Cour­ri­er des lecteurs

“Le west­ern est moooort” ‑ceci dit sur un ton bêlant- est une âner­ie à pour­fendre d’ur­gence. Non le west­ern n’est pas mort, tout comme le roman qui devait mourir il y a plus de vingt ans et se porte comme un charme, tout comme la pein­ture. Les gen­res ne meurent que si l’on s’en dés­in­téresse et ma foi, qui n’a plus envie de se faire racon­ter un his­toire sur le dix-neu­vième siè­cle améri­cain, dans le cadre des grands espaces? Jérémi­ah John­son est un west­ern, Dead Man est un west­ern et que je sache, ce ne sont pas vrai­ment des parangons du ciné­ma west­ern clas­sique. The shoot­ing est un west­ern bien peu clas­sique et quelle réus­site! Alors la ques­tion est “avez-vous eu plaisir à regarder L’As­sas­si­nat de Jesse James par le lâche Robert Ford”? Vous répon­dez par la néga­tive et vous développez des argu­ments con­va­in­cants, … sauf que moi j’aime ce film pour exacte­ment les mêmes raisons que vous vous le détestez.Oui, c’est con­tem­platif, oui, cela s’ap­par­ente par­fois au tra­vail d’un pein­tre tout en étant pro­fondé­ment du ciné­ma. Je me sou­viens de très beaux plans pris à tra­vers une vit­re: dans l’ensem­ble du Déca­logue de Kies­lows­ki, dans La Cham­bre verte de Truf­faut, il doit y en avoir beau­coup d’autres: le procédé est pro­pre aux pho­tographes aus­si; alors vivent les west­erns du XXIème siè­cle et leurs approches dif­férentes, vivent les nou­veaux west­erns tant qu’ils ont une approche artis­tique véri­ta­ble. Une seule chose est morte: le regard figé. On ne fera plus du west­ern comme en 1905… Et alors ?

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Lire l’as­sas­si­nat de L’As­sas­si­nat de Jesse James par le lâche Robert Ford par le (lâche?) Benoît Smith.