Dans de courts dessins ani­més, le petit chien Poupi part à la ren­con­tre du monde qui l’entoure. Trois épisodes qui per­me­t­tent, grâce au dis­trib­u­teur Ciné­ma Pub­lic Films, de décou­vrir le pre­mier per­son­nage du cinéaste d’animation tchèque Zdeněk Mil­er, créa­teur de deux autres per­son­nages récur­rents devenus les stars des tout-petits depuis leurs ressor­ties récentes en salle, la petite taupe et le cri­quet.

Can­dide par­mi les ani­maux, le jeune Poupi par­court le monde, ou plutôt la cour de la ferme où il habite, à la ren­con­tre de ses con­génères. Pourquoi ne faut-il pas vol­er le miel des abeilles? Que sont ces drôles de pois­sons à pattes nés dans la mare ? Pourquoi l’eau de l’écuelle de Poupi a‑t-elle dis­paru ? Les trois épisodes de ce pro­gramme très court répon­dent à ces ques­tions de bon sens sur un ton didac­tique en suiv­ant le petit chien naïf à tra­vers la décou­verte du monde. On y apprend donc com­ment se for­ment les nuages ou com­ment les abeilles procè­dent pour fab­ri­quer le miel.

Grand frère de La Petite Taupe (1968) et du Cri­quet (1978), ressor­tis en salle respec­tive­ment en 2007 et 2010, Poupi con­tient déjà en germe les pro­jets suiv­ants du réal­isa­teur tchèque Zdeněk Mil­er. Ciné­ma Pub­lic Films nous fait décou­vrir ces trois courts métrages qui con­ti­en­nent la la genèse des pro­jets précé­dents. On trou­ve, quoique traités beau­coup plus sim­ple­ment et de manière plus épurée, l’idée d’un univers ani­malier à tra­vers lequel le per­son­nage cen­tral récur­rent décou­vre avec curiosité et naïveté une facette du monde qui l’entoure. La dimen­sion péd­a­gogique un peu appuyée de la série de Poupi dis­paraî­tra dans La Petite Taupe pour laiss­er la place à un traite­ment plus ciné­matographique des élé­ments : lorsque la taupe tombe for­tu­ite­ment sur un pot de pein­ture, elle s’empresse de redessin­er la forêt qu’elle occupe, ce qui sert de pré­texte au cinéaste pour offrir une vision psy­chédélique du monde.

Poupi, qui s’en tient à un canevas plus nar­ratif et à l’observation sim­ple des phénomènes naturels, n’a pas encore la dimen­sion d’observation du monde humain qui donne une dimen­sion à la fois plus poé­tique et plus cri­tique à la petite taupe. Néan­moins, on y trou­ve déjà une belle util­i­sa­tion de la musique (les quelques dia­logues encore présents chez le petit chien dis­paraîtront chez les per­son­nages suiv­ants), ain­si que de mag­nifiques décors réal­isés en aplat. Cette sim­plic­ité offre une très belle entrée en matière dans l’univers du ciné­ma et, par son for­mat, est idéal pour une toute pre­mière séance dans les salles obscures.