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Raphaël Lefèvre
Contre-Enquête affronte des thèmes canoniques du polar (le flic débordé par ses affects, la tentation de la justice individuelle) sous un angle très évocateur dans la France d'aujourd'hui, où les images de télévision se repaissent avec complaisance de la douleur des parents de victimes de faits divers, de leur soif rageuse de «justice» confinant à l'instinct de vengeance. Dommage que…
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Raphaël Lefèvre
Menacé par l'emprise du tout-métafilmique qui limite parfois le discours critique autant qu'il le stimule, l'essai consacré par Hervé Aubron, dans la belle collection « Côté films » des éditions Yellow Now, à l'avant-dernier film de David Lynch s'avère être une réflexion brillante et spirituelle sur le rapport des images à la matière. D'emblée, la couleur est annoncée : le…
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Raphaël Lefèvre
Deux décennies avant de défrayer la chronique judiciaire, Jean-Claude Brisseau déboulait dans le paysage cinématographique français avec des œuvres étonnantes, mélangeant audacieusement les genres et les tons. Ses deux premiers longs métrages, Un jeu brutal et De bruit et de fureur, viennent de sortir en coffret DVD. Cinéphile patenté, cinéaste autodidacte ayant fait ses armes en Super-8 puis à la…
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Raphaël Lefèvre
Deux drôles de films ont atterri ces jours-ci sur les écrans. Jetant un regard fantaisiste sur la vie comme sur sa représentation, tous deux suscitent, à un moment ou à un autre, l'impression d'un « foutage de gueule ». Mais leurs démarches sont assez différentes, et si l'un appelle a priori la sympathie (le monde loufoque, absurde et téméraire d'Édouard…
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Raphaël Lefèvre
À la faveur de vacances d'été dans une sympathique villa de la Côte d'Azur, une petite famille se laisse aller à un tourbillon de désirs et de quiproquos, et s'adonne aux joies du questionnement ou de la pratique d'une sexualité libérée de toute culpabilité. Cette fantaisie décomplexée n'atteint peut-être pas l'épaisseur de Demy, ni la perfection pétillante de Lubitsch, mais…
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Raphaël Lefèvre
Qu'un film de fiction s'empare aujourd'hui du génocide des Tutsis par les Hutus, que l'occident se confronte à son assourdissant silence, voire à sa complicité lors des événements qui déchirèrent le Rwanda en 1994, on ne peut a priori que s'en féliciter. Malheureusement, Hotel Rwanda, s'il endosse avec franchise le fameux devoir de mémoire, réfléchit trop peu à la façon…
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Raphaël Lefèvre
Jacques Audiard veut à tout prix œuvrer avec originalité au cœur du cinéma français : c'est ce que rend évident ce quatrième film traversé par les contradictions. Le scénario recherche l'inventif, la séduction à tout prix (personnage attachant, événements inattendus, frottement entre violence et tendresse) ; la mise en scène aussi cherche à séduire, et s'occupe à emballer ça avec…
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Raphaël Lefèvre
L'affiche, d'un rouge infernal, suggère une errance apocalyptique flamboyante. Il n'en est rien. Voilà un film nauséabond qui confond exploration de la noirceur humaine, voyage au bout de l'enfer ou retour du primitif refoulé avec la représentation provocatrice de fantasmes malsains. Se complaisant dans une image DV crasseuse, Calvaire cultive avec cruauté une atmosphère sinistre dont l'âpreté angoissante vire à…
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Raphaël Lefèvre
Le Promeneur du Champ-de-Mars est une première à plus d'un égard. Premier film de Robert Guédiguian tourné hors de sa cité de prédilection, Marseille, et sans sa troupe de comédien fétiches (Ascaride, Meylan, Boudet, Darroussin...), c'est aussi le premier film français à s'attaquer avec une certaine frontalité à un personnage marquant de l'Histoire récente. Il en résulte une touchante réflexion…
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Raphaël Lefèvre
Entreprise sans doute sincère, The Edukators prouve malgré soi qu'un film à contenu politique ne donne pas forcément un film politique – soit une œuvre qui, outre une analyse un tant soit peu percutante, profonde ou complexe d'un état du monde, propose une forme ad hoc, exprimant pleinement un regard sur le monde et rendant tangible le geste politique. Peu…
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Raphaël Lefèvre
Le dernier film de Scorsese a suscité un engouement pour le moins étonnant. Si la maîtrise visuelle et narrative du cinéaste est indiscutable, ce biopic propret du sulfureux milliardaire Howard Hughes souffre d'un surprenant manque d'incarnation, de puissance et de complexité dans son évocation d'un esprit passablement dérangé, où se dessine en filigrane une réflexion sur l'identité américaine. Gangs of…