Cette semaine, deux sor­ties met­tent à l’honneur, ques­tion­nent et tra­vail­lent en pro­fondeur la notion de per­son­nage : L’Été de Gia­co­mo et Holy Motors. On pour­rait d’ailleurs join­dre à ces films la « refor­mu­la­tion » du super-héros Spi­der-Man, dans un nou­veau corps puisque Tobey Maguire s’ef­face au prof­it d’An­drew Garfield. Tan­dis que l’on trou­vera à la réal­i­sa­tion Marc Webb, qui entame une nou­velle saga alors que Sam Rai­mi, dans ses trois volets, avait assuré une qual­ité artis­tique indé­ni­able à cette fran­chise pour le moins juteuse. Dans The Amaz­ing Spi­der-Man, on peut être cer­tain que l’homme araignée sera à la fois le même, et tout autre. Cepen­dant, nos regards et nos égards se porteront sur les films de Leos Carax et d’Alessandro Comodin. Dans Holy Motors, la con­di­tion de comé­di­en est mise en abyme d’une façon pour le moins ver­tig­ineuse : le film et Denis Lavant font naître, vivre et dis­paraître onze per­son­nages. Étrange­ment, cette (méta)fiction fasci­nante por­tant sur le jeu et l’artifice accueille l’un des plus pas­sion­nants ques­tion­nements de la réal­ité offert par le ciné­ma ces dernières années. La réal­ité, c’est la source d’A­lessan­dro Comodin, cinéaste attaché au geste doc­u­men­taire qui signe son pre­mier long-métrage. Toute­fois, à par­tir de son énon­cé (un sourd sor­tant de l’ado­les­cence qui se fait opér­er pour enten­dre), L’Été de Gia­co­mo ren­con­tre les grands réc­its – deux jeunes gens for­mu­lant une vari­a­tion con­tem­po­raine d’Adam et Eve dans une nature édénique – et la fic­tion. L’une des beautés souter­raines du film con­siste d’ailleurs à être devenu com­plète­ment autre que ce qu’il devait être ini­tiale­ment. Comme d’autres, Alessan­dro Comodin s’inscrit indé­ni­able­ment dans une atti­tude décom­plexée : qu’il soit fic­tion­nel ou non, un per­son­nage de ciné­ma est un per­son­nage de ciné­ma. (Point!) C’est effec­tive­ment ce que l’on attend du doc­u­men­taire, qui n’est pas un autre ciné­ma, mais bien du ciné­ma. À l’occasion de la sor­tie de L’Été de Gia­co­mo, il nous a sem­blé pour le moins indiqué de revenir sur la table ronde organ­isée et ani­mée par Critikat le 31 mars dernier dans le cadre de la 34e édi­tion du fes­ti­val Ciné­ma du Réel. Alessan­dro Comodin en était pré­cisé­ment l’un des invités, avec Sophie Letourneur, Claire Simon et Matthieu Chatel­li­er. Cette semaine dans la rubrique hors champ, vous trou­verez la tran­scrip­tion des échanges très rich­es qui se sont tenus autour d’un inti­t­ulé tail­lé sur mesure pour ce mer­cre­di 4 juil­let : « Personnage(s) » ; au pluriel puisque nous enten­dons par-là aus­si bien les filmés que les filmeurs, sans oubli­er la caméra elle-même. Aver­tisse­ment : nous n’avions toute­fois pas abor­dé le fait qu’une lim­ou­sine blanche puisse fig­ur­er par­mi l’un des per­son­nages les plus fasci­nants du 7e art.