Depuis plus de trente ans, le Fes­ti­val de Films de Femmes de Créteil célèbre des réal­isatri­ces du monde entier, le regard qu’elles por­tent sur la société à tra­vers leurs films, engagés poli­tique­ment, artis­tique­ment et sociale­ment. Au pro­gramme, un voy­age à tra­vers des visions du monde, des nation­al­ités et des épo­ques dif­férentes (le Fes­ti­val pro­gram­mant tant des films de réper­toire que des exclu­siv­ités).

Pour cette 33e édi­tion (25 mars – 3 avril 2011), la com­péti­tion sera com­posée de neuf fic­tions, neuf doc­u­men­taires et vingt-sept courts-métrages.

Cette année, c’est le sud de l’Eu­rope, son récent passé et son actu­al­ité, qui est mis à l’hon­neur.

L’Es­pagne, avec une petite ving­taine de films, fic­tions, doc­u­men­taires et court-métrages, très récents (Même la pluie, Icíar Bol­laín) ou vieux de quelques années ; avec “Mujeres !”, pro­gramme d’archives évo­quant des femmes engagées con­tre la dic­tature fran­quiste ; avec un hom­mage à Pilar Miro, l’une des pre­mières réal­isatri­ces espag­noles dont sera notam­ment pro­jeté Le Crime de Cuen­ca, film-clé dans l’his­toire du ciné­ma espag­nol.

Le Por­tu­gal, d’où nous parvi­en­nent cinq long-métrages (par­mi lesquels Cap­i­taines d’avril, de Maria de Medeiros et 48, de Susana de Sousa Dias, grand prix au Ciné­ma du Réel de 2010), des courts-métrages et l’in­té­gral­ité des films de Tere­sa Villaverde, de son pre­mier, Idade Maior, à son dernier, Transe, en pas­sant par son doc­u­men­taire (En faveur de la clarté) et son court-métrage (Cold Wa(te)r).

L’I­tal­ie, avec dix long-métrages, sor­tis (Biùti­ful Caun­tri, La Piv­el­li­na) ou pas (Lo Spazio Bian­co, remar­qué au fes­ti­val de Venise 2010) sur les écrans français, et un hom­mage à Cecil­ia Mangi­ni, pre­mière femme en Ital­ie à tourn­er des doc­u­men­taires (surtout des courts) dans l’après-guerre. À tra­vers son regard engagé, explo­rant les thèmes de la mar­gin­al­ité, les iné­gal­ités, l’im­mi­gra­tion, nous voy­agerons dans la société ital­i­enne, notam­ment à l’heure de sa tran­si­tion, du fas­cisme vers la société indus­trielle. Avec la pro­jec­tion de Nuits blanch­es de Vis­con­ti, un hom­mage sera aus­si ren­du à Suso Cec­chi D’Am­i­co, scé­nar­iste légendaire de l’après-guerre, qui écriv­it tant des films néoréal­istes que des comédies et des mélo­drames.

La Grèce, avec qua­tre long-métrages et l’a­vant-pre­mière du remar­qué Atten­berg, d’Athi­na Rachel Tsan­gari.

Les Balka­ns, enfin, seront représen­tés à tra­vers qua­tre films.

Dans le cadre d’un auto­por­trait de l’ac­trice Car­men Mau­ra, nous pour­rons voir ou revoir des films d’Almod­ó­var (Volver, La Loi du désir…), Éti­enne Chatiliez (Le bon­heur est dans le pré), Nadir Moknèche (Le Harem de Mme Osmane), Yas­mi­na Reza (Chi­cas)…

Le pro­gramme “French Touch” se penchera sur la vital­ité actuelle de jeunes réal­isatri­ces. Belleville-Tokyo, d’Élise Girard, sera pro­jeté en avant-pre­mière, ain­si que Le Deux­ième Ciné­ma, doc­u­men­taire de Jonathan Bro­da retraçant une his­toire du ciné­ma féminin. Les réal­isatri­ces Claire Simon, Élise Girard, Valérie Donzel­li, Anne Vil­lacèque et Maria de Medeiros dis­cuteront ce dette dernière lors d’une table ronde.

Par­mi les événe­ments de cette année, une ren­con­tre entre deux artistes under­ground, Cather­ine Cor­ringer et Vir­ginie Despentes. La pre­mière présen­tera une per­for­mance d’après le texte fémin­iste Scum Man­i­festo, de Valérie Solanas, la sec­onde nous fera décou­vrir son récent doc­u­men­taire, Mutantes.

L’INA, qui con­solide sa col­lab­o­ra­tion avec le Fes­ti­val en numérisant toutes les cap­ta­tions qu’il a réal­isées depuis 1979, pro­posera deux pro­grammes d’archives.

Les scé­nar­ios lau­réats de la bourse d’aide à l’écri­t­ure Beau­mar­chais seront lus par l’ac­trice Nanou Gar­cia : Après, de Sophie Laly, et Jean-Jacques, de Del­phine Del­o­get.

Nous aurons aus­si le plaisir de décou­vrir en avant-pre­mière e‑Love, d’Anne Vil­lacèque et Meek’s Cut­off, de Kel­ly Reichardt.

Le Fes­ti­val n’ou­blie pas le jeune pub­lic. Des films trai­tant de l’ado­les­cence seront présen­tés dans le pro­gramme “Tous les garçons et les filles” (La Per­mis­sion de minu­it — Del­phine Gleize, Un poi­son vio­lent — Katell Quil­lévéré, Win­ter’s Bone — Debra Granik, Je te mangerais — Sophie Laloy…). Col­légiens et lycéens pour­ront en out­re par­ticiper à des ate­liers.

Bon nom­bre de réal­isatri­ces seront présentes pour accom­pa­g­n­er cette riche pro­gram­ma­tion (Pilar Miro, Tere­sa Villaverde, Cecil­ia Mangi­ni, Athi­na Rachel Tsan­gari…) : présen­ta­tions, ren­con­tres, forums, leçons de ciné­ma… ren­dront d’au­tant plus vivants cette réjouis­sante édi­tion et le ciné­ma qu’elle promeut.

Critikat, heureux d’en être parte­naire, vous pro­pose de gag­n­er des places pour assis­ter à une pro­jec­tion de votre choix. Bon fes­ti­val !