibre avec les nom­breux films d’auteur, donc très peu de monde et beau­coup moins d’argent. Et pour­tant après la belle édi­tion 2007, il y avait de quoi être motivés. C’est donc avec cet opti­misme pour seul com­pagnon qu’il fal­lait affron­ter la horde de doc­u­men­taires par­fois un peu fati­gants, en atten­dant les valeurs sûres de Var­da, Coen ou Kiarosta­mi et les quelques jolies excep­tions trop sou­vent hors com­péti­tion comme Machan d’Uberto Pasoli­ni et PA-RA-DA de Mar­co Pon­tecor­vo. À la fin, l’honneur est sauf et tout le monde est sat­is­fait – comme le veut le règle­ment véni­tien des récom­pens­es équili­brées, cri­tiqué par le prési­dent du Jury, Wen­ders: The Wrestler d’Aronofsky gagne le Lion d’Or et inau­gure les lit­iges autour du prix d’interprétation man­qué par sa star Mick­ey Rourke pour assur­er l’immanquable trophée mai­son, enfin attribué à quelqu’un de méri­tant en la per­son­ne de Sil­vio Orlan­do. Le Prix du Jury à Teza de Ger­i­ma est récon­for­t­ant, le reste est digne. Au revoir aux oubliés. Con­sul­ter le pal­marès et le compte-ren­du com­plet du fes­ti­val.