Critikat

Le Port de la drogue

par Alice Leroy

Sixième long-métrage de Sam Fuller, Pickup on South Street, rebaptisé Le Port de la drogue pour sa sortie française en 1961 par un lobby communiste qui n’avait pas apprécié l’intrigue du film, aura non seulement fait les frais de la critique française qui y vit un produit du maccarthysme (amère ironie pour Fuller), mais aussi de la critique américaine qui,…

Ingrid Jonker

par Alice Leroy

Biopic en hommage à la poétesse sud-africaine disparue en 1965 dans les vagues de Three Anchor Bay où elle se donna la mort deux ans après Sylvia Plath et dans les pas de Virginia Woolf, Ingrid Jonker, première réalisation d’envergure de la cinéaste Paula van der Oest, doit plus à un casting réussi qu’à sa mise en scène très factuelle.…

Jayne Mansfield’s Car

par Alice Leroy

Voilà dix ans que Billy Bob Thornton n’était pas repassé derrière la caméra. Lui qui avait juré qu’on ne l’y reprendrait plus après la mauvaise aventure de son deuxième long métrage, De si jolis chevaux, où il avait finalement renoncé à son director’s cut, semble avoir trouvé un compromis avec un producteur russe. Pas pour le meilleur au vu du…

My Land

par Alice Leroy

À partir d’une démarche introspective, My Land, premier documentaire de Nabil Ayouch, confronte deux mémoires : celle, meurtrie, des réfugiés palestiniens qui vivent depuis soixante ans dans les camps du sud du Liban, et celle, lacunaire, des jeunes Israéliens qui ont grandi sur une terre promise dont ils ignorent les blessures béantes. Recueillant les souvenirs des uns et des autres,…

Les Forçats de la gloire

par Alice Leroy

The Story of G.I. Joe s’inspire des écrits d’Ernie Pyle entre 1943 et 1945, ce correspondant de guerre qui partageait la vie des troupes américaines sur le sol européen et consignait leurs récits sans lauriers dans ses carnets. Leur adaptation au cinéma valut à Wellman le respect de Samuel Fuller, un autre vétéran qui vit là l’un des plus grands…

La Ville abandonnée

par Alice Leroy

Après une rétrospective magnifique lors du dernier Festival Lumière de Lyon, l’œuvre de William A. Wellman, cinéaste tout aussi prolifique que mésestimé, accède à une reconnaissance méritée avec la ressortie de La Ville abandonnée (Yellow Sky, 1948, librement inspiré de La Tempête de William Shakespeare), western âpre et sec que n’auraient pas renié Sam Peckinpah ou Samuel Fuller. « Wild…

Cagliostro

par Alice Leroy

Superproduction des derniers temps du muet, le Cagliostro de Richard Oswald, sorti en France et en Allemagne en 1929, ne devait rencontrer qu’un succès éphémère, éclipsé par le cinéma sonore qui arrivait au même moment sur les écrans. La version restaurée éditée par Potemkine rend hommage à cette coproduction internationale, produite par des émigrés russes en France (les fameux Films…

À l’âge d’Ellen

par Alice Leroy

Alors que le jeune cinéma allemand connaît ces dernières années un renouveau salutaire avec les films de l’école de Berlin – Sous toi, la ville de Christoph Hochhäusler (2010), Le Braqueur de Benjamin Heisenberg (2010), Everyone Else de Maren Ade (2009) – le deuxième long métrage de Pia Marais, À l’âge d’Ellen, poursuit avec brio cet élan créatif du cinéma…

Ne nous soumets pas à la tentation

par Alice Leroy

Après un premier film sauvage sur des amants incestueux et meurtriers (Écorchés) puis un essai sur l’expérience mystique et charnelle d’une jeune fille (Extase), le troisième long métrage de Cheyenne Carron prolonge sans convaincre une ébauche d’amours interdits. Ne nous soumets pas à la tentation, huis clos de haines et d’amours tus, s’abîme dans une mise en scène qui confine…

Welcome in Vienna

par Alice Leroy

Voilà vingt-cinq ans que la trilogie Welcome in Vienna de l’Autrichien Axel Corti attendait la sortie qu’elle méritait sur les écrans français. En 1986, seul le troisième volet de ce triptyque admirable sur l’exil juif autrichien pendant la Deuxième Guerre mondiale avait connu une diffusion en salles. Saluons l’initiative courageuse du distributeur qui sort aujourd’hui l’intégralité des films dans une…

