La messe du ciné­ma améri­cain est dite. Les Oscars tien­nent leurs promess­es, ou presque : le sacre de Leonar­do DiCaprio, la razz­ia de Mad Max : Fury Road et la sur­prise de Spot­light.

Leonar­do DiCaprio rem­porte le pre­mier Oscar de sa car­rière pour sa per­for­mance dans The Revenant d’Ale­jan­dro G. Iñár­ritu. Plus de vingt ans après sa pre­mière nom­i­na­tion, l’acteur de 41 ans était le grand favori. The Revenant rem­porte l’Oscar de la meilleure pho­togra­phie pour le tra­vail de la lumière d’Emmanuel Lubez­ki, pre­mier directeur de la pho­togra­phie à enchaîn­er trois Oscars de suite (Bird­man, Grav­i­ty, The Revenant).

De son côté, Ale­jan­dro G. Iñár­ritu entre dans l’histoire avec l’Oscar du meilleur réal­isa­teur. Le Mex­i­cain avait déjà été sacré l’an dernier pour Bird­man : il entre dans le cer­cle très fer­mé des réal­isa­teurs qui ont gag­né deux prix de suite : John Ford (en 1941 et 1942) et Joseph L. Mankiewicz (en 1950 et 1951).

Spotlight crée la surprise

Spot­light a fait men­tir les pronos­tics. Le film de Tom McCarthy a rem­porté l’Oscar du meilleur film et celui du meilleur scé­nario orig­i­nal. Ce long-métrage racon­te le tra­vail métic­uleux des jour­nal­istes du Boston Globe qui, au début des années 2000, enquê­tent sur l’affaire des prêtres pédophiles au sein de l’Église catholique (Prix Pulitzer 2003). Les pro­duc­teurs ont d’ailleurs ren­du hom­mage aux vic­times de ces abus sex­uels et dit espér­er que “leur film aide le Vat­i­can à agir”.

L’autre sur­prise se cache der­rière l’Oscar du meilleur sec­ond rôle mas­culin. Sylvester Stal­lone était le grand favori pour Creed, mais l’acteur Mark Rylance lui vole la vedette, récom­pen­sé pour son rôle d’un agent sovié­tique dans Le Pont des espi­ons de Steven Spiel­berg.

Mad Max : Fury Road rafle six prix

Mad Max : Fury Road de George Miller rem­porte le jeu des stat­uettes avec six récom­pens­es tech­niques : cos­tumes, maquil­lages, pro­duc­tion, mon­tage, mix­age et mon­tage du son. La France repart bre­douille. Récom­pen­sé aux César, Mus­tang n’a pas fait le poids face au Fils de Saul du Hon­grois Lás­zló Nemes qui décroche l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Ce pre­mier long-métrage (Grand Prix au Fes­ti­val de Cannes 2015) évoque le sort des Son­derkom­man­dos, les pris­on­niers de camps de con­cen­tra­tion for­cés de faire fonc­tion­ner les cham­bres à gaz.

Du côté des actri­ces, sans sur­prise, Ali­cia Vikan­der rem­porte l’Oscar du meilleur sec­ond rôle féminin pour The Dan­ish Girl et Brie Lar­son est sacrée meilleure actrice pour Room.

L’autre grand oublié des Oscars, Ennio Mor­ri­cone, est enfin récom­pen­sé. A 87 ans, il décroche l’Oscar de la meilleure bande orig­i­nale dans Les Huit Salopards de Quentin Taran­ti­no. Son con­frère John Williams repart, lui, bre­douille, à l’im­age de Star Wars : Le Réveil de la Force.

Palmarès complet :

Meilleur scé­nario orig­i­nal : Spot­light, de Tom McCarthy et Josh Singer
Meilleur scé­nario adap­té : The Big Short, de Charles Ran­dolph et Adam McK­ay
Meilleure actrice dans un sec­ond rôle : Ali­cia Vikan­der dans The Dan­ish Girl
Meilleurs cos­tumes : Jean­ny Bea­van pour Mad Max : Fury Road
Meilleurs décors : Col­in Gib­son et Lisa Thomp­son pour Mad Max : Fury Road
Meilleurs maquil­lage et coif­fures : Mad Max : Fury Road
Meilleure pho­togra­phie : Emmanuel Lubez­ki pour The Revenant
Meilleur mon­tage : Mar­garet Six­el pour Mad Max : Fury Road
Meilleur mon­tage sonore : Mad Max : Fury Road
Meilleur mix­age sonore : Mad Max : Fury Road
Meilleurs effets spé­ci­aux : Ex Machi­na
Meilleur court-métrage d’an­i­ma­tion : Bear Sto­ry, de Gabriel Oso­rio et Pato Escala
Meilleur film d’an­i­ma­tion : Vice Ver­sa
Meilleur sec­ond rôle mas­culin : Mark Rylance dans Le Pont des espi­ons
Meilleur court doc­u­men­taire : A Girl in the Riv­er : the Price of For­give­ness, de Sharmeen Obaid-Chi­noy
Meilleur doc­u­men­taire : Amy, d’Asif Kapa­dia et James Gay-Rees
Meilleur court-métrage : Stut­ter­er de Ben­jamin Cleary
Meilleur film en langue étrangère : Le Fils de Saul, de Lás­zló Nemes
Meilleure bande-orig­i­nale : Les Huit Salopards, par Ennio Mor­ri­cone
Meilleure chan­son orig­i­nale : “Writ­ing’s on the Wall”, de Jim­my Napes et Sam Smith, pour Spec­tre
Meilleur réal­isa­teur : Ale­jan­dro G. Iñár­ritu, pour The Revenant
Meilleure actrice : Brie Lar­son dans Room
Meilleur acteur : Leonar­do DiCaprio dans The Revenant
Meilleur film : Spot­light