The Ballad of Genesis and Lady Jaye

par Alice Leroy

Présenté au Cinéma du Réel et au FID cette année, The Ballad of Genesis and Lady Jaye, portrait filmé comme un cadavre exquis, est aussi chaotique et inventif que son sujet, l’artiste, musicien et performeur britannique Genesis Breyer P-Orridge. À travers un film aux accents warholiens navigant du noir et blanc au fluo pop, Marie Losier, auteur de documentaires sur…

Oxygène

par Alice Leroy

Pour son premier long-métrage, le jeune réalisateur belge Hans Van Nuffel a choisi, non sans courage tant l’exercice est périlleux, de traiter d’une maladie génétique, la mucoviscidose, à travers une fiction. Oxygène semblait sur le papier plein de promesses : sans drames et sans larmes, un portrait de groupe de malades atteints de la mucoviscidose, parmi lesquels un adolescent dévoré…

Drive

par Alice Leroy

Deuxième long-métrage du réalisateur danois Nicolas Winding Refn à Hollywood, Drive est un coup de maître qui confirme le talent de son auteur. Révélé avec Pusher en 1996, premier volet d’une trilogie devenue culte, remarqué à Sundance en 2003 avec Inside Job, puis en 2008 avec Bronson, le réalisateur danois s’est aventuré dans des genres très divers, sans cependant jamais…

Robert Gardner

par Alice Leroy

Anthropologue américain déçu par sa propre culture et fasciné par celles du monde, cinéaste explorant les possibilités de l’image et du son jusqu’à l’expérimental, Robert Gardner n’est jamais là où on l’attend. Il n’appartient ni à la tradition d’un cinéma anthropologique rompu au réalisme de la description ethnographique, ni à celle d’un cinéma d’avant-garde dont il ne s’est jamais revendiqué.…

Kinshasa Symphony

par Alice Leroy

Kinshasa est décidément la capitale musicale de l’Afrique. Les Français Renaud Barret et Florent de La Tullaye contaient l’an dernier une success-story à l’africaine, celle du Staff Benda Bilili, éclopés des bas-fonds de Kinshasa au zouk énergique. On pouvait espérer du projet des Allemands Claus Wischmann et Martin Baer qu’il prenne le contre-pied de cette vision sans fausse note d’un…

Alice

par Alice Leroy

Un peu plus de vingt ans après sa révélation au Festival d’Annecy, où il recevait le grand prix du jury en 1989, Alice, ou plutôt Quelque chose d’Alice dans sa traduction originale, libre interprétation de l’œuvre de Lewis Carroll par Jan Svankmajer, ressort sur les écrans dans une version restaurée. Bricoleur de génie plébiscité par ses pairs – Milos Forman…

Neds

par Alice Leroy

Troisième long-métrage de l’acteur et réalisateur écossais Peter Mullan, Neds, chronique aux accents autobiographiques des quartiers ouvriers du Glasgow des années 1970, s’inscrit dans la veine d’un cinéma britannique préoccupé par une violence sociale dont Ken Loach a plus d’une fois fait la peinture. Film d’apprentissage suivant pas à pas la métamorphose d’un premier de la classe en enfant terrible,…

22e édition du Festival International du Documentaire de Marseille

par Alice Leroy

À l’occasion de sa vingt-deuxième édition, le Festival international du documentaire de Marseille explore la vitalité d’un genre qui ne cesse de redéfinir ses frontières et se joue avec bonheur des formats et des contraintes. Sous l’égide des réalisateurs brésilien et français Julio Bressane et Luc Moullet, présidents des jurys des compétitions internationale et française, le FID a cette année…

Un été sous le signe du documentaire

par Alice Leroy

Saison privilégiée du documentaire, l’été compte deux rendez-vous majeurs de ce cinéma aussi florissant que novateur : le Festival international du documentaire de Marseille, qui s’est tenu du 6 au 11 juillet dernier, et les États généraux du film documentaire à Lussas, du 21 au 27 août prochain. Tandis que cette 23e édition du festival ardéchois fera la part belle…

Mafrouza, le cycle

par Alice Leroy

Chronique en cinq volets de la vie d’un bidonville égyptien, Mafrouza s’avère une entreprise parmi les plus originales et les plus monumentales (on n’ose écrire « pharaonique ») dans le documentaire ces dernières années. Tant par sa forme que par sa durée – un peu plus de dix heures pour un total de cinq films qui peuvent être vus indépendamment